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Faster Pussycat! Kill! Kill!
Faster Pussycat! Kill! Kill!

samedi 10 mars 2018, 23h00

Salle Henri Langlois

23h00 → 00h25 (83 min)
Nuit présentée par Jean-François Rauger

Nuit Russ Meyer

Pop corn et boissons seront offerts entre les films


En exposant dans ses films le corps dénudé et voluptueux de ses actrices, et notamment leurs poitrines opulentes, Russ Meyer a secoué l’Amérique puritaine post-fifties, posé les bases d’un cinéma érotique et marqué les esprits par ses cadrages sophistiqués et ses amazones en cuir.
« Même sans générique, un film de Russ Meyer est instantanément reconnaissable » a déclaré John Waters. Si cela ne suffit pas à être un grand cinéaste, c’est en revanche la marque d’un univers unique, ce qui a son prix. Essentiellement fondé sur la parodie, l’exubérance mammaire, la comédie de mœurs et la violence graphique, les films de Russ Meyer ne sont destinés qu’à amuser. Mais en filigrane ils peignent aussi une Amérique marginale, des petites villes ou rurale (à l’exception des films tournés pour la Fox), et passablement retardée, où tous les personnages masculins sont crétins ou malfaisants, les femmes étant maîtresses du jeu.
Réalisé pour 46 000 dollars, tourné dans le désert de Mojave, Faster, Pussycat! Kill! Kill! sort sur les écrans américains en février 1966 à Dallas et connaît un très grand succès, notamment dans les drive-in où son exploitation sera très longue. Russ y affiche son goût pour les « good lines », les bonnes répliques, énormes de « mauvais goût » parodique. L’ Amérique des teenagers sympathiques et délurés y est allégrement bousculée, violentée, frappée à mort par un trio féminin diabolique qui incarne, dans cette sombre épopée de violence et de cruauté, le refus du bon goût et des bonnes manières. L’auteur du scénario et des dialogues, Jack Moran, est un vieux briscard du cinéma. Le cinéma de Russ Meyer n’a pas que des liens esthétiques avec la série B américaine ou les thrillers ; mais il exagère les situations, les personnages, la violence, la comédie. En ce sens aussi, Russ Meyer et ses films, étant démesurés, sont profondément américains.
Cléopâtre de Mankiewicz, La Bible de John Huston, Docteur Doolittle, Hello, Dolly! et surtout Star, avec Julie Andrews, échec total au box-office, avaient mis la Fox en réelle difficulté. Le rapport financier fantastique opéré par Vixen qui, pour une mise de 72 000 dollars, avait rapporté 7,5 millions de dollars, ne pouvait manquer d’intéresser une Major Company comme la Fox. En 1967, elle avait produit La Vallée des poupées, réalisé par Mark Robson. Russ Meyer, avec Beyond the Valley of the Dolls (stupidement titré Orgissimo en France) réalise alors non seulement une parodie d’Hollywood mais une caricature du film hollywoodien. Pendant le tournage, il n’a expliqué à personne qu’il s’agissait d’une parodie et demandé aux acteurs de jouer au premier degré, comme s’il s’agissait d’un mélodrame. Il fait encourir à la Fox les foudres des ligues de décence mais lui apporte un énorme succès : la jeunesse jubile devant cet univers tragique, à mi-chemin entre horreur et roman-photo, entre violence paroxystique et ironie, et reprend les chansons marquées par le rock psychédélique alors en vogue.
Avec Supervixens et Megavixens, Russ Meyer retourne ensuite à son univers personnel inspiré de la bande dessinée (notamment Lil’ Abner et Little Anny Fanny), où la violence est délirante, où toute une humanité vit de façon instinctive et brutale. Constamment paroxystique et empreint du surréalisme érotique le plus effréné, dans les séquences érotiques de ces films il se moque de ce voyeurisme qu’elles devraient stimuler. C’est là tout un moment du cinéma américain, monde marginal peut-être mais impérieusement affirmé, monde sans lequel Hollywood-Babylone n’aurait pas été ce qu’elle a été.

Jean-Pierre Jackson


Russ Meyer
Etats-Unis / 1966 / 83 min / DCP / VOSTF

Avec Tura Satana, Haji, Lori Williams.

Emmenées par Varla, trois jeunes femmes plantureuses partent pour une virée en voiture de course. Elles croisent sur leur chemin un jeune couple naïf. Varla les défie à la course et tue l'homme.

En version restaurée HD.


Orgissimo (Hollywood Vixens)
Beyond the Valley of the Dolls
Russ Meyer
Etats-Unis / 1970 / 109 min / DCP / VOSTF

Avec Haji, Pam Grier, Russ Meyer.

Trois filles dans le milieu du show-business américain.

Restauration numérique par The Criterion Collection et Twentieth Century-Fox.


Russ Meyer
Etats-Unis / 1975 / 104 min / 35mm / VOSTF

Avec Charles Napier, Haji, Russ Meyer.

Alors que sa femme décède, Clint Ramsey, un pompiste, est accusé à tort de meurtre et se voit alors obligé de fuir la ville. En chemin, le jeune homme fait la connaissance de nombreuses femmes, toutes séduites par son passé tumultueux.


Megavixens
Over, Under and Up!
Russ Meyer
Etats-Unis / 1976 / 80 min / 35mm / VOSTF

Avec Tura Satana, Lori Williams, Haji.

Dans un paysage montagnard et désert, la plantureuse Margo Winchester, au tour de poitrine impressionnant, est violée par un autochtone, mais elle parvient à se défendre.