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La Nouvelle Vague tchèque sur le web

28 novembre 2018

« Tout était si faux, si mensonger, si axé sur la propagande, que nous voulions tout simplement montrer notre vérité, objective et subjective, avec des gens vrais et de vrais visages à l'écran. » La Nouvelle Vague tchèque expliquée par Miloš Forman et à approfondir sur le web en (re)découvrant les plus belles œuvres du cinéma tchèque.

Ivana Karbanová dans Les Petites Marguerites de Věra Chytilová (1966)

Ivana Karbanová dans Les Petites Marguerites de Věra Chytilová (1966)


- Le cinéma militaire à la source de la Nouvelle Vague tchécoslovaque ? Une étude déconcertante à lire ou écouter sur Radio Praha (en français 10') par l'historienne de cinéma américaine, Alice Lovejoy.

- « Ma mère était couturière, une femme très simple du peuple. Mon père était un intellectuel très cultivé. À chaque fois que je faisais un film, je me disais qu'il fallait que je le fasse de façon à ce que ma mère puisse le comprendre, mais que je n'ai pas à avoir honte face à mon père. » Rencontre avec Jiří Menzel en 2014, lors d'un passage à Paris pour la ressortie de son chef-dœuvre Trains étroitement surveillés réalisé en 1966, à l'âge de 28 ans.

- L'un des films de science-fiction les plus originaux de tous les temps, Ikarie XB 1, tourné en 1963 par Jindřich Polák, aurait inspiré Kubrick et Tarkovski. Présentation par le directeur du Festival lyonnais « Hallucinations Collectives ».

- Aperçu bref mais alléchant de l'œuvre de Jan Němec, trublion du cinéma tchèque et génial réalisateur des Diamants de la nuit et de La Fête et les invités.

- Le 18 mai 1967, le député de l'Assemblée Nationale du Parti communiste tchèque demande le retrait des salles de cinéma des Petites Marguerites de Věra Chytilová et de La Fête et ses invités de Jan Němec. « Ces deux films tournés dans les studio tchèques de Barrandov n'ont rien en commun avec notre république, le socialisme ni nos idéaux communistes. » La censure des deux films, par ailleurs encensés à l'étranger, annoncent la mort de la Nouvelle Vague tchèque.

- « Je n'ai jamais pensé à partir parce que je me suis dit que s'il fallait être malheureux, autant l'être dans mon pays. L'exil n'est jamais le bonheur, même pour quelqu'un comme Milan Kundera qui a toujours connu le succès. » Jaromil Jireš, réalisateur de La Plaisanterie (d'après le roman de Kundera) interviewé par Michèle Levieux pour L'Humanité en 1999.

- Entretiens, anecdotes, références bibliographiques, photos, archives... Le site officiel de Miloš Forman est une mine d'or.


Dans les cartons de la Cinémathèque

La Nouvelle Vague tchèque vue par les affichistes cubains : Un été capricieux ( Jiří Menzel 1968) par Niko, Les Diamants de la nuit (Jan Němec 1964) par René Azcuy et Le Jeu de la pomme (Věra Chytilová 1976) par Niko.

Affiches Cubaines NV Tchèque


La confidence

Festival de Cannes, 1968. « C'est la première et la dernière fois que les Tchèques ont eu trois films en compétition. Il y avait le film de Jan Němec, La Fête et les invités, Miloš Forman avec Au feu les pompiers et Jiří Menzel avec L'Été capricieux. L'histoire, c'est qu'ils sont allés là-bas et qu'ils espéraient recevoir des prix, remporter la Palme, mais des intellectuels français comme Godard ou Truffaut ont interrompu le festival. C'était foutu, c'était un échec énorme pour notre délégation. Mais heureusement, Jan Němec a réussi à vendre des saucissons, de la bière et des liqueurs, donc il a reçu quelques prix lors de son retour... » (Tomáš Michálek, producteur)


Vu à la TV

Au Cercle de minuit en 1994, Michel Field invite Věra Chytilová pour parler de ses Petites Marguerites, film réalisé en 1966 et interdit de diffusion par le régime de l'époque.