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En organisant cette rétrospective de plus de 75 films, La Cinémathèque française retrace l'étonnant parcours du plus libre des cinéastes contemporains : Raoul Ruiz. Comment un réfugié politique chilien, contraint à l'exil après le coup d'État du général Pinochet du 11 septembre 1973, est-il devenu un grand cinéaste international, habitué des festivals et recherché par les stars (Deneuve, Mastroianni, Malkovich...) ?

Dès son arrivée en France, Ruiz déjoue ce qu'on attend de lui et livre Dialogue d'exilés, un film qui manie l'ironie et repousse fermement les clichés politiques en vigueur. Tout au long de sa carrière, des films expérimentaux pour l'INA aux adaptations littéraires fastueuses (Le Temps retrouvé, Les Âmes fortes, Mystères de Lisbonne), il est resté fidèle à son refus de la psychologie simpliste, lui préférant un authentique baroque cinématographique, un « réalisme magique » très personnel, plein d'humour et de bouffées surréalistes.

Pour présenter ce véritable jeu de l'oie cinématographique, fait d'énigmes ensorcelantes et de chausse-trapes, et initier la restauration de 16 films, la Cinémathèque française a reçu le soutien du gouvernement chilien. Le 30 mars, nous commencerons à célébrer le génie universel de Raoul Ruiz en présence de M. Ernesto Ottone Ramírez, ministre de la culture du Chili.

Vertiges et enchantements

Deux films réalisés entre la France et le Portugal, au début des années 1980, permettent de pénétrer au cœur du cinéma de Raoul Ruiz, au moment où celui-ci prend forme sous ses traits les plus singuliers. Dans Les Trois couronnes du matelot (1982), un marin en escale dans un port de la Baltique raconte son histoire à un étudiant rencontré la nuit sur les quais. Celui-ci devra l'écouter jusqu'au matin, avant de prendre sa place à bord du navire, parmi un équipage dont il sera le seul vivant, et perpétuer ainsi une « histoire immortelle » – un récit prédateur qui l'élit comme victime pour pouvoir advenir une fois de plus. De tels récits, ou plus souvent leurs lambeaux épars, sont la chair de ce cinéma, son « réel ». Pour leur donner forme, Les Trois couronnes du matelot déploie un baroque multi-dimensionnel qui deviendra le signe de Ruiz : baroque d'une narration qui se démultiplie, se diffracte et conduit, de glissement en glissement, à un espace insituable du récit ; baroque visuel, par lequel les effets, l'artifice revendiqué, précipitent chaque plan dans la dimension du simulacre total.

L'envoûtante dérive somnambulique qu'est La Ville des pirates (1983) réunit dans un rapport incertain, mais sous le sceau d'une splendeur à couper le souffle, une côte battue par les vagues, un enfant assassin à l'innocence enjôleuse (Melvil Poupaud), une servante hallucinée et une île des pirates révélée dans la flaque de sang d'un crime. La chaîne distendue des causalités met le spectateur dans un état de flottement, que les actes sanglants zébrant l'avancée du film parviennent à peine à déranger. Logique du rêve, aberrations, sursauts qui désignent la veine surréaliste de l'œuvre.

Raoul Ruiz est né en 1941 à Puerto Montt, dans le Sud du Chili. Sa découverte, enfant, du cinéma tiendrait dans une rêverie : dans Ben-Hur, un avion passe au loin. Plus tard, le même traverse le ciel de Cléopâtre. Le DC-6 éternel devient le chiffre secret du péplum. Ce qu'il traduira plus tard : le sens dernier des images échappe toujours au contrôle de l'industrie qui les crée.

