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À l’occasion du 20e anniversaire de la rétrocession de Hong- Kong à la Chine, un panorama en vingt films des défis lancés au cinéma populaire comme au film d’auteur par le changement de structures politiques et cinématographiques survenu depuis 1997.

20 ans de cinéma à Hong Kong

Avec la Cinémathèque, nous avons conçu une programmation destinée à célébrer deux décennies de cinéma hongkongais. La période a connu un rétablissement économique et la consécration de plusieurs cinéastes dont la carrière est née durant les années 1990, sans compter la naissance d’une nouvelle génération d’auteurs.

Persistance de la Nouvelle vague

Notre sélection rend hommage à la créativité persistante des cinéastes de Hong Kong et au mariage improbable de deux tendances complémentaires : l’ambitieuse Nouvelle Vague artistique et le film d’action des années 1980. Bien qu’elle soit exclue de notre sélection, il est utile d’insister sur le fait que la production chinoise de cinéastes et de vedettes originaires de Hong Kong, tels que Jackie Chan, Donnie Yen, Stephen Chow et Tsui Hark, continue à caracoler en tête du box-office chinois.

Les deux films Journey to the West avec Stephen Chow (le deuxième réalisé par Tsui Hark) et La Sirène (avec Stephen Chow également) ont connu un immense succès en République populaire. Ils n’auraient pas été possibles sans l’oeuvre antérieure de leurs auteurs, sans la souplesse formelle qui caractérise le cinéma de Hong Kong. L’histoire et l’avenir de l’industrie hongkongaise se lit clairement dans la carrière d’un pionnier de la Nouvelle Vague, Tsui Hark, qui a rodé son savoir-faire en matière d’effets spéciaux d’arts martiaux dans ses premières productions télévisuelles et cinématographiques à Hong Kong durant les années 70 et 80. Encore aujourd’hui, il crée ses immenses blockbusters chinois à effets spéciaux, qui servent de canevas à une imagination spectaculaire, en co-production avec Hong Kong.

Trois cinéastes

Revoir deux décennies de films permet de retracer les filmographies récentes de ces cinéastes pionniers de la Nouvelle Vague hongkongaise des années 80 et, surtout, de constater à quel point leurs énergies créatrices se maintiennent au plus haut niveau. Le film Une vie simple d’Ann Hui est l’exemple même d’une oeuvre enracinée dans la tradition cantonaise des soubresauts sentimentaux au sein d’une famille, qui réussit à saisir l’humanisme fondamental d’une société que l’on se plaît souvent à décrire comme matérialiste. Les films tardifs de la cinéaste poursuivent la même veine, creusant l’idée d’une essence vitale. Mais le cinéma de Hong Kong, comme la ville, ne regardent pas en arrière. Une cité aussi cosmopolite est toujours en mouvement. Hong Kong est un grand carrefour asiatique, un lieu qui absorbe et synthétise les idées et les expériences dans tous les domaines artistiques ou commerciaux. Deux cinéastes sont nés au cours des dernières décennies, très différents l’un de l’autre, mais chacun démontrant à sa manière une capacité à synthétiser les écoles cinématographiques.

Wong Kar-wai est peut-être le plus connu des cinéastes de Hong Kong au plan international. Il s’est forgé un univers personnel traversé par des influences esthétiques et des expériences hongkongaises et chinoises, mais aussi d’Amérique du Sud, de France, des États-Unis et d’ailleurs. Son oeuvre est une forme de méditation culturelle, de communication non verbale dont le tropisme intime est la nostalgie, très caractéristique du cinéma d’auteur. Mais la trajectoire de Wong Kar-wai connaît un apogée avec The Grandmaster (2013), dans lequel les différents styles d’arts martiaux se rencontrent comme les langues de la Tour de Babel. La communication non verbale des arts martiaux devient un principe de mise en scène. Les mains remplacent les mots. Les coups de pieds deviennent des ponctuations. Les séquences de combat deviennent des phrases. Les syntaxes d’arts martiaux sont malmenées, jetées en l’air, décortiquées ou travesties. Le combat devient une sorte de navigation semblable à la parole.

À sa manière, Johnnie To aussi est devenu une figure de proue du cinéma de Hong Kong. Son oeuvre prolifique contient des expérimentations en tout genre. Elle tend un miroir à son époque et rend compte des flux du cinéma mondial, ce qui explique en partie son succès auprès d’un public international. To voyage à travers les univers. Il y a la constellation de ses films de gangsters, qui font penser à Jean-Pierre Melville. Il y a la planète de ses films noirs, comme PTU ou The Mission, qui évoquent Bresson. Il y a la claustrophobie d’un western de Rodriguez exilé dans le confetti de Macao (Exiled) et l’inspiration de Jacques Tati dans une comédie musicale (Office), sans compter toute une série de comédies romantiques qui reposent bien sûr sur des codes spécifiques à Hong Kong, mais aussi d’ailleurs. Chacun de ces films, pourtant, est reconnaissable comme étant de son auteur. Avant tout, il sait manier le récit et diriger un casting choral, engageant souvent les mêmes acteurs, comme Louis Koo, Simon Yam, Anthony Wong, Lam Suet et pendant longtemps Wong Tin-lam, grand cinéaste négligé de l’ère cantonaise dont les films comme The Wild Wild Rose (1960) ont servi de matrice à la production pléthorique de Johnnie To. C’est son lien avec le riche passé du cinéma hongkongais.

Nouvelle génération

Une génération nouvelle est apparue ces vingt dernières années. Ainsi, le public international et local a découvert la voix de Pang Ho-cheung. Conformément à la vraie tradition de Hong Kong, Pang incarne une excentricité qui n’est ni affectée ni capricieuse, mais au contraire réaliste. Ce qui m’a frappé en regardant ses films dans des salles de Hong Kong au début du millénaire était à quel point le public ressemblait aux personnes montrées à l’écran. Pang est devenu un spécialiste de la comédie risquée, provocatrice au premier abord, mais en réalité touchante et chaste. L’auteur d’AV et de Vulgaria se plaît à décrire une éthique de l’immoralité. La série Love in the… (Puff, Buff, Cuff) analyse les hauts et les bas d’une vie de couple entre Hong Kong, Beijing et Taipei. Le récit est une trouvaille qui sied à la délicate sensibilité de son auteur et lui a apporté un public élargi. Le cinéma de Philip Yung (Port of Call), Heiward Mak (High Noon) et Adama Wong (The Way We Dance), entre autres, témoigne de l’émergence progressive d’une nouvelle génération. Pour le monde entier, le cinéma de Hong Kong est synonyme d’action et de genre. Mais ces jeunes cinéastes sont en train de renouveler les genres populaires du cinéma hongkongais.

Roger Garcia
Directeur du Hong Kong Film Festival

(Traduction Pierre Hodgson)

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