Mario Bava sur le web

20 mai 2019

Horrifique, sulfureuse, underground, subversive, pop. Quelques pépites dénichées sur le net pour confirmer que l'œuvre du maître du cinéma fantastique italien et du giallo est également géniale.

Boris Karloff et Mario Bava sur le tournage des Wurdalaks, deuxième sketch des Trois Visages de la peur (1963)

- La Planète des vampires (1965) était présenté à Cannes Classics en 2016. L'occasion pour Lamberto Bava, assistant de son père sur le film, et Fulvio Lucisano, producteur, d'expliquer tout ce que le cinéma de genre doit au réalisateur italien.

- Deux vidéos sur le giallo : anatomie du genre (VO 6mn) et supercut hommage.

- Bricoleur de génie et expert en trucages caméra, Bava révèle sa technique de vieillissement du visage en plan séquence, dans ce document rare de la TV italienne (RAI 1975, VOSTF 42mn).

- L'usage admirable de la lumière et des couleurs chez Bava : Color me Bava.

- De John Carpenter à Nicolas Winding Refn, pourquoi nos réalisateurs préférés aiment Mario Bava ? Joe Dante en fait partie (VO 8mn).

- Bava / Argento, le maître et l'élève en splitscreen.

- Le cinéma bis, plus de vingt ans de séances très spéciales à la Cinémathèque, à l'origine d'un polar graphique et d'une revue culte.

- « Un dépôt de sang clapotant semble croupir au fond des orbites caves d'Asa, gisant dans son tombeau enténébré telle une noyée au corps raidi ; lesquelles orbites ne tardent pas à s'emplir de globes sans pupilles, lactescents et luminescents. » Un dossier pointu mêlant poésie et cinéma fantastique, Le Scintillement de la putrescence, où Philippe Met analyse un "pur moment d'horreur poétique" dans Le Masque du démon de Bava.

- Catherine Deneuve en Eva Kant, l'héroïne de Danger, Diabolik, pour quelques jours de tournage infructueux. C'est finalement Marisa Mell qui interpréta le rôle de l'amoureuse de Diabolik. On ne résiste pas à sa voix sensuelle gravée sur ce 45t des années 80.

- L'étonnante recette de l'œuf à la Diabolik par les sœurs Giussani, créatrices du célèbre fumetto.


 Deleuze a dit

« L'opération du gros plan consiste en ceci : en extraire un affect pur. Si bien que faire un gros plan d'objet, quand est-ce que ça réussit, quand est-ce que ça rate ? Un gros plan d'objet, ça rate quand l'objet reste objet au lieu d'être réduit à un pur affect. (...) L'affect de l'épée, c'est pas du tout la même chose que l'affect du sabre. En effet, l'affect de l'épée, c'est percer, transpercer, alors que l'affect du sabre, c'est la puissance de taillader. Bon. C'est pas le même affect. Dans le cinéma de terreur il me semble qu'il y a un type qui a réussi les plus beaux gros plans d'objets. C'est Mario Bava. » (Intégralité du cours de Gilles Deleuze en ligne)

Les armes blanches de Bava


Black Sabbath

Les Trois Visages de la peur – Black Sabbath pour la version américaine –, est à l'origine du premier titre et du groupe du même nom. Ozzy Osbourne qui trouvait « surprenant de voir tellement de gens dépenser autant d'argent pour voir des films d'horreur », eut l'idée de jouer de « la musique plus sombre, plus effrayante » en apportant une réponse musicale aux films d'horreur.