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Les Hommes de la montagne

Les Hommes de la montagne
Emberek a havason

István Szőts
Hongrie / 1942 / 90 min
D'après József Nyirő.

Avec Alice Szellay, János Görbe, Péterke Ferenczy.

Sur les hauteurs de Transylvanie, le quotidien de Gergo et sa famille. Leur bonheur simple disparaît rapidement lorsqu'un entrepreneur d'une exploitation de bois les persuade de déménager à la ville.


Restauré intégralement en 2K par les Archives Nationales du Film de la Hongrie, avec le soutien de L'Académie Hongroise des Arts. Étalonnage dirigé par Sándor Sára.


István Szőts est considéré comme le père du cinéma hongrois, pour son geste précurseur, ses tournages en décor réel, mais aussi ses idées novatrices d’aide à la production, d’éducation ou encore de cinémathèque. Son premier film, Les Hommes de la montagne (Emberek a havason, littéralement « les gens sur la neige »), est primé à Venise en 1942 et salué par les futurs néoréalistes, un audacieux drame pauvre et montagnard transylvanien au milieu de comédies des « téléphones blancs » de Mussolini. Après la guerre, sa carrière est interrompue en raison de ce Prix (le film fut quasi détruit à la demande du Parti) puis des différentes censures idéologiques. Il ne saurait être question d’invitation à l’amour individuel de la terre nourricière au temps de la collectivisation autoritaire ou d’idolâtrie catholique. Les Hommes de la montagne ouvre la voie de la tradition du cinéma rural magyar : filmer ce qui disparaît, inventer ce mélange lyrique unique pour filmer le mystérieux accord de l’homme minuscule et du grand espace naturel, mais également la solidarité de classe de ceux qui n’ont rien.

Entre folklore et ethnographie, Les Hommes de la montagne est un film d’une simplicité limpide mais pas simpliste, comme en témoignent certaines contre-plongées surprenantes, une photographie en silhouette magnifiant les ascensions ou encore cette invention elliptique pudique où l’on devine le visage d’une morte au travers du jeu dramatique successif de regards et de visages, le temps d’une séquence mémorable en train. On retrouvera les yeux creusés de l’acteur János Görbe chez Zoltán Fábri (Vingt heures) ou Miklós Jancsó (Les Sans-espoir).

Émilie Cauquy

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