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Week-end Johan Van der Keuken

Déjà cinq ans ! Johan van der Keuken est mort le 7 janvier 2001. Il n’avait que soixante-trois ans. Son œuvre est l’une des plus fécondes du cinéma contemporain, et nous ne lui ferons pas l’injure de l’enfermer dans le strict genre « documentaire ». Car elle excède le genre et déborde le formatage convenu. C’est la raison pour laquelle elle est vivante et continue de nous passionner. L’édition DVD entreprise par Idéal Audience et Arte Vidéo commence avec une première salve de films rassemblés en un coffret, bientôt suivi d’autres, constituant ainsi une « Intégrale JVDK ». La Cinémathèque s’associe à ce projet collectif en organisant un week-end au cours duquel seront projetés quelques-uns des films réalisés par le cinéaste néerlandais.

Qui était Johan van der Keuken ? Quelles étaient ses qualités de cinéaste ? JVDK était d’abord un voyageur. Un « filmeur » incroyable, doublé d’un penseur ou d’un « questionneur ». Il a pensé le monde en le filmant. Double mouvement, double interrogation, toujours en parallèle. Cinéma en double-bande : sons et images d’un côté, pensée et interrogation de l’autre. Itinéraire d’un moraliste. Cinéaste en état d’inquiétude. Dans quelle partie du monde JVDK n’est-il pas allé ? De l’Inde (L’Œil au-dessus du puits, 1988), à HongKong et New York (I Love $, 1986), en passant par le Pérou (Le Nouvel âge glaciaire, 1974), le Népal, le Surinam, la péninsule de Minahassa au Ghana (Cuivres débridés, à la rencontre du swing, 1992), la Bolivie, le Maroc, la Tchétchénie (Amsterdam global village, 1996), la Palestine, Sarajevo et bien d’autres pays encore…

Johan van der Keuken a visité/regardé le monde, il en a sondé les soubresauts et la complexité, forgeant son regard de cinéaste à travers ces expériences les plus diverses, et parfois les plus risquées. Son ouvrage paru en 1999 aux éditions des Cahiers du cinéma (avec la complicité de François Albéra) avait pour titre Les Aventures d’un regard. « Pour le moment la question du regard sur les choses est totalement au centre de ce que je fais… Cette idée du regard, de la force du regard, me ramène à la question de la réalité. Je n’envisage pas la réalité comme quelque chose qui puisse être fixé sur la pellicule mais plutôt comme un champ (en termes énergétiques). C’est peut-être vague. Ce que je veux dire c’est que l’image filmée, telle que j’essaie de la faire, résulte plutôt d’une collision entre le champ du réel et l’énergie que je mets à l’explorer. C’est actif, agressif. Quelque part, à mi-chemin, on trouve un point fort et c’est généralement l’image filmée. »

Ce que l’on peut dire de ce cinéaste, c’est qu’il a souvent trouvé ce point fort. JVDK était aussi un excellent photographe – il avait appris la photographie au côté de son grand-père, avant même de faire des films  –, un artiste complet de l’image et du son. Il a toujours travaillé en solitaire, avec Nosh, sa femme, qui prenait le son. Modeste entreprise familiale, mais à l’échelle du vaste monde. JVDK adorait le jazz, qui le lui rendait bien – voir son magnifique Big Ben, Ben Webster en Europe (1967). Johan avait aussi une relation particulière avec la France. Il y vint à l’âge de dix-huit ans pour s’inscrire à l’Idhec (même promotion que Marin Karmitz), y tourna ses premiers films (Paris à l’aube, co-réalisé en 1957 avec James Blue et Derry Hall), s’exerça ensuite à la critique de cinéma tout en réalisant plusieurs courts-métrages.

Van der Keuken a exploré le pouvoir de l’image dans ses moindres recoins. Son œuvre est impressionnante par sa diversité et sa richesse. Elle est d’une extraordinaire actualité, aussi bien sur un plan esthétique que politique (le pouvoir de l’argent, des multinationales, les transformations du capitalisme mondial, les rapports de force Nord/Sud). Et ceux qui ont connu Johan se souviennent d’un homme délicieux et délicat, attentionné et amical. C’est peu de dire qu’il nous manque.

Serge Toubiana

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