Catalogue des appareils cinématographiques de la Cinémathèque française et du CNC

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Caméra film 35 mm

N° Inventaire : AP-95-1781

Collection : La Cinémathèque française

Catégorie d'appareil : Prise de vues cinématographiques

Nom du modèle : Caméra type professionnel ; caméra Pathé professionnelle

Numéro de fabrication : n° 137

Lieu de fabrication : Paris, France

Année de fabrication : À partir de 1908

Fiche détaillée

Type de l'appareil

boîtier en bois gaîné de cuir noir ; entraînement du film 35 mm par deux griffes ; came triangulaire ; disque à rampe ; un débiteur denté ; obturateur réglable à deux pales ; deux magasins 120 mètres détachables supérieurs débiteur et récepteur ; manivelle ; niveau à bulle ; compteur métrique

Auteurs

Duval
Paris

Fabricants

Pierre Victor Continsouza
Paris, 9 rue des Envierges

Etablissements Pierre Victor Continsouza
Paris, 9 rue des Envierges

Utilisateurs

Duval
Paris

Distributeurs

Compagnie générale de phonographes, cinématographes et appareils de précision
Paris, 98 rue de Richelieu

Sujet du modèle

Informations non disponibles

Objectif

absent (4 cm Ø)

Taille de l'objet

Ouvert :
Informations non disponibles

Fermé :
Longueur : 30 cm
Largeur : 20.5 cm
Hauteur : 50 cm

Diamètre :
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Taille de la boîte de transport

Informations non disponibles

Remarques

Plaque métallique : "Cinématographes Pathé Frères. 14 rue Favart. Paris". L'une des caméras les plus utilisées en Europe et aux Etats-Unis à partir de 1908 et jusqu'aux années 1920.

"Appareil de prise de vues professionnel. Pathé frères. Construction en bois gainé, avec planchette avant mobile, de façon à permettre de vérifier le mécanisme et de régler l'obturateur. Couloir extensible (breveté S.G.D.G.) permettant à toutes les sortes de pellicules de passer régulièrement devant la fenêtre, d'où fixité absolue à la projection. (...) Fondu automatique (breveté S.G.D.G.) permettant de faire disparaître ou apparaître automatiquement les vues en "fondu", sans connaissances spéciales. Prix : 1300 francs" (E. Coustet, Traité pratique de cinématographie, Paris, 1913).

"Le mouvement intermittent de la pellicule est produit par un cadre porte-griffes animé d'un mouvement rectiligne alternatif de haut en bas. Les griffes, entraînées par ce cadre et guidées, dans leur mouvement de pénétration et de retrait, par une rampe de forme spéciale pénétrant dans les perforations du film et les entraînant dans leur mouvement de descente, les abandonnant à l'extrémité de leur course pour remonter ensuite sans toucher à la pellicule. Sur la platine, faite de bronze, qui supporte ce mécanisme, est ménagée, vis-à-vis de l'objectif, une fenêtre rectangulaire dont les dimensions déterminent celles de l'image négative. Au-dessous de cette fenêtre, deux fentes verticales permettent le passage des griffes d'entraînement. Un système perforateur, destiné à séparer les différentes prises de vues sur une même bande, est placé au centre du couloir, sous les fentes de passage des griffes. Couloir extensible : deux réglettes verticales extensibles en acier, placées de part et d'autre de la fenêtre, forment une sorte de couloir tapissé de velours, pour éviter le contact de la pellicule contre la platine. Grâce à l'extensibilité de ce couloir, le film descend toujours d'une façon régulière malgré les légères différences de largeur existant entre les diverses sortes de pellicules. Le film passant ainsi sans effort devant la fenêtre, aucune sinuosité n'est à craindre, d'où il résulte par la suite une fixité absolue à la projection. Débiteur : afin d'éviter les efforts d'une traction intermittente sur un grand poids de pellicules (le magasin pouvant contenir 120 mètres), le film est débité d'une façon régulière par un cylindre denté placé à la partie supérieure du couloir. Ce cylindre permet, en outre, d'obtenir une parfaite régularité dans le réenroulage. Il agit de même lorsque l'appareil doit fonctionner à l'envers, la boîte débitrice devenant alors réceptrice. Mise au point : la mise au point se fait avec la plus grande facilité, il suffit, après avoir remplacé le cadre-presseur de la fenêtre par un verre dépoli, de viser par l'oeilleton de la porte de l'appareil en tournant l'aiguille située à gauche de cet oeilleton jusqu'à parfaite netteté sur le verre dépoli. Obturateur : l'obturateur, qui doit démasquer l'objectif pendant les périodes d'immobilité de la pellicule, est constitué par une plaque métallique, affectant la forme d'une demi-circonférence. Il est placé directement derrière l'objectif, près de la surface sensible et donne ainsi le maximum de rendement au point de vue photographique. Une deuxième plaque métallique, semblable à la première, vient pivoter sur celle-ci et diminuer la dimension de l'ouverture, réglant de ce fait l'admission de la lumière. L'obturateur est animé d'un mouvement de rotation continu, par l'intermédiaire de pignons réglés de telle sorte qu'il fasse une révolution complète pendant le mouvement d'aller et retour du cadre porte-griffes. Viseur : un viseur mobile est ménagé sur le côté gauche de l'appareil permettant de suivre facilement le déplacement du sujet à cinématographier" (Catalogue Compagnie générale des Etablissements Pathé Frères, phonographe et cinématographe, Paris, 1913, pp. 67-69).

