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dimanche 13 mai 2018, 14h30

Salle Henri Langlois

14h30 → 17h15 (163 min)

Akira Kurosawa
France, Japon / 1985 / 163 min / DCP / VOSTF

Avec Tatsuya Nakadai, Akira Terao, Jinpachi Nezu.

Dans le Japon féodal, le chef du clan Ichimonji, seigneur sur le déclin, décide de céder ses biens à ses trois fils. Animés par leur soif de pouvoir, ils se livrent un combat sans fin.

« Nous aussi avons pris l'habitude de l'appeler Sensei : "Maître". Dans toutes les disciplines, de l'arrangement floral aux arts martiaux, le Sensei est celui qui en atteignant la perfection technique décroche une sorte de bonus spirituel. L'onde de respect qui entoure et protège Kurosawa n'a rien à voir avec la terreur que certains, qui n'ont pas son génie, se croient tenus de faire régner sur un plateau. Et comme autrefois les grands maîtres du Sabre, Sensei ignore l'abstraction. Il parle métier. Il réfléchit sur des faits, sur des expériences. » (Chris Marker, extrait du commentaire d'A. K.)


Adoubé par ses pairs qui le surnomment « l'empereur », reconnu internationalement depuis le succès de Rashômon en 1951, Kurosawa tourne, en 1984, en huit mois le monumental Ran. Ce film est son dernier jidai-geki, film à sujet historique consacré à la période médiévale du Japon. Lors de son écriture, le cinéaste a deux inspirations en tête : celle du légendaire chef de guerre Motonari Mori, admiré au Japon pour ses conquêtes et sa sagesse, et la tragédie du Roi Lear de William Shakespeare, dont il a su adapter la dramaturgie aux pentes du Mont Fuji. La précision formelle de la mise en scène et l'harmonie des couleurs témoignent d'un sens pictural aigu, Kurosawa ayant pendant deux années peint le storyboard du film. Cette maîtrise esthétique souligne, par contraste, le chaos (« ran ») qui règne au sein de cette fratrie. De ce mélange d'influences résulte un film grandiose et pessimiste.

Annabelle Aventurin


Restauré en 2015 en 4K à partir du négatif original par le laboratoire Éclair, sous la supervision de Studiocanal.