En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

vendredi 3 mars 2017, 19h00

Cinéma Christine 21 Hors les murs

19h00 → 20h45 (104 min)
Séance présentée par Joe Dante

Joe Dante
Etats-Unis / 1983 / 104 min / DCP / VOSTF

Avec Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton.

Un adolescent se voit offrir une étrange créature qui peut engendrer les terrifiants Gremlins.

Numérisation Warner Bros.


Le protéger des lumières vives, le tenir éloigné de l’eau, ne jamais le nourrir après minuit… Le Mogwai ne doit pas être exposé (par photosensibilité), révélé (par le bain), ni faire l’expérience d’une séance de minuit (pop-corn et film Bis à la clé). La transgression de ces interdits engendre les bestioles les plus cinématiques de l’histoire de la comédie d’horreur américaine : électriques, parodiques, burlesques – boostées par un comble de techniques eighties : des synthétiseurs endiablés de Jerry Goldsmith aux inénarrables marionnettes de Chris Walas (mêlant animatronic, ballons de baudruche ou liquides visqueux).

« J’ai une histoire à raconter. Je sais, tout le monde a une histoire. Mais personne n’en a une comme celle-ci ». La tirade de l’inventeur raté qui ouvre le film évoque bien sa genèse. L’idée de ce conte de Noël cruel germe dans l’esprit vicieux du jeune scénariste Chris Columbus et trouve une oreille attentive auprès du cador Spielberg, alors à la tête d’Amblin Entertainment – firme culte des années 1980. Édulcoré de quelques meurtres et décapitations, le projet est confié au brillant Joe Dante, formé à la série B chez Roger Corman. Avec le soutien de la Warner, le cinéaste jouit pour la première fois d’un terrain de jeu à la hauteur de ses ambitions et conserve son autorité créatrice – un alliage rare dans la filmographie du Maître qui se reproduira toutefois avec Gremlins 2 pour lequel il aura carte blanche. Ses Gremlins saccagent une middle town avec une hargne manifeste ; saturant plans et cadres jusqu’à faire dérailler la mécanique du film lui-même et le genre bien rodé de la comédie familiale (l’invention du PG 13, film interdit aux moins de 13 ans, n’est pas étrangère à sa distribution). Références cinéphiles et écrans dans l’écran dressent le constat ludique et critique d’un état de crise de la culture et des représentations yankees. À sa sortie à l’été 1984, l’opus de Dante, quatrième au box-office, devient un véritable phénomène. Les Gremlins crèvent l’écran et dynamitent le cinéma : « Gizmo caca ! ».

Élodie Tamayo