En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

Hommage à Christopher Lee

Jean-François Rauger - 4 septembre 2015

Il paraissait logique de rendre un hommage, dans le cadre des séances de cinéma bis, à une figure légendaire du cinéma de genre. Il est impossible de résumer une carrière aussi prolifique que la sienne. Né en 1922 à Londres, Christopher Lee est principalement célèbre pour avoir incarné le vampire Dracula dans un certain nombre de films, mais pour avoir aussi tourné, au cours d'une carrière prolifique, avec de grands cinéastes dits « de genre » comme Terence Fisher, Mario Bava ou Jess Franco, même s'il a créé d'inoubliables personnages en dehors de la catégorie « épouvante », comme Mycroft Holmes dans La Vie privée de Sherlock Holmes de Billy Wilder. Sa présence depuis de nombreuses années dans n'importe quel film prenait l'apparence de l'apparition « intertextuelle » d'un véritable mythe vivant. Ces deux films témoignent de sa capacité à endosser des rôles qui se distinguent radicalement de celui du Prince des ténèbres auquel on l'a peut-être trop souvent réduit dans les commentaires qui ont accompagné sa disparition, le 7 juin 2015.

Une fille pour le diable, réalisé en 1975, adaptation d'un roman de Dennis Wheatley, est considéré comme l'ultime titre produit par la Hammer Films, célèbre compagnie surtout réputée pour sa résurrection des grands thèmes de l'épouvante gothique. Il y incarne un prêtre excommunié au service d'une secte sataniste décidé à enlever une jeune nonne (Nastassja Kinski, sublime) destinée à être offerte au diable. Le film se distingue par une capacité « moderniste » à plonger conventions du film d'exorcisme dans la morne banalité d'une Angleterre contemporaine et sans qualités.

Dans Raspoutine, le moine fou, signé Don Sharp, encore pour la firme Hammer dix ans plus tôt, il y transforme une figure historique en créature hallucinée, quasiment surnaturelle. Christopher Lee continuera à hanter régulièrement les séances de cinéma bis de la Cinémathèque.


Jean-François Rauger est le directeur de la programmation de la Cinémathèque française.