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mercredi 13 mars 2019, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 22h10 (127 min)
Ouverture de la rétrospective. Séance présentée par Nicolas Winding Refn et Stephen Goldblatt
Préventes complètes. 1 h avant la séance, places disponibles pour les abonnés Libre pass et file d'attente pour le public non abonné.

Kenneth Anger
États-Unis / 1964 / 30 min / 16mm

Avec Bruce Byron, Johnny Sapienza, Frank Carifi.

« Une vision transcendée du mythe du motard américain. La machine comme totem, du jouet à la terreur. Thanatos en chromes et cuir noir. » (Kenneth Anger)


Tony Scott
Grande-Bretagne / 1982 / 97 min / DCP / VOSTF
D'après le roman Les Sanguinaires de Whitley Strieber.

Avec Catherine Deneuve, David Bowie, Susan Sarandon.

Miriam Blaylock, une vampire âgée de trois mille ans, a offert l'immortalité à son mari John. Alors que le charme s'estompe, ce dernier contacte Sarah Roberts, médecin spécialiste du vieillissement. Mais Miriam tombe sous son charme.

« Quand j'étais jeune, à Manhattan, deux de mes activités préférées étaient de passer mes soirées à Danceteria ou à Save The Robots, et puis d'aller voir The Hunger au Cinema Village. » (Nicolas Winding Refn)

Si Les Prédateurs n'était pas un film de vampires, ça serait tout simplement un film d'amour fou. Les époux Blaylock, liés pour l'éternité, « forever and ever », traversent les espaces-temps avec une grâce érotico-macabre. Tony Scott signe un film légendaire sur la puissance absolue du désir, dont il révèle l'envers morbide et moite (pluies diluviennes, douches érotiques et piscines post-La Féline). À la beauté fatale et narcissique du couple Baylock répond le bain de sang qu'il répand, sur les visages expressément filmés en gros plan, de ceux qu'ils tuent pour se nourrir, et de ceux qu'ils dévorent pour les convertir. Film-microscope, Les Prédateurs scrute au plus près la mécanique organique de la passion, l'emballement des cellules. Tout dans la mise en scène converge pour créer une temporalité où passé/présent/futur se superposent. Les Prédateurs est un film de montage, où les coupes brutales sculptent un objet tranchant, à l'image du New York des années 80. L'époque est à la peur de l'épidémie dont on ne donne pas le nom. Mais tout est là pour la désigner en creux : le punk, l'underground, la drogue, jusqu'aux singes en laboratoire qui rappellent les origines simiennes de la maladie. C'est l'époque du sida et de la multiplication des écrans : écran de surveillance ou de télévision. Le sida détruit les corps. Les écrans détruisent le cinéma. Le film lui-même finit par détruire les codes qu'il s'était fixés. Et si l'amour fou avait une fin ? Scott va plus loin : l'éternité aussi.

Matthieu Orléan


Ajouter 2019-03-13 20:00:00 2019-03-13 22:07:00 Europe/Paris Scorpio Rising / Les Prédateurs Scorpio Rising Les Prédateurs Salle Salle Henri Langlois - La cinémathèque française - 51 Rue de Bercy, 75012 Paris La cinémathèque française contact@cinematheque.fr