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La société Dovidis confie ses archives à la Cinémathèque française

Hervé Pichard - 26 mars 2015

Ancien résistant, Pierre Neurrisse était un réalisateur militant, un producteur engagé et le fondateur de la société Dovidis. Sa fille Cécile Neurrisse, poursuit son travail et s’est rapprochée de la Cinémathèque française afin que le patrimoine cinématographique de cette société chargée d’histoire, soit conservé dans de bonnes conditions. Elle a déposé 87 copies (55 titres) et confié des archives de l’histoire de la société.

Grâce à ce fonds, nous conservons des longs métrages très importants comme Un homme qui dort de Georges Perec et Bernard Queysanne (1974), La Nuit Bulgare de Michel Mitrani (1972) ou Le Diable au cœur de Bernard Queysanne (1976), mais aussi de nombreux courts métrages, devenus des classiques comme Rentrée des classes (Jacques Rozier, 1956) et Le Ciel la terre (Joris Ivens, 1967) ou restés insolites : Autour d’une trompette, Bonnes Vacances, Cascades de Pierre Neurrisse, Béatrice ou les deux sœurs (Alain Ferrari, 1966), Classes de neige (Guy Chalon, 1961)…

Créée en 1950, la société produit dans un premier temps essentiellement des courts-métrages, ceux du producteur mais aussi ceux de Jacques Rozier, Bruno Muel et Joris Ivens. Elle permet aussi à plusieurs réalisateurs de faire leurs premiers films. A partir de 1963, la société démarre la production de séries et d’émissions pour la télévision puis étend son activité à l’exploitation d’un ensemble technique cinématographique 35mm et 16 mm comprenant un auditorium, un plateau de tournage, une salle de projection et des salles de montage. Pendant les évènements de mai 68, Dovidis accueille les réalisateurs, monteurs, techniciens et met à la disposition les studios et l’équipement technique, encourageant la création sans aucune contrepartie, y participant activement. A la même époque, Dovidis s’engage dans la production de longs métrages. La société a assuré la postproduction de plus de trois cent films pour le cinéma et la télévision et produit quinze longs métrages, une soixantaine de courts-métrages et documentaires, cent cinquante deux émissions de télévision, plusieurs séries dont certaines engagées comme celle sur la résistance Quand la liberté venait du ciel (1966), vingt trois émissions de télévision dont La Leçon de cinéma avec Frédéric Mitterrand…

Nous avons rencontré Cécile Neurrisse dans le cadre de la rétrospective Bulle Ogier. Nous voulions absolument montrer le premier film d’André Téchiné Paulina s’en va (1975) où l’actrice tient un rôle admirable. Aucune copie projetable de ce film rare n’existait et nous l’avons sollicité ainsi qu’André Téchiné afin de réaliser un nouveau tirage à partir des négatifs originaux. Cécile Neurrisse, qui détient la majorité des droits de ce film, nous a encouragés à réaliser ces travaux. La Cinémathèque conserve aujourd’hui l’unique copie neuve de ce film. D’autres films de son catalogue sont toujours difficiles à voir, faute de belle copie (comme La Nuit Bulgare ou Le Dernier homme de Charles Bitsch, 1972) et mériterait le même travail de sauvegarde.


Hervé Pichard est responsable des acquisitions et chef de projet des restaurations de films à la Cinémathèque française.