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Deux ou trois choses que je sais d'elle
Deux ou trois choses que je sais d'elle

vendredi 9 mars 2018, 16h45

Salle Georges Franju

16h45 → 18h15 (90 min)
Séance présentée par Marina Vlady

Jean-Luc Godard
France / 1966 / 90 min / DCP
D'après Catherine Vimenet.

Avec Marina Vlady, Anny Duperey, Roger Montsoret.

Les transformations urbaines et l'histoire d'une jeune femme devenue prostituée.

Restauré par Argos Films, avec le soutien du CNC aux Laboratoire Eclair et L.E. Diapason.


Entre 1964 et 1965, Anatole Dauman manifeste son désir de produire un film de Godard, dont la renommée et la créativité sont alors à leur sommet (Bande à part, Une femme mariée, Alphaville et Pierrot le fou sortent alors). Leur collaboration sera double : d’abord Masculin féminin, puis Deux ou trois choses que je sais d’elle qui correspond au désir initial de Dauman de produire un film traitant de la prostitution occasionnelle.
Godard s’inspire largement d’une enquête de Catherine Vimenet dans Le Nouvel Observateur traitant de la prostitution occasionnelle née avec le développement des grands ensembles dans la région parisienne. Il en reprend des phrases entières dans le scénario, transformant le film sulfureux dont rêvait Dauman en une ambitieuse articulation entre un moment dans la vie d’une femme mariée, mère de deux enfants (interprétée par Marina Vlady, actrice a priori peu godardienne, mais dont le cinéaste loue l’altérité, ce côté « à la fois un peu molle et très dure » selon ses mots), et un moment dans la vie d’un paysage urbain en pleine mutation. De cette double ambition naît un film aussi conceptuel et théorique que sensible et puissant, mais aussi un pur geste documentaire capturant au plus près le Paris estival de 1966.
Godard écrit un scénario court mais parfaitement articulé annonçant l’ensemble de la structure du film, mais ne filmera rien de tout ce qui est conjonctif, sacrifiant le « raconter  » au profit d’un « voir » brut, et intégrant toutes sortes de personnages et d’évènements ne relevant pas de l’intrigue avec la conviction qu’ils trouveront leur place dans le film au montage. Cette méthode donne le sentiment d’un film éclaté mais d’une cohérence absolue, d’une grande richesse et d’une immense liberté.

Caroline Maleville