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Le Grand silence

Le Grand silence
Il Grande silenzio

Sergio Corbucci
Italie, France / 1967 / 106 min

Avec Jean-Louis Trintignant, Klaus Kinski, Frank Wolff, Vonetta McGee.

Dans les montagnes de l'Ouest américain, un mercenaire tue le mari d'une jeune femme qui alors va embaucher un pistolero muet pour le venger. 


Restauré en 4K par la CSC – Cineteca Nazionale de Rome à partir des négatifs son et image mis à disposition par Movietime. La restauration a permis de récupérer la fin alternative, tournée par Corbucci à la demande des producteurs. Elle sera également montrée. Les travaux ont été réalisés aux Laboratoires Augustus Color et Studio Cine de Rome.


Après le noir Django (1966), Sergio Corbucci délaisse la poussière du désert et aborde le western par la face montagne. À la chaleur étouffante, aux étendues de sable, se substituent le froid d’une neige épaisse, les paysages cotonneux d’un Ouest revisité. La blancheur, voilà ce qui frappe d’emblée. Le cahier des charges habituel semble respecté. L’affrontement de deux héros que tout oppose, le sourire carnassier de Klaus Kinski, impeccable de barbarie, face au regard de Jean-Louis Trintignant, parfait dans son jeu muet. Le village, les chevaux, les attaques. Et la musique de Morricone. Mais Corbucci sort très vite du cadre et détourne un à un les codes du genre. La neige, oui, mais aussi une actrice de couleur, un shérif inutile et des monceaux de cadavres. Si la forme est radicale autant qu’atypique, elle sert surtout une réflexion qui déconstruit les fondations morales d’une Amérique classique que sont la propriété, la loi et l’ordre. Au-delà de la métaphore bien/mal, neige immaculée vs personnages sombres, chaque séquence de ce western crépusculaire distille une cruauté glaçante. La production demanda d’ailleurs à Corbucci de tourner une fin plus optimiste qui sera finalement rejetée. Le réalisateur, en effet, s’exécuta de fort mauvaise grâce, en bâclant ses plans, pour saboter délibérément la possibilité d’une alternative. Et imposa une vision âpre et implacable. La tragédie n’a pas d’échappatoire.

Hélène Lacolomberie

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Générique

Réalisateur : Sergio Corbucci
Assistant réalisateur : Filiberto Fiaschi
Scénaristes : Sergio Corbucci, Vittoriano Petrilli, Mario Amendola, Bruno Corbucci
Sociétés de production : Adelphia Compagnia Cinematografica (Roma), Les Films Corona (Paris)
Directeur de production : Giovanni A. Giurgola
Distributeur d'origine : Les Films Corona (Paris)
Directeur de la photographie : Silvano Ippoliti
Cadreur : Enrico Sasso
Ingénieur du son : Bruno Zanoli
Mixeur : Franco Bassi
Compositeur de la musique originale : Ennio Morricone
Décorateur : Riccardo Domenici
Costumier : Enrico Job
Maquilleur : Lamberto Marini
Coiffeur : Marcella De Marzi
Monteur : Amedeo Salfa
Script : Anna Maria Bifarini
Régisseur : Marcello Papaleo
Coordinateur des effets spéciaux : Eros Baciucchi
Maître d'armes : Bruno Ukmar
Interprètes : Jean-Louis Trintignant (Gordon, dit le Silencieux), Klaus Kinski (Tigrero), Frank Wolff (Gedeon Corbett), Luigi Pistilli (Henry Podik), Carlo D'Angelo (le gouverneur), Marisa Merlini (Régine), Vonetta McGee (Pauline Middleton), Raf Baldassarre, Mario Brega, Spartaco Conversi, Remo De Angelis, Maria Mizar, Mirella Pamphili, Marisa Sally, Jacques Toulouse