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vendredi 9 mars 2018, 18h45

Salle Georges Franju

18h45 → 21h05 (140 min)
Séance présentée par Pierre Lhomme et Charles Cohen

James Ivory
Grande-Bretagne / 1987 / 140 min / DCP / VOSTF
D'après E. M. Forster.

Avec James Wilby, Hugh Grant, Rupert Graves.

Dans la société conservatrice victorienne, la découverte par un jeune bourgeois londonien, intelligent et sensible, Maurice, de son homosexualité.

Restauré par Cineric pour le compte de la Cohen Film Collection en 4K, à partir du négatif image 35mm d'origine, conservé à la George Eastman House, sous la supervision du directeur de la photo, Pierre Lhomme, à Paris. Restauration du son par Audio Mechanics.


Adapté du roman d’E.M. Forster, Maurice est la deuxième des trois adaptations réalisées par Ismail Merchant (producteur) et James Ivory (réalisateur), à partir de l’œuvre de Forster. Les deux autres, Chambre avec vue et Retour à Howards End eurent pour auteur leur complice habituelle, Ruth Prawer Jhabvala, indisponible au moment de l’écriture de Maurice. Le droit moral gouvernant l’exploitation de l’œuvre littéraire revenait au King’s College de l’université de Cambridge, dont le comité directeur se montra rétif au projet d’adaptation, arguant de la qualité relativement mineure du roman dans la bibliographie du maître. Mais la force persuasive légendaire de Merchant finit par l’emporter et les cinquante-quatre jours d’un tournage épuisant purent débuter, avec pour principal décor King’s College lui-même. Si le roman d’origine a pu être considéré comme mineur, l’adaptation cinématographique, elle, avec son merveilleux travail d’image, fut acclamée dès sa sortie. James Ivory reçut le Lion d’argent du meilleur réalisateur au festival de Venise, James Wilby et Hugh Grant partagèrent le Prix du meilleur comédien, et le compositeur, Richard Robbins, obtint l’Osella d’Or.
Étrangement, et malgré un succès critique américain et dans de nombreux autres pays, le film reçut un accueil mitigé au Royaume-Uni. Le réalisateur attribua ce revers à l’incapacité du grand nombre de critiques homosexuels anglais de l’époque à soutenir un film qui raconte une histoire d’amour explicite entre deux hommes et se termine bien. Mais la réception accordée à cette nouvelle copie restaurée démontre le mérite durable d’un film à l’esthétique cinématographique magistrale.

Tim Lanza