"La commande se fait par une manivelle que l'on doit tourner à la vitesse de 120 tours par minute dans le sens des aiguilles d'une montre. L'entraînement se fait par un dispositif à griffes d'une extrême précision et fournit des images parfaitement cadrées. Une combinaison brevetée de couloirs extensibles permet de passer les films de largeurs différentes ou irrégulières et empêche tout déplacement latéral. Un seul tambour débiteur sert pour le déroulement et le réenroulement du film. Un système d'engrenage commande un compteur dont l'aiguille indique, d'une manière très précise, le nombre de mètres de pellicule impressionnés. Prise de vues image par image : nous fournissons avec l'appareil une seconde manivelle et un axe en cuivre. Engager l'axe dans le trou placé à gauche de la manivelle et tourner, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Chaque tour de manivelle correspond à une image. L'appareil est livré avec un objectif Tessar-Krauss, foyer 50 mm, ouverture 1:3,5. Nous livrons sur demande des objectifs supplémentaires (foyer 35 mm, 75 mm, 120 mm, 135 mm, 150 mm) avec leur monture spéciale. Le remplacement sur un appareil, d'un objectif par un autre, s'effectue dans un temps très court. Repères sur le film : relever la poinçonneuse, lui faire effectuer un quart de tour de gauche à droite et la ramener à sa position première. Caches : la fente pour le passage des caches est ménagée dans la glissière de fixation du viseur. Un niveau d'eau à deux directions perpendiculaires, permet de placer l'appareil dans une position parfaitement horizontale. [...] Mise au point. L'appareil étant chargé, ouvrir la porte de film, déplacer la pellicule et la rouler à la partie supérieure au-dessus de la porte. Fermer la porte de film. Enlever le châssis presseur en acier et le remplacer par le châssis à verre dépoli. Fermer l'appareil ; ouvrir le couvercle de l'oeilleton de visée, mettre au point au moyen de la manette. La mise au point une fois faite, remplacer le verre dépoli par le cadre presseur ; ouvrir la porte de film ; replacer la pellicule dans sa position première. Fermer l'appareil ainsi que l'oeilleton de visée. Mettre le diaphragme à l'ouverture voulue à l'aide de la manette. Fondu autmatique par obturateur : le fondu automatique par obturateur a l'avantage sur le fondu par diaphragme, de ne pas faire varier la profondeur du champ de l'objectif. Les organes de manoeuvre comprennent : 1° Une aiguille d'embrayage qui détermine soit la marche du dispositif dans le sens de l'ouverture, soit dans le sens de fermeture, ou conserve à l'obturateur une ouverture donnée, constante. 2° Une aiguille indicatrice "K" qui indique à chaque instant l'ouverture de l'obturateur. 3° Un bouton de réarmement du système de freinage, place sur la partie supérieure de l'appareil. [...] L'obturateur se règle automatiquement et permet de donner aux images le temps de pose voulu" (Matériel cinématographique "Pathé", Etablissements Continsouza, Appareil prise de Vues, professionnel, Type X "Pathé", Paris, s.d.).

"Duval, un nom qui revient souvent dans les histoires du cinéma. [...] Tous le citent comme ayant été un proche collaborateur de Charles Pathé, à l'initiative des améliorations apportées au projecteur Pathé-Lumière transformé. Malheureusement, nous possédons très peu d'informations à son sujet. [...] Grâce au dossier traitant de la plainte de Pathé [contre Ernest Zollinger, Charles Lépine et Eugène Planchat, avril 1906, pour tentative de divulgation de secret de fabrication], nous avons la confirmation que les caméras des ateliers Pathé étaient bien des caméras "Duval" et qu'elles offraient des particularités techniques intéressantes. Charles Dupuis : "Nous avons deux appareils distincts pour les prises de vues, l'un, l'appareil Duval, qui sert à nos éditions et que, sous aucun prétexte, nous ne vendons ni ne communiquons : c'est notre appareil d'atelier qui ne sert qu'à nous". [...] Hugues Laurent à la Commission de recherches historiques de