À 15 ans, il se met au défi d'écrire cent pièces de théâtre, ce qu'il fait en six ans. L'anecdote est prémonitoire des 120 films à venir. Au même moment, il étudie le droit et la théologie. En 1968, il réalise Tres tristes tigres, son premier long métrage, qui remporte un Léopard d'or à Locarno. Symbole d'un nouveau cinéma chilien, le film excède son postulat réaliste par des décentrements constants et une bizarrerie diffuse, allant jusqu'à donner l'impression parfois de s'absenter de lui-même. Rien n'annonce encore le cinéma illusionniste à venir, mais les films qui suivent (Nadie dijo nada, La Colonia penal) creusent le sillon des situations paradoxales. Un inimitable ton de farce distanciée y est déjà à l'œuvre.

Engagé politiquement aux côtés de Salvador Allende, Ruiz est contraint à l'exil par le coup d'État de septembre 1973. En février, il arrive à Paris. En mars, il tourne Dialogue d'exilés, sorte de film d'intervention qui déroute par son extravagance et son ironie. La suite sera une mue et une accélération. À cette époque, l'INA produit sans beaucoup de contraintes un quota annuel de films destinés à la télévision. Le champ est libre pour tout expérimenter. Ruiz y est plus qu'à son aise et tout son cinéma paraît s'y matérialiser immédiatement. Deux grands directeurs de la photographie (Sacha Vierny et Henri Alekan) échafaudent avec lui les trucages de ses pièges baroques : filtres, fumées, miroirs, déformations, et la double profondeur de champ (split field) qui l'obsèdera longtemps. En découvrant La Vocation suspendue (1977), le premier film de Ruiz pour l'INA, Manette Bertin, la directrice de l'institution, s'exclame : « Mais c'est formidable ! Personne n'y comprendra rien. »

Ce que l'on ne tardera pas à comprendre, en revanche, c'est que l'œuvre de Raoul Ruiz, dans sa prolifération, arase hiérarchies et classifications, et prend l'allure d'un long continuum où chaque objet, fait de reprises, imitations secrètes, recyclages, cultive son imperfection poétique, et où les mêmes obsessions reviennent sans cesse, dans toutes les combinaisons possibles. La période INA se prolongera quelque temps, mais Ruiz l'ubiquitaire est déjà souvent ailleurs. Au Portugal, il filme Le Territoire (1981), récit d'une excursion glissant dans le cannibalisme. En Hollande, la Patagonie rêvée du Toit de la baleine (Het Dak van de Walvis, 1982), fable ethnographique où langues et identités se brouillent jusqu'à s'anéantir au contact du monde indigène. À Madère, Les Destins de Manoel (1985), conte fantastique en état d'enfance, l'un de ses plus beaux films.

Un film qu'il réalisa au Honduras en 1975 s'intitulait Le Corps dispersé et le monde à l'envers. De corps dispersés, il est quelquefois question dans son cinéma (Colloque de chiens, 1977, chef-d'œuvre de récit circulaire borgésien), mais plus souvent encore la matière humaine y est mutilée, dégradée, parasitée, mangée, dans une indifférence insistante : démonstration, sans doute, que le cinéma est affaire de fantômes (qui peuvent bien se le permettre) pris dans la chair de l'image. Et qu'un film peut devenir pour les vivants une allégorie en boucle de la réalité – comme il le sera pour le projectionniste candide de La Chouette aveugle (1987) et les adorateurs du Film à venir (1997).

À partir de Trois vies et une seule mort (1996), son cinéma se transforme. Moins énigmatique, plus littéral, plus « français » en un sens. On y trouve une relecture de tout ce qui précède en même temps qu'une exploration joueuse des virtualités de la narration : scintillements de la mémoire du Temps retrouvé (1999), vertiges combinatoires de Combat d'amour en songe (2000), méandres feuilletonnesques de Mystères de Lisbonne (2010). Vient aussi le temps, des années 2000 jusqu'à sa mort en 2011, d'un retour au Chili sous les noms d'un pays de mythe, « Cofralandes » ou « Recta provincia », un Chili de l'enfance, peuplé désormais de vieillards à la mémoire interminable.

