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Storyboard pour « Fièvre sur Anatahan » (Josef von Sternberg, 1953)

6 octobre 2016

Retour en Asie pour Josef Von Sternberg, après Shanghai Express (1932) et Shanghai Gesture (1941) : entièrement tourné au Japon, son dernier film, Fièvre sur Anatahan est produit par la Daiwa – société indépendante fondée en 1952 pour l’occasion – et distribué par la Towa en 1953. « Réalisé dans des conditions presque idéales » selon Sternberg, Anatahan est écrit, photographié et mis en scène par le cinéaste qui s’investit aussi dans la production. Il est également le narrateur – non crédité au générique – dont l’omniprésence marque ce film unique dans son œuvre.

L’intérêt du cinéaste pour le Japon n’est pas neuf : dès août 1936, alors que sa carrière hollywoodienne bat de l’aile, il y fait déjà un premier voyage avec l’idée d’y tourner un film. Le début de la guerre sino-japonaise et la guerre du Pacifique enterreront le projet que Sternberg reprend avec l’adaptation d’un fait-divers découvert dans la presse américaine en 1951. En juin 1944, 12 soldats et marins japonais font naufrage sur Anatahan, minuscule île perdue du Pacifique habitée par un seul couple, Kusakabe et sa charmante compagne Kieko, source de conflit entre les hommes. Refusant de croire à la défaite japonaise, le petit groupe demeurera sur l’île pendant plus de six ans, bien après le départ de Kieko.

Pour Fièvre sur Anatahan, Sternberg séjourne au Japon d’août 1952 à juillet 1953 ; à Tokyo pour la pré-production et à Kyoto pour le tournage, où l’îlot d’Anatahan est entièrement reconstitué en studio. Œuvrant avec une équipe et un casting entièrement japonais, Sternberg a deux interprètes à ses côtés. Divers documents graphiques sont produits pour la préparation du film, afin de visualiser et d’éviter autant que possible les problèmes de traduction – parmi lesquels de nombreux storyboards réalisés par Toyoshiro Fukuda. Sur celui-ci non signé, 30 plans sont dessinés pour la séquence 20-A. Tous sont accompagnés de commentaires de Sternberg, retranscrits en kanji – idéogrammes complexes d’origine chinoise utilisés dans la langue japonaise. Plusieurs plans imaginés apparaissent dans le film (dont le drapeau japonais, volant dans l’autre sens, à deux reprises). Si cadrage et action ont précisément été pensés au préalable, Sternberg n’hésitera pas, malgré tout, à s’en éloigner.


  • Type d'objet : Séquence storyboardée
  • Support : Mine de graphite sur papier millimétré, collé sur papier
  • Année : c. 1952
  • Pays : Japon
  • Format : 53 x 76 cm
  • Crédits : Droits réservés