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Raoul Lévy ou le cinéma comme aventure

La Cinémathèque française rend chaque année hommage à un producteur. Choisir Raoul Lévy paraîtra étrange à certains, tellement la carrière de ce producteur audacieux, ou plutôt aventureux, fût brève, inachevée. Né en 1922 à Anvers, Raoul Lévy se suicida le dernier jour de 1966, dans une villa à Saint-Tropez, à peine âgé de 44 ans. Entre temps, Raoul Lévy mena la grande vie. Il produisit une douzaine de films, lança Brigitte Bardot dans les films de Roger Vadim (Et Dieu… créa la femme, puis Les Bijoutiers du clair de lune), produisit Autant-Lara (En cas de malheur), Yves Allégret (Les Orgueilleux), Clouzot (La Vérité), Peter Brook (Moderato Cantabile), Godard (Deux ou trois choses que je sais d’elle), réalisant lui-même deux films peu connus mais qui méritent d’être revus ou découverts : Je vous salue Mafia (1965) et L’Espion (1966). Dans L’Espion, Montgomery Clift est bouleversant et exsangue, déjà entre la vie et la mort – ce fut sa dernière apparition à l’écran. Ajoutons que Godard y apparaît déguisé en espion soviétique.

La mort de Lévy ressemble à un fait divers. Son geste inconsidéré (suicide au fusil) était lié à un amour sans doute impossible, ou disons contrarié. S’il n’était pas mort si jeune, sans doute Raoul Lévy aurait-il connu une vie et une carrière intéressantes, aussi bien comme producteur que comme cinéaste. Mais là n’est pas le problème. Le fait de se replonger dans sa courte carrière permet de redessiner le portrait du producteur comme aventurier prêt à prendre tous les risques, dès lors qu’un défi s’offre à lui. Pour Raoul Lévy ce fut Marco Polo, entrepris au début des années soixante. La réalisation avait été confiée à Christian-Jaque, le rôle titre à Alain Delon, et le tournage devait s’effectuer en Yougoslavie. Au bout de plusieurs mois de péripéties chaotiques, l’entreprise avorta, contribuant à mettre Lévy dans de grandes difficultés financières. Peut-être que cet échec retentissant décida de sa carrière (très brève) de cinéaste…

Un producteur de nos jours est avant tout un intermédiaire ou, sans jeu de mot, un entremetteur. Il est celui qui fait le lien entre, disons le système audiovisuel global, principal financier du cinéma, et le réalisateur, assurant la garantie de bonne fin du tournage. Mais, globalement, le pouvoir de décision se situe dans d’autres mains que les siennes. Lentement mais sûrement, nous sommes entrés dans une logique de dépendance, celle des grands groupes audiovisuels. Rares sont les producteurs réellement indépendants qui parviennent à garder des droits sur les films qu’ils ont produits ou initiés. Il est donc toujours bon de rappeler qu’il fut un temps où le producteur avait tous les pouvoirs, y compris celui de se briser les reins du fait de projets trop ambitieux.

Marco Polo était sans doute un film européen avant l’heure, ce qui précipita le déclin de Lévy. La suite fut pour lui malheureusement tragique. Mais nul doute que cette figure mythique du cinéma français fut, à un moment décisif où le cinéma était en train de passer du vieux système de production des années quarante et cinquante à celui plus inventif et plus souple de la Nouvelle Vague, une sorte de passeur.

Serge Toubiana

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