Dans sa Poétique du cinéma, essai de théorie et fenêtre ouverte sur son érudition tentaculaire et joyeuse, Raoul Ruiz met en garde contre la tentation d'un cinéma d'« images utopiques », images de nulle part, univoques, vouées à la communication. Lui en appelle aux miroitements de la polysémie et aux mirages qui s'entredévorent. « Bon courage à celui qui veut être ruizien », prévient Melvil Poupaud. On aimerait quand même essayer.

Nicolas Le Thierry d'Ennequin


De Raúl à Raoul : un Chilien sans frontières

Raúl Ruiz Pino possédait l'attachante malice du peuple chilien, ce qui lui a permis de faire un cinéma plein d'ironie et de sarcasme. Originaire de Puerto Montt – terre de pluie, de sorciers, de mythes et de légendes – il était un « vrai Chilien » avec tout l'imaginaire et l'histoire que cela implique. Ruiz a donc développé un style unique, brisant les frontières entre fiction et documentaire, ce qui l'a amené à être consacré comme un cinéaste novateur et surprenant.

La suite est l'histoire d'œuvres qui resteront inscrites dans l'histoire du cinéma. Raúl Ruiz a dédié sa vie à la création et à réfléchir sur le septième art, d'où l'importante reconnaissance dont il bénéficie dans le monde. L'estime et l'appréciation de son travail sont mises à jour et renouvelées aujourd'hui en France, comme en témoigne cette rétrospective organisée par la Cinémathèque française.

Issu des mouvements du Nouveau Cinéma chilien et latino-américain des années 60, il était un cinéaste qui a dépeint le moment historique de l'Unité Populaire. Après le coup d'État de 1973, il a subi l'exil, comme beaucoup d'autres de sa génération. La France l'a accueilli et lui a permis de mener à bien son œuvre cinématographique si singulière. Sa première période chilienne a pris fin avec le plus chilien de ses films français, Dialogue d'exilés, et le « mécène » qui a permis à Ruiz de déployer son talent créatif fut l'Institut national de l'audiovisuel (INA) de France.

Raúl Ruiz a reçu le Prix National d'art en 1997. Il s'agit de la première fois dans l'histoire chilienne que cette reconnaissance a été remise à un artiste du domaine audiovisuel. Pour la plus grande joie du Chili, Ruiz consacra ses dernières années à la réalisation de films sur notre pays. Ces images représentent aujourd'hui une sorte de miroir où se reflète notre peuple, miroir qui lui permet de voir et rechercher son identité culturelle.

Comme le disait Raúl, « chaque film implique toujours un autre film secret… ». Au début de La Recta provincia, le chanteur entonne son quatrain divin en disant : « Un jour, Dieu était là / Sans savoir quoi faire / Il s'est mis debout sur ses mains / Et Il a créé le monde à l'envers ». C'est peut-être la meilleure description des réalisations de Raúl Ruiz, citoyen français et du monde et fierté du Chili.

Ernesto Ottone Ramírez
Ministre de la culture du Chili

Infos pratiques

Tarifs

  • Plein tarif 6,50 €
  • Tarif réduit 5,50 €
  • Moins de 18 ans 4 €
  • Carte Ciné Famille Adultes 5 €
  • Carte Ciné Famille Enfants 3 €
  • Libre Pass Gratuit

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Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Du 30 mars au 30 mai 2016

Les Films

Autour de Raoul Ruiz

Rencontres, Conférences, Spectacles

Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche

Autour de l'événement

actualité

Coffret DVD 8 films rares de Raoul Ruiz

L'Institut national de l'audiovisuel (Ina) et la Cinémathèque française s'associent pour proposer 8 films rares de Raoul Ruiz dans un coffret de 5 DVD. Dialogue d'exilés, son premier film réalisé en France, Bérénice, réalisé pour le Festival d'Avignon, et La Recta Provincia, version cinéma d'une série créée pour la télévision chilienne, sont accompagnés de 5 films audacieux réalisés lorsqu'il rejoint l'effervescence de l'Ina (ancien Service de la recherche) : De Grands événements et des gens ordinaires, La Vocation suspendue, L'Hypothèse du tableau volé, Les Trois Couronnes du matelot, Les Divisions de la nature : Quatre regards sur le château de Chambord.

