En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

Revue de presse de « La Mort aux trousses » (Alfred Hitchcock, 1958)

Hélène Lacolomberie - 12 novembre 2019

Dithyrambique. L’accueil fait à La Mort aux trousses à sa sortie est unanime et enthousiaste. Pourquoi ?

La Mort aux trousses

La Mort aux trousses

  • Parce qu’Hitchcock s’amuse et ne se prend pas au sérieux une seule seconde. Certes, le scénario est abracadabrantesque pour qui se donne la peine de se pencher dessus, or « non seulement l’invraisemblable ne gêne pas Hitchcock, mais il semble en rajouter pour mieux nous amuser » note Aux Écoutes. « Il est impossible d’accumuler dans une seule intrigue un plus grand nombre d’incidents propres à défier la logique et le bon sens » renchérit Le Figaro. Sauf que là, c’est Hitchcock qui tient les rênes. « N’importe qui s’y romprait la nuque. Lui s’y faufile avec une manière de perversité qu’on subit en gloussant de plaisir » admire Éducation Nationale. Hitchcock mêle suspense et comédie, humour et cauchemar, avec une belle allégresse.

  • Parce qu’Hitchcock sait ce qu’il fait et manie une nouvelle fois sa caméra en virtuose. « Chaque plan est un schéma, une figure géométrique » s’extasie Luc Moullet dans Arts. Pour Le Monde, le cinéaste « étale complaisamment ses trucs de vieux sorciers, mais il les étale avec sa maîtrise habituelle, multipliant les inventions de mise en scène, jouant admirablement de ses décors, utilisant avec ingéniosité la musique et la couleur ». Jamais il n’a « accumulé autant de clins d’œil, de trouvailles, de gags inquiétants » apprécie encore Les Dernières Nouvelles d’Alsace. La finesse est au rendez-vous, les morceaux de bravoure succèdent à des scènes d’anthologie, et la « qualité n’est pas dans les héros, mais dans les actions et dans les détails. Et surtout dans l’arrière-plan » analyse Les Lettres Françaises.

  • Parce qu’il joue de sa complicité avec ses acteurs, des « interprètes de luxe » selon Libération. Si Eva Marie Saint est le feu sous la glace, James Mason est « élégant et sarcastique » pour Paris Presse. Quant à Cary Grant, il « fait merveille avec sa fossette au menton et sa désinvolture opiniâtre » savoure Les Dernières Nouvelles d’Alsace.

  • Parce qu’enfin il s’amuse pour et avec le public, plus que jamais. Éducation Nationale explique que « l’un des aspects les plus remarquables du film, c’est le dosage de la mise au courant du public ». De l’aveu même d’Hitchcock, La Mort aux trousses n’est pas un film d’espionnage mais bien plutôt « une comédie, un divertissement, un film où le spectateur ne doit avoir peur que pour rire » précise L’Express. Le plaisir est ainsi partagé, car celui qu’il donne au public, c’est d’abord celui qu’il a pris lui-même à réaliser ces petits chefs d’œuvre, d’une perfection presque inquiétante » (Arts).

Vu sous cet angle, La Mort aux trousses peut être considéré comme « le plus hitchcockien des films de Hitchcock, écrit France Catholique, parce que précisément le spectateur est ici complice du metteur en scène ». Sans prétention, porté par la magnifique partition de Bernard Herrmann, acrobatique, étincelant et malicieux, La Mort aux Trousses est un vrai bijou, « un chef d’œuvre de cinéma pur » conclut Le Figaro.


Hélène Lacolomberie est chargée de production web à la Cinémathèque française.