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vendredi 15 mars 2019, 22h00

La Filmothèque du Quartier latin Hors les murs

22h00 → 00h00 (117 min)
Séance présentée par Nicolas Winding Refn

Nicolas Winding Refn
Danemark-États-Unis / 2015 / 117 min / DCP / VOSTF

Avec Elle Fanning, Karl Glusman, Jena Malone, Keanu Reeves.

Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s'inclinent devant elle, d'autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté...

« Beauty isn't everything ; it's the only thing » (« La beauté ne fait pas tout ; elle seule existe »). Cette réplique prononcée par l'un des personnages de The Neon Demon semble décrire la démarche de son auteur. Le dernier film en date de Nicolas Winding Refn confirme, après Drive et Only God Forgives, l'élan du cinéaste danois vers la pure forme, les expérimentations visuelles et sonores tendant vers l'abstraction, quitte à s'éloigner de plus en plus nettement de toute convention formelle et narrative. La trame est ici réduite à son strict minimum : Jesse (Elle Fanning), jeune provinciale innocente, débarque à Los Angeles pour tenter de s'imposer dans l'univers des supermodèles, se confrontant aux créateurs de mode et aux photographes stars, ou au tenancier d'un motel sordide (Keanu Reeves, dans un caméo à la fois hilarant et glaçant). Sa fulgurante ascension va susciter la terrible jalousie de ses semblables. Davantage qu'une dénonciation critique ou morale des milieux décrits, et même si la dimension documentaire du film est réelle, Refn transforme l'itinéraire de Jesse en cauchemar éveillé, proche d'un film d'horreur saturé de couleurs et d'explosions de matières visuelles, musicales et organiques. L'agressivité et la plasticité morbide du film, la façon dont il s'empare d'une certaine esthétique publicitaire clinquante et glacée pour la pousser dans des retranchements à la fois sublimes et obscènes, et la mégalomanie assumée et amusée de son cinéaste (qui signe dès le générique son film de ses trois initiales, comme la griffe d'un grand couturier) lui ont coûté un accueil très froid à Cannes, puis en salles. Pourtant, par son sujet, sa dimension psychédélique et sa façon de s'attacher à des personnages féminins à la fois fragiles et puissants, The Neon Demon évoque souvent Suspiria, le chef-d'œuvre de Dario Argento.

Caroline Maleville


Ajouter 2019-03-15 22:00:00 2019-03-15 23:57:00 Europe/Paris The Neon Demon The Neon Demon Salle La Filmothèque du Quartier latin - La cinémathèque française - 51 Rue de Bercy, 75012 Paris La cinémathèque française contact@cinematheque.fr