En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

dimanche 5 mars 2017, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 21h50 (107 min)
Ciné-concert exceptionnel de Jacco Gardner en collaboration avec Red Bull Studios Paris

Faust
Faust - Eine deutsche Volkssage
F. W. Murnau
Allemagne / 1926 / 107 min
D'après Johann Wolfgang von Goethe.

Avec Gösta Ekman, Emil Jannings, Camilla Horn.

Après avoir semé la pestesur la ville où Faust habite, Méphisto, le démon, lui propose un pacte corrupteur. Faust accepte...

Restauré par Luciano Berriatúa pour la Filmoteca Española en 1999. Copie numérique de la Murnau-Stiftung.

La Cinémathèque française et le Red Bull Studios Paris proposent un ciné-concert exceptionnel autour de la version restaurée du Faust de Murnau dont la musique sera jouée en direct par le musicien hollandais Jacco Gardner. Jacco Gardner sera en résidence au Red Bull Studios Paris la semaine précédant le concert, avec les instruments vintage qui peuplent son univers onirique. Il a tout de suite accepté le défi consistant à créer près de deux heures de musique inédite pour accompagner cette pierre angulaire de l'expressionnisme allemand : « À chaque fois que je vois Faust, je me rends compte à quel point ce film est un véritable chef d'œuvre. Je travaillerai sur cette création avec deux musiciens, Maria Pandiello, une claviériste fan de synthé analogique qui m'a introduit au cinéma de Murnau ainsi que mon fidèle percussionniste Nic Niggebrugge. Nous espérons que notre interprétation rendra justice à ce monument ! ». Auteur de deux albums très remarqués en 2013 et 2015, Jacco Gardner a su développer une musique qui s'affranchit totalement de ses références – la pop psychédélique des années soixante – pour mieux s'épanouir dans un songwriting aux mélodies planantes, véritable sort sonore, vibrant, jeté aux auditeurs.


Faust est le dernier succès public de F. W. Murnau en Allemagne. Il le réalise pour la UFA, avant de partir pour les États-Unis tourner L'Aurore, et bénéficie d'un budget illimité. Pour adapter la pièce de Gœthe, et créer en studio la plastique tour à tour subtile et puissante de son drame métaphysique, Murnau puise dans de nombreuses références picturales, allemandes, italiennes ou flamandes, qu'il fait siennes. Le film est peuplé de reflets, de lueurs, de fumées et de clairs-obscurs. Sur le tournage, le cinéaste se soucie d'obtenir les ombres imaginées sur papier dans les esquisses de décors. Il déclare à Carl Hoffmann, son opérateur, en découvrant le premier décor éclairé : « Cela est trop clair. Il faut que tout s'assombrisse ». Des écrans sont créés sur mesure afin d'obtenir les ombres recherchées. La lumière devient un élément essentiel de la mise en scène. Murnau bâtit un espace souvent écrasé (intérieurs, rues sans ciel) qui traduit l'impossibilité de l'idylle innocente de Faust et Gretchen. Les personnages peinent à évoluer dans ce décor et paraissent englués dans leurs vies comme dans un cauchemar.

Pauline de Raymond