En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

samedi 18 février 2017, 21h45

Salle Jean Epstein

21h45 → 23h45 (120 min)

Fan Popo
Chine / 2014 / 30 min / Numérique / VOSTF / Inédit en France.

Des groupes de femmes délurées mettent en scène Les Monologues du vagin dans toute la Chine.

La culture queer internationale emprunte une grande partie de son vocabulaire à la culture queer anglo-saxonne, aussi n’est-il par surprenant que des femmes vaillantes représentant toutes formes de sexualité se soient appropriées la célèbre pièce de théâtre de Eve Ensler, Les Monologues du Vagin, depuis sa première représentation chinoise à l’Université Sun Yat-sen à Canton en 2003. Et il n’est pas moins surprenant que le cinéaste indépendant queer Fan Popo (qui déclare fièrement « j’ai un vagin dans le cœur ») ait réalisé un film pour documenter « l’ouragan vaginal qui a déferlé sur toute la Chine continentale. » Rebaptisée Vagin obscur, Nos Vagins, nous-mêmes, et Pour le vagin, la pièce de théâtre a connu des représentations dans les universités, des théâtres, des cafés, dans la rue et les transports publics.

Né en 1985 à Xuzhou, Jiangsu, Fan Popo est un cinéaste, écrivain et activiste queer. Etudiant de Cui Zi’en, Fan a obtenu un BA du département d’études cinématographiques de l’Institut de cinéma de Pékin. Deux mois avant son diplôme, il avait publié Happy Together : Complete Record of a Hundred Queer Films. Il organise
l’itinérance du Beijing Queer Film Festival, qui, depuis 2008, a fait étape dans plus de vingt villes de Chine. Fondé en 2001 par des étudiants de l’université de Pékin, ce festival a joué au « chat et la souris » avec les autorités, se déplaçant et voyageant sans relâche. Parmi ses films: New Beijing, New Marriage (2009) coréalisé avec David Zheng ; Paper House (2009) ; Chinese Closet (2010) ; Be a Woman (2011) ; Mama Rainbow (2012) ; et Papa Rainbow (2016).
Fan Popo, dont les films ont été montrés à Vancouver, San Francisco, Los Angeles, Bombay, Jakarta, Amsterdam, Berlin, a reçu le Prix Prism du 22ème Festival Gay et Lesbien de Hong Kong, et il a reçu également le Prix de l’inspiration visuelle de l’année à l’ALMA (Asia LGBT Milestone Awards)


Withered in a Blooming Season
Shaonian Hua Cao Huang
Cui Zi'en
Chine / 2005 / 90 min / Numérique / VOSTF / Inédit en France.

Avec Wang Guifeng , Xiangwen, Jiao Le .

Un lycéen en pince pour son camarade, Feng, qui vit en huis clos avec sa sœur. Celle-ci aime un malfrat séduisant, lequel... Cette utopie de désirs queer, mi-Cocteau, mi-Fassbinder, exalte les enfants « pervers » contre l'ordre moral postsocialiste.

Film inédit en France.

« La Chine s’est transformée de manière radicale ces vingt dernières années. Des régions accoutumées à la pauvreté se sont soudain enrichies ; les gens sont devenus matérialistes ; et il y a de plus en plus de divorces. Un grand nombre d’adolescents et d’enfants ont grandi sans adultes pour s’occuper d’eux, leurs parents étant divorcés ou trop pris par leur travail ; beaucoup ont été élevés par un seul parent ou par leurs grands-parents. C’est le cas de Xiao Feng et de Wen Wen ; leur père est absent ; leur mère consacre tout son temps à ses affaires ou à sa vie sociale. C’est auprès de sa sœur jumelle que Feng cherche l’amour maternel ; mais Wen Wen se trouve un copain et essaie d’échapper à ce rôle de nounou. Cependant, elle découvre en sa mère une rivale inattendue… C’est l’occasion pour un jeune lycéen homosexuel de s’immiscer dans la situation en devenant le « meilleur ami » de Feng.
Avec Refrain et My Fair Son, ce film forme une « Trilogie » où j’expose ce que je pense des relations personnelles dans la Chine d’aujourd’hui – alors que le pays se débat entre le déclin des valeurs traditionnelles et l’essor de nouveaux idéaux. Je crois qu’il faut renverser les valeurs traditionnelles et baser nos relations sur des idées nouvelles : que l’amour soit un véritable échange entre partenaires, au lieu de dépendre des liens familiaux.
Sur le plan technique, « La Trilogie » a un montage plus clair et plus fluide qui tranche avec le style anarchique de mes films précédents. Cela n’est pas sans rapport avec la corruption de la société. Mais je continue d’utiliser la caméra sur épaule, et de composer des plans qui tremblent parfois : je montre la réalité, et ce que je vois ne me plait pas toujours. »
Cui Zi’en, 2005


Né en 1958 à Harbin, Cui Zi’en est un réalisateur, théoricien et critique du cinéma, scénariste, acteur, romancier et activiste, souvent appelé « le parrain de la culture queer chinoise ». Diplômé de l’Institut Chinois des Sciences Sociales, il est depuis des années professeur à l’Institut de cinéma de Pékin. Il est l’auteur de neuf romans, publiés en Chine et à Hong Kong, et a écrit le scénario de plusieurs films indépendants, dont Le Protégé de Madame Qing (1999) de Liu Bingjian. En 2001, il fonde le Beijing Queer Film Festival, le premier festival LGBT de Chine, qui survit malgré un harcèlement policier constant. L’année suivante, il passe à la réalisation avec Enter the Clowns (2002), où il joue le rôle d’un parent transgenre. Ce fut le premier d’une quinzaine de longs-métrages underground, réalisés avec un budget minimal et tournés en numérique entre 2002 et 2008, qui jettent un regard passionné, insolent, spirituel et non-conformiste sur la vie des sujets LGBT en Chine : Keep Cool and Don’t Blush 
(2002), Feeding Boys, Ayaya 
(2003), An Interior View of Death
 (2003), Night Scene
 (2004), The Narrow Path 
(2004), Night Scene
 (2004), Star Appeal 
(2005), Shitou and That Nana
 (2005), WC Hu Hu Ha Hee
 (2005), Withered in a Blooming Season (2005), Refrain
 (2006), My Fair Son
 (2007) etc…

En 2007, Cui Zi’en tourne sa caméra sur les enfants des travailleurs migrants grandissants sur les chantiers de Pékin, avec le documentaire We are the … of Communism
. En 2008, il réalise « son » histoire de l’homosexualité en Chine avec le documentaire Queer China, ‘Comrade’ China – qui est son dernier film à ce jour. Cui Zi’en a fait l’objet de nombreux essais critiques et universitaires, et a reçu la Felipa de Souza Award de la part de la Gay and Lesbian Human Rights Commission (IGLHRC) aux Etats-Unis en 2002. Ses films, toujours underground en Chine, ont été montrés dans de nombreux pays occidentaux, et sont déposés dans les archives de Columbia University à New York.