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Photographie de tournage de « Baïonnette au canon » (Samuel Fuller, 1951)

5 janvier 2018

Samuel Fuller et son directeur de la photo Lucien Ballard trônent aux côtés de la caméra qui surplombe le décor. Premier opus de Fuller pour une major, après trois premiers films indépendants, Baïonnette au canon (Fixed Bayonets !) inaugure la série de sept films réalisés par le cinéaste pour la 20th Century-Fox.

Filmé pendant l'été 1951, en pleine guerre de Corée (1950-1953), Baïonnette au canon est le second film de Fuller sur le sujet, dans la foulée du fameux J'ai vécu l'enfer de Corée (Steel Helmet, 1951). Avec pour mission de faire « un remake différent à 100% » – dixit Darryl F. Zanuck, le magnat de la Fox – le réalisateur passe de la jungle humide aux montagnes enneigées, théâtre d'une mission périlleuse lors de la retraite américaine. « J'avais vu aux Actualités un plan d'ensemble de soldats marchant dans la neige. J'ai pensé à ça pour créer un contraste avec la chaleur de la Corée ». À situation extrême, décor extrême. Zanuck exige un lieu unique. Fuller demande une colline enneigée, dotée d'une grotte, pour reconstituer le rude hiver 51 en Corée. On recycle un décor montagneux déjà utilisé pour un autre film. Le tout sous la direction artistique de Lyle Wheeler (un Oscar en poche pour Gone With the Wind). Résultat : un enfer blanc pour un huis-clos en plein air, principalement tourné dans les studios de la Fox à Los Angeles. Le décor de pacotille s'avère impressionnant, magnifié par la mise en scène de Fuller et les éclairages du grand chef-opérateur Lucien Ballard, qui signe les sublimes images sur fond de neige au soleil ou au clair de lune.

Baïonnette au canon reste une série B fauchée mais pour Fuller, c'est Byzance ! « On a tourné le film en vingt jours, deux fois plus de temps que je n'en avais eu sur un plateau de tournage. » C'est le plus grand plateau de la Fox et les moyens de production du studio permettent à Fuller d'user largement de la grue – une première pour le cinéaste, avec à la clef, des prises de vue mémorables d'une fluidité remarquable, suivant les soldats pendant de longs plans séquences, franchissant les crêtes ou descendant le long des talus. Fuller ne lésine pas sur la machine à faire de la neige avec laquelle il semble s'être beaucoup amusé. Une fois le décor gelé après les répétitions, tout le monde se cassait la figure et certaines chutes dans le film ne sont pas feintes.

Parmi le groupe de soldats qui attend les directives, sacs et uniformes lestés par des poids, figure peut-être James Dean, qui fait ici sa première apparition à l'écran – le temps d'une ligne qui résonne en écho dans la dernière partie du film. « Dean venait d'arriver à Hollywood pour trouver du travail après avoir étudié à l'Actors Studio. J'aimais bien son visage et je lui ai donné une chance. J'espérais que ça lui porterait bonheur » raconte Fuller dans A Third Face.


  • Type d'objet : Photographie de tournage
  • Support : Tirage argentique
  • Année : 1951
  • Pays : États-Unis
  • Format : 21 x 25 cm