Catalogue des appareils cinématographiques de la Cinémathèque française et du CNC

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Caméra film 35 mm

N° Inventaire : AP-95-1450

Collection : La Cinémathèque française

Catégorie d'appareil : Prise de vues cinématographiques

Nom du modèle : [Theatrograph n° 2, mark 1]

Numéro de fabrication : n° 17

Lieu de fabrication : Paris, France

Année de fabrication : 1896

Brevet : Robert-William Paul, B.P. n° 4686, 2 mars 1896 : "Improvements in apparatus for projecting kinetoscope pictures on the screen... +

Fiche détaillée

Type de l'appareil

entraînement du film 35 mm par deux croix de Malte à sept branches chacune ; deux débiteurs dentés ; châssis presseur intermittent ; obturateur à boisseau ; une bobine aluminium ; volant en bronze ; axe d'entraînement ; bâti en fonte ; poignées ; caisse en chêne

Auteurs

Paul Robert William
Londres, 44 Hatton Garden

Méliès Georges
Paris

Fabricants

Robert William Paul
Londres, 68 High Holborn

Georges Méliès
Paris, 14 passage de l'Opéra

Lucien Korsten
Paris, 14 passage de l'Opéra

Lucien Reulos
Paris, 4 et 4 bis Cité Rougemont

Utilisateurs

Paul Robert William
Londres, 44 Hatton Garden

Méliès Georges
Paris

Distributeurs

Informations non disponibles

Sujet du modèle

Informations non disponibles

Objectif

Anastigmat Zeiss f : 63, F. 54. E. Krauss, Paris le diaphragme est inaccessible pendant la prise de vues

Taille de l'objet

Ouvert :
Informations non disponibles

Fermé :
Longueur : 36 cm
Largeur : 24.5 cm
Hauteur : 38 cm

Diamètre :
Informations non disponibles

Taille de la boîte de transport

Informations non disponibles

Remarques

Cet appareil est en fait un projecteur Robert William Paul transformé en caméra par Georges Méliès. Il s'agit de la première caméra de Méliès. R. W. Paul organise sa première projection publique en Angleterre le 20 février 1896. L'appareil se nomme Theatrograph (English Mechanic, 21 février 1896). Il ne possède qu'une seule croix de Malte. Ce modèle n'est pas breveté - aucun exemplaire ne subsiste. Le second "Theatrograph projector" est breveté le 2 mars 1896. On le nomme "Theatrograph n° 2, mark 1". C'est celui que va acquérir Méliès. Paul en a fabriqué vingt. L'appareil est photographié dans The Strand Magazine d'août 1896. Dans les collections de la Cinémathèque se trouve aussi un bel exemplaire sur pied en fonte avec une grande roue d'entraînement (AP-95- 1748) ; cet exemplaire vient du magicien Carl Hertz qui l'a acheté à Paul. La date de cet achat se situe avant le 28 mars 1896 (lorsque Hertz prend un bateau avec l'appareil pour l'Afrique du Sud). Cela indique que Paul, rapidement, a été en mesure de fournir sa clientèle. Le "Theatograph n° 2, mark 1" a été probablement commercialisé entre le 2 mars 1896 et le 30 novembre 1896 (date du dépôt de la "complete specification" du brevet Paul, qui décrit le "Theatrograph° 2, mark 2", avec deux autres débiteurs en plus). Méliès a pu se servir du projecteur Paul pour ses premières projections au théâtre Robert Houdin (5 avril 1896). Il l'a en tout cas rapidement transformé en caméra pour les premières prises de vues de ses films. Méliès possède encore sa caméra en 1937 , et il la décrit ainsi dans ses Mémoires (en parlant de lui à la troisième personne) : "(...) Nous allons revenir maintenant à la première caméra construite par Méliès. Cette machine, encore en sa possession, était un véritable monument, d'un poids énorme, et d'un transport fort malaisé. Une boîte en chêne renfermait le mécanisme, monté lui-même sur une lourde plate-forme en fonte. Le pied de l'appareil était large, encombrant et lourd ; un gros volant de fonte, fixé sur l'un des pieds du trépied, augmentait encore le poids. Par l'intermédiaire d'une courroie de cuir, il servait à communiquer le mouvement à une poulie placée sur le côté de la boîte, qui mettait en mouvement le mécanisme intérieur. Ce volant de fonte, de 0,50 m de diamètre, grâce à la petite dimension de la poulie faisait obtenir une multiplication semblable à celle des bicyclettes, et produisait une vitesse de 16 à 18 images à la seconde. (...) Méliès fut assez satisfait des résultats obtenus par cette première caméra, mais celle-ci outre son poids énorme, avait aussi l'inconvénient de faire un tel vacarme que le constructeur l'appelait lui-même plaisamment son Moulin à café ou sa Mitrailleuse". Méliès raconte ensuite qu'il a réalisé avec cet appareil quelques films à Trouville et au Havre. "L'appareil n'étant muni d'aucun viseur, il fallait mettre au point comme en photographie, sur un fragment de pellicule dépolie et le cadrage, toujours comme dans la photographie ordinaire, exigeait un voile noir pour l'opérateur, afin de n'être pas gêné par le jour".

La marque originale de Paul ("R.W. Paul, Hatton Garden, London"), qui se trouvait sur le bâti en fonte, a été grattée et effacée.

Le pied de la caméra et son volant en fonte étaient probablement ceux du Theatrograph de Paul, équipé lui aussi d'un pied et d'un volant de ce genre. Voir un autre modèle du Theatrograph n° 2 Mark 1 modifié par Paul : AP-95- 1654.

Etiquettes en papier trouvées sous la caméra lors du démontage : "Agency, Raoul Pitau & Cie, Editeur Impresario" & "Fabrique de Coton Azotique Champion-Tourneau à Lagny".

Bibliographie

"J'ai donné à la Cinémathèque française le 1er appareil construit par Méliès en toute propriété (...) Orly, 9 juillet 1939, Ve G. Méliès" (archives CF). L. Mannoni, "Méliès contrefacteur ?", 1895, n° 22, juillet 1997, p. 17-32.