Ina éditions / La Cinémathèque française
Parution le 5 avril
Prix public conseillé : 49,90 € TTC
En vente à la librairie de la Cinémathèque et en ligne sur boutique.ina.fr.


Rencontre

Raoul Ruiz, l'image retrouvée

Dans le cadre des Lundis de l'Ina et à l'occasion de la rétrospective Raoul Ruiz, une rencontre réunira le temps d'une soirée d'anciens collaborateurs de Raoul Ruiz. Des spécialistes de la restauration proposeront une redécouverte de ses courts et longs métrages, mais aussi d'œuvres de Chantal Akerman, Philippe Garrel et quelques autres dont les créations se jouent des frontières entre cinéma et télévision.

Avec la participation de François Ede, ancien directeur de la photographie de Raoul Ruiz, Claude Guisard, ancien directeur des programmes de création à l'Ina et de l'équipe de restauration de l'Ina dont Brice Amouroux (‎chef du service Pilotage des opérations techniques), François Olivieri (restaurateur image), Alexis Brusset (restaurateur son) et Vincent Benoit (étalonneur). Soirée animée par Jacques Kermabon, rédacteur en chef de la revue Bref.

Lundi 11 avril 2016, 19h00 / Bibliothèque nationale de France (Petit auditorium), Quai François-Mauriac, 75013 Paris
Contact : 01 53 79 48 30 / Entrée libre sur inscription : inatheque@ina.fr

actualité

En librairie

Écrit par deux proches du cinéaste, Raoul Ruiz, le magicien (Éd. Les Impressions nouvelles, 2015) permet de prendre la mesure d'une œuvre majeure du cinéma moderne. Dans ses conversations avec Benoît Peeters, Ruiz évoque son parcours de manière vivante et paradoxale. Après un beau portrait du cinéaste, Guy Scarpetta analyse de manière approfondie neuf de ses films les plus importants. Abondamment illustré, le livre propose aussi des entretiens avec des actrices et acteurs ayant travaillé avec Ruiz, et avec sa femme, la cinéaste Valeria Sarmiento.

Le samedi 2 avril à 17h30, Benoît Peeters et Guy Scarpetta seront présents à la librairie de la Cinémathèque pour une séance de signature.


Les éditions Dis Voir ont publié plusieurs livres de Raoul Ruiz devenus rares et qui seront disponibles à la librairie de la Cinémathèque : Poétique du cinéma, Poétique du cinéma 2, À la poursuite de l'Île au trésor, Le Livre des disparitions (tous également disponibles en anglais) ainsi que le premier ouvrage de référence paru sur le cinéaste franco-chilien, conçu avec lui : Raoul Ruiz de Christine Buci-Glucksmann et Fabrice Revault d'Allonnes.

L'Esprit de l'escalier, le roman écrit par Ruiz peu de temps avant sa disparition et paru aux éditions Fayard en 2012, sera également disponible. Sa traduction anglaise, sous le titre The Wit of the Staircase, est publiée par Dis Voir.

actualité

Raoul Ruiz : escales

Pendant 70 ans, de Puerto Montt à Paris, Raoul Ruiz, fils de capitaine de la marine marchande, n'aura cessé de sillonner le monde. Sous le signe d'un irrépressible appel de l'océan, la cartographie des mondes ruizien, fascinant entre-deux à la fois physique et mental, est parsemée d'escales exotiques, de passages secrets, et de quelques ports d'attache.

Le site web


Rencontre

Raúl Ruiz, Miguel Littin y los otros: Defensa e ilustración del cine chileno de los 60

Verónica Cortínez (UCLA) y Manfred Engelbert (Göttingen) presentan sus dos libros La tristeza de los tigres y los misterios de Raúl Ruiz (2011) y Evolución en libertad: El cine chileno de fines de los sesenta (2014, Premio municipal de literatura 2015), con extractos de películas. El cine chileno de los 60 normalmente se reduce a las películas de Ruiz y de Littin. Sin embargo, existe una variedad estilística e ideológica que se rescata a través de un análisis multidimensional de las películas de Álvarez, Becker, Covacevich, Francia, Kaulen y Soto.

