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New Women - New Women, Yang Fudong, 2013 © Yang Fudong. Courtoisie de Yang Fudong et Marian Goodman Gallery
New Women - New Women, Yang Fudong, 2013 © Yang Fudong. Courtoisie de Yang Fudong et Marian Goodman Gallery

samedi 14 janvier 2017, 14h00

Salle Jean Epstein

14h00
Projection gratuite en continu de 14h00 à 22h00

New Women


New Women
Xin nüxing
Yang Fudong
Chine / 2013 / 50 min

Avec Zhang Lingzi, Anita Hawkins, Li Lingxi.

Fasciné par la pellicule noir et blanc et par l'Âge d'or des studios de Shanghai, le plasticien Yang Fudong filme de très beaux nus (un tabou en Chine) et montre cinq femmes avec des coiffures et dans des décors évoquant la modernité hybride des années 30.

Courtoisie Galerie Marian Goodman.


New Women s'inspire de l'atmosphère à la fois décadente et progressiste de Shanghai dans les années 20 et 30, qui continue à influencer le cinéma et l'art chinois contemporains. Fondée en 1911, la République était encore jeune, et, dans un melting pot d'influences cosmopolites, la société chinoise faisait face au défi de la modernité. Yang Fudong rend implicitement hommage aux tropes visuelles du cinéma de l'époque – le premier Age d'Or du cinéma chinois – dont les fictions plongeaient dans les eaux troubles de la société (pauvreté, violence, agitation politique) tout en sublimant l'image de la « nouvelle femme » comme icône et métaphore. Des discussions âpres et passionnées avaient lieu sur le rôle que pouvaient jouer les femmes dans la société nouvelle – et ces discussions n'ont en fait jamais cessé d'être au cœur de la recherche chinoise pour une modernité originale, telle qu'elle s'est manifestée au cours des cent dernières années. Yang Fudong adresse ce battement entre les sentiments romantiques que suscite le concept de « femme idéale » et le scandale que continue de provoquer des images de femmes, dans leur beauté têtue et incontournable. Mises en scène dans le décor d'une utopie culturelle qui continue de nous faire rêver, mais songeuses et comme absentes, ces femmes coiffées et maquillées pour ressembler aux stars formidables et fragiles des années 30, ne font pas attention à nous. Leur regard se tourne vers l'intérieur, vers une intimité que la caméra, qui glisse sur des surfaces et des nappes de lumière, se retient de scruter. Comme chez Courbet, c'est dans cette zone où le visible le plus codé (le nu) devient indéchiffrable, que palpite la question des origines ; comme dans les écrits de Lu Xun ou d'Aragon, c'est là que se joue l'avenir du monde.


Né à Pékin en 1971, Yang Fudong étudia la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Chine à Hangzhou, mais se consacra très à la photographie, au cinéma et à la vidéo. Pour son premier film, An Estranged Paradise (2003), tourné en 35mm noir et blanc sur une période de 5 ans (1997-2002), il reconnaît la double influence de Jim Jarmusch et du cinéma chinois des années 30. Il continuera d'explorer la texture de l'argentique dans une succession de films, tels les courts-métrages Liu Lang (2003), Yejiang / The Nightman Cometh (2011), ou la série de cinq films intitulée Seven Intellectuals in Bamboo Forest (2003-2007) – aussi bien que par le biais d'installations composées de plusieurs projecteurs 35mm installées dans un espace de galerie, tel Dawn, Mist, Separation, Faith (2009), The Fifth Night (2010), ou New Women (2013). Il travaille également la vidéo – en courts métrages (City Lights, 2000 ; Robber South, 2001 ; Honey, 2003, The Half-Hitching Post, 2005) comme en installations (General's Smile, 2009 ; One Half of August, 2011 ; The Pride World, 2012 ; Anonymous – Light Colors, 2014) ; The Colored Sky : New Women II, 2014) ; The Light I Feel, 2014) – et la photographie.

Bérénice Reynaud