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Red Swastik
Red Swastik

vendredi 9 juin 2017, 20h00

Salle Georges Franju

20h00 → 22h15 (132 min)
Séance conçue et présentée par Hélène Kessous et Némésis Srour de l'association Contrecourants
État médiocre (seul élément disponible)

Vinod Pande
Inde / 2007 / 132 min / Numérique / VOSTF

Avec Sherlyn Chopra, Harsh Chhaya, Deepshika.

Une belle jeune femme tue ses amants en leur laissant sa marque sur le front, la swastika.

Redécouvert grâce au Miss Lovely d'Ashim Ahluwalia, (Un certain regard, 2012) qui nous plongeait dans le milieu sordide de la production de films érotico-fantastiques à Bombay, Vinod Pande, réalisateur transgressif, a bien failli disparaître de l'histoire du cinéma indien, du moins de son histoire officielle.

Ses films, devenus cultes pour toute une génération de spectateurs et de cinéastes ayant grandi dans les années 1980 en Inde, ont fait de lui un des maîtres du film érotique. Même s'il a fait tourner Shabana Azmi, un des visages féminins emblématiques de la Nouvelle Vague indienne, ses films restent marginalisés car classés « adultes ».

Dans les années 1980, le cinéma de Vinod Pande part en quête de nouveauté à un moment où la scène cinématographique hindiphone est dominée par les grands studios et le style Bollywood. Alors que son cinéma s'adresse à une élite urbaine, il défie les tabous et les codes de la censure en explorant à l'écran les questions du désir, même hors mariage. Dès son premier film, Ek Baar Phir (Encore une fois, 1980), le motif de l'adultère constitue le nœud central du drame. Bollywood ne s'essaiera à l'exercice qu'en 2006 avec Kabhi Alvida Na Kehna (Ne dis jamais au revoir) du réalisateur iconique Karan Johar qui reçut à sa sortie d'acerbes critiques moralisatrices. L'œuvre de Vinod Pande fait corps par son engagement politique dans son traitement frontal des questions sexuelles dans une Inde d'avant la libéralisation économique, qui ne s'était pas encore ouverte aux chaînes satellites et à l'accès massif aux cinématographies internationales, essentiellement hollywoodiennes. Réalisateur qui se revendique féministe, il n'hésite pas à dépeindre le désir féminin sous un jour singulièrement nouveau, chamboulant les codes de Bollywood qui réifie bien souvent ses personnages féminins.

Huitième film du réalisateur, Red Swastik puise son inspiration à diverses sources : I Spit on Your Grave (Meir Zarchi, 1978), Basic Instinct (Paul Verhœven, 1992) et Sixième Sens (M. Night Shyamalan, 1999) influencent ce thriller érotique original. L'un des grands défis des films « sensuels » ou « érotiques » reste de parvenir à trouver le juste équilibre entre le désir de voyeurisme du public et les règles du comité de Censure qui interdit la « nudité frontale » à l'écran. Jeux de lumière, jeux de caméra, Vinod Pande taquine la censure et sait à merveille détourner les interdictions sans perdre en intensité.

Hélène Kessous & Némésis Srour

Contrecourants