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mercredi 26 septembre 2018, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 21h15 (75 min)
Ouverture de la rétrospective avec un spectacle exceptionnel par le Benshi Raiko Sakamoto, avec les musiciens Joichi Yasa (Guitare & Shamisen), Makiko Suzuki (Flute), Akiko Sugimoto (Piano).
Complet.

Qu'est-ce qu'un Benshi ?
A ses débuts, le cinéma nécessita des commentateurs, au Japon comme en Occident. Il y eu ensuite des bonimenteurs qui, dans la tradition des projections de lanterne magique, expliquaient les images et les commentaient. Ces bonimenteurs travaillaient pour le cinéma forain. En Occident ces métiers disparurent rapidement ; ce ne fut pas le cas au Japon.
Le cinéma occidental était en train de renoncer complètement aux modes de représentation du cinéma « primitif » et les films devenaient auto-suffisants au niveau de la narration. Au Japon, ces modes de représentation « primitifs », originaires des autres arts du spectacle et de la parole, perduraient.
C'est dans cette tradition que s'inscrivait le rôle du benshi, qui était tour à tour narrateur, interprète des dialogues ou commentateur. Les amateurs de cinéma allaient voir un spectacle à plusieurs dimensions dont le film ne constituait qu'un élément. Si un film passait dans plusieurs salles, les spectateurs déterminaient leurs choix en fonction de critères géographiques mais aussi en fonction du ou des benshi. Ces derniers avaient un impact direct sur les ventes, ce qui leur conférait un pouvoir certain.
Les benshi avaient leur mot à dire dans l'organisation du spectacle : choix des musiciens, des morceaux de musiques, du montage, vitesse de projection, etc. Leur influence s'étendait parfois jusqu'à la production, ce qui déplaisait beaucoup aux scénaristes et aux metteurs en scène qui admiraient le modèle occidental.
Shinkai Fumijiro qui faisait partie du département des scénarios à Mukojima se souvient de l'opposition à laquelle se heurtèrent deux scénaristes et lui-même quand ils voulurent réaliser un film sans doublage ni commentaires. Ils avaient dans leur enthousiasme fait part de leur projet à des gérants de salles. Quelques benshi alarmés rapportèrent ce projet à la direction de Nikkatsu et présentèrent leur démission. Suite à cette intervention, les trois scénaristes se firent réprimander. La réaction de la direction donne une idée de l'importance des benshi dans les spectacles cinématographiques, sans la présence desquels on considérait que le film n'attirait pas les spectateurs.
C'est pour cette raison que l'apparition du cinéma parlant au Japon est beaucoup plus tard (1934/1935) (1929 aux USA).


Orochi
雄呂血
Buntaro Futagawa
Japon / 1925 / 75 min / 35mm / INT.FR.

Avec Tsumasaburo Bando, Misao Seki, Utako Tamaki.

Banni de son école pour un motif injuste, le jeune samouraï Kuritomi Heizaburo doit prendre la route. Humilié puis jeté en prison, il empruntera le chemin de la marginalité afin de survivre dans un monde qui lui reste hostile.