Verónica Cortínez (UCLA) et Manfred Engelbert (Göttingen) présentent leurs deux livres La tristeza de los tigres y los misterios de Raúl Ruiz (2011) et Evolución en libertad: El cine chileno de fines de los sesenta (2014, Premio municipal de literatura 2015), avec projection d'extraits de films. Le cinéma chilien des années 60 est souvent réduit aux films de Ruiz et Littin. On y trouve pourtant une variété de styles et de regards idéologiques qu'une analyse multidimensionnelle des films d'Álvarez, Becker, Covacevich, Francia, Kaulen et Soto permet de mettre en évidence.

Lundi 21 mars 2016, 19h00 / Maison de l'Amérique latine, 217, boulevard Saint Germain, 75007 Paris

Partenaires et remerciements

Remerciements particuliers : Consejo nacional de la cultura y las artes de Chile, Dirección de asuntos culturales del Ministerio de relaciones exteriores de Chile, Embajada de Chile en Francia, Cineteca nacional de Chile, Fundación Imagen de Chile, Ina (Laurent Vallet, Brice Amouroux, Bernadette Gazzola-Dirrix, Jean-Pierre Peltier, Catherine Moch, François Olivieri, Vincent Benoît, Jean-Philippe Bessas, Alexis Brusset, Hugo Felipe Soares Ferreira), François Ede, Valeria Sarmiento.

Remerciements : Abra&Cadabra (Salvo Cuccia, Eleonora Cordaro, Laura Cappugi), Alfama Films (Faustine Matheron), Alizés Films (Guillaume Roitfeld), Archives françaises du film (Éric Le Roy, Jean-Baptiste Garnero), Argos Films, Arsenal (Gesa Knolle), Alberto Barbera, Blaq Out (Lucie Canistro), Bodega Films (Marilke Fleury, Sophie Clément), Channel Four (Clare Morey), Centre de l'audiovisuel à Bruxelles (Javier Packer Comyn), CIFAS (Charlotte David, Benoît Vreux), Cinemateca portuguesa (Sara Moreira), Cineteca Universidad de Chile (Luis Horta), Cinémathèque de Grenoble (Guillaume Poulet, Sylvain Crobu), Cinémathèque de Toulouse (Matthieu Larroque), Cinémathèque royale de Belgique (Clémentine de Blieck), CRICD Filmoteca regionale siciliana (Marcello Alajmo, Laura Cappugi), Direction des affaires culturelles (Dirac) du Ministère des affaires étrangères du Chili, Documentaire sur grand écran (Hugo Masson), Les Documents cinématographiques (Brigitte Berg), Duende Pictures (Jordi Torrent), Duke University (Craig Breaden, Megan O'Connell), ECAL / École cantonale d'art de Lausanne (Jean-Guillaume Sonnier), John Ellis, Filmoteca española (Catherine Gautier, Daniel Pérez), Fondazione La Biennale di Venezia, ASAC (Paolo Baratta, Michele Mangione, Debora Rossi), Fondazione Pontedera Teatro (Luca Dini Pontedera), Pascal-Emmanuel Gallet, Illuminations Films (Keith Griffiths), Andrea Inzerillo, Sergio León, Matteo Chiocchi, Le Petit Bureau (Aurore Auguste), MACT (Martine de Clermont-Tonnerre), Melvil Poupaud, Jérôme Prieur, Margo Films (François Margolin), Luis Ospina, Strand Releasing (Marcus Hu, Nathan Faustyn), Josh Siegel, Suricato (Christian Aspèe), Alejandra Rojo, Tamasa Distribution (Amélie Rayroles), TS Productions.

Avec la collaboration de

Chili

Avec le soutien de

CNC Les Amis de Raoul Ruiz

En partenariat avec

INA Francochilenos