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jeudi 2 mars 2017, 16h15

Salle Henri Langlois

16h15 → 17h45 (90 min)
Séance présentée par Joe Dante

Hurlements
The Howling
Joe Dante
Etats-Unis / 1980 / 90 min / 35mm / VOSTF

Avec Patrick Macnee, John Carradine, Dee Wallace.

Une journaliste découvre l'existence d'une communauté qui dissimule un repaire de loups-garous.

Mai 1980. Juste après le succès de Piranhas, Joe Dante tourne Hurlements. Dans les premières minutes du film, portées par la musique de Pino Donaggio, le spectateur s’égare dans les dédales d’une enquête à suspense. Derrière la caméra, Dante s’amuse comme un enfant malicieux, avant d’opérer un saut alerte vers le fantastique.

La vraie saveur de Hurlements, c’est de montrer pour la première fois à l’écran, aussi frontalement, des transformations spectaculaires de loups garous. Dante utilise habilement la pénombre comme il le fait souvent, et les plans serrés sur les mâchoires, les mains ou les oreilles, bénéficient d’effets spéciaux remarquables. Malgré un budget plus que modeste, c’est « du jamais vu », et cela fonctionne parfaitement. Le travail de maquillage de Rick Baker, qui confie la fin du tournage à son assistant Rob Bottin pour travailler sur Le Loup-garou de Londres de John Landis, est impressionnant. À tel point que Michael Jackson viendra le chercher plus tard pour le clip de Thriller. Le plaisir ne s’arrête pas là : Joe Dante truffe son film de clins d’œil gourmands. C’est le producteur et mentor Roger Corman qui fait de la figuration, c’est une télévision qui diffuse Le Loup et les Trois petits cochons, ou encore les personnages qui portent pour la plupart le nom de réalisateurs de films du genre.

Terminées, les histoires de pleine lune et de malédiction : Dante dépoussière joyeusement le mythe. Les lycanthropes évoluent désormais en troupeau, se transformant à volonté et en plein jour. Ils ne subissent plus, ils contrôlent leurs pouvoirs, leur « don ». « On n’apprivoise pas ce qui est né sauvage » affirme le vieux cowboy joué par John Carradine. Hurlements interroge la part animale en chacun de nous, et Joe Dante filme la meute comme une métaphore à peine déguisée des sectes, pour mieux égratigner une société tribale en proie à la violence émergente des phénomènes de bandes. Le sarcasme s’étend aussi au monde des médias, écornés pour leur voyeurisme dans un espiègle exercice de mise en abyme : nous y sommes. Le loup-garou est sous les projecteurs, devant les caméras avides, et le monde doit savoir.

Hélène Lacolomberie