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50 ans de premières fois

La Semaine de la Critique fête cette année ses cinquante ans. Brève histoire de la plus ancienne section parallèle du festival de Cannes, qui révéla Bertolucci, Loach, Skolimowski ou Carax.

« Je me souviens comme si c’était hier : réunis autour d’une table avec Louis Marcorelles et Marcel Martin, nous étions quelques journalistes, dans ce début de l’année 1962, à trouver excellente notre idée de créer au sein du festival de Cannes une mini manifestation où seraient projetés des films choisis et aimés par nous, en dehors de toute sélection officielle et de toute influence extérieure. Il ne nous restait qu’à lui trouver un nom. Les propositions les plus farfelues jaillissant de nos têtes fertiles (…) Le temps passait, et les idées manquaient. Puis, nouvelle Archimède, d’un puissant Eureka !, je m’écriais : « Et si l’on l’appelait La Semaine de la critique ? » Ma proposition fut adoptée à l’unanimité, et je suis encore fière d’avoir porté sur les fonds baptismaux, toutes bobines en avant, cette Semaine qui depuis bientôt cinquante ans offre une belle vitrine à des réalisateurs du monde entier, à l’intérieur d’une des plus prestigieuses manifestations cinématographiques. »

Devenue depuis scénariste et cinéaste, Nelly Kaplan se souvient ainsi de la naissance de la Semaine de la critique à Cannes en 1962. Tout avait en réalité commencé un an plus tôt, en mai 1961, avec la proposition de l’Association Française des Critiques de Cinéma, alors présidée par Roger Régent, de programmer dans le cadre du festival de Cannes un premier long métrage indépendant américain de Shirley Clarke, jeune cinéaste new-yorkaise : The Connection, un film singulier intégrant une sorte de faux cinéma vérité. Délégué général du festival, Robert Favre Le Bret accepta. Puis, séduit par cette projection d’un film totalement indépendant et captant un certain air du temps, il proposa l’année suivante à l’association de programmer une dizaine de films, formant ainsi la toute première sélection de l’histoire de la Semaine de la critique. Présidée par l’historien du cinéma Georges Sadoul, coordonnée par Louis Marcorelles (critique au Monde), cette nouvelle manifestation alors logée à l’intérieur du festival a pour mission de présenter des premiers et deuxièmes longs métrages inédits provenant du monde entier. Un comité de sélection composé de critiques d’horizons différents choisit les films qui composeront chaque année une programmation révélant de nouveaux talents. L’un des premiers sera Jacques Rozier, avec Adieu Philippine, tourné dans la mouvance de la Nouvelle Vague, qui raconte l’élan de la jeunesse dans la société française de l’époque sur fond de guerre d’Algérie.

Après le tournant politique lié aux événements de mai 1968, la création de la Quinzaine des réalisateurs fait naître une concurrence avec la Semaine de la critique, bien que la première ne se soit pas fixée comme but de chercher en priorité de premiers ou deuxièmes films. Entre 1975 et 1977, trois nouvelles sections (dont il ne reste aujourd’hui que « Un Certain Regard ») sont créées au sein du festival de Cannes, et concurrencent directement les sections parallèles en plein essor. Nommé délégué général en 1978, Gilles Jacob crée la Caméra d’or, qui récompensera un premier film toutes sections confondues. C’est Alambrista, le premier long métrage de Robert M. Young (futur réalisateur d’épisodes de la série Battlestar Galactica !) cette année-là sélectionné à la Semaine, qui en sera le premier lauréat.

De 1984 à aujourd’hui, quatre directeurs artistiques se sont succédé à la tête de cette section parallèle aussi discrète que vaillante, qui a pris ses quartiers au Miramar : Jean Roy (jusqu’en 1999), José Maria Riba (2000-2001), Claire Clouzot (2002-2004), Jean-Christophe Berjon (2005-2011).

La liste des cinéastes découverts par la Semaine de la critique en 50 ans est aussi longue que variée. En voici quelques-uns : Chris Marker (Le Joli Mai – réalisé avec Pierre Lhomme – présenté en 1963), Bernardo Bertolucci (Prima della rivoluzione, 1964), Jerzy Skolimowski (Walkover, 1965), Jean Eustache (Le Père Noël a les yeux bleus, 1966), Jean-Marie Straub et Danièle Huillet (Chronique d’Anna Magdalena Bach, 1967), Otar Iosseliani (La Chute des feuilles, 1968), Philippe Garrel (Marie pour mémoire, 1968), Barbet Schroeder (More, 1969), Alain Tanner (Charles mort ou vif, 1969), Ken Loach (Kes, 1970), Victor Erice (L’Esprit de la ruche, 1974), Benoit Jacquot (L’Assassin musicien, 1975), Leos Carax (Boy Meets Girl, 1984), Wong Kar-wai (As Tears Go By, 1989), Arnaud Desplechin (La Vie des morts, 1991), Guillermo del Toro (Cronos, 1993), Jacques Audiard (Regarde les hommes tomber, 1994), François Ozon (Une robe d’été et Sitcom, en 1996 et 1998), Gaspar Noé (Carne et Seul contre tous, en 1991 et 1998), Alejandro González Iñárritu (Amores perros, 2000), Bertrand Bonello (Le Pornographe, 2001), etc.

Chaque année, plus de 900 longs métrages et 1200 courts métrages sont proposés aux deux comités de sélection, pour aboutir à une sélection d’une vingtaine de films (courts et longs). La Cinémathèque française, qui reprend traditionnellement dans ses salles chaque année depuis 2004 le nouveau cru de la Semaine de la critique, propose également cette année en juin-juillet un voyage subjectif et forcément incomplet dans l’histoire de cette section parallèle du Festival de Cannes : outre certains des classiques du cinéma cités plus haut, cette rétrospective permettra de revoir aussi quelques fleurons du cinéma d’avant-garde (L’Ange, Patrick Bokanowski, 1982), militant (Avoir vingt ans dans les Aurès, René Vautier, 1972 ; Mourir à 30 ans, Romain Goupil, 1982) ou d’animation (Fritz the Cat, Ralph Bakshi, 1972) et permettra de (re)découvrir quelque curiosités comme En route vers Manhattan, le tout premier film du réalisateur de Supergrave, Greg Mottola.

Bernard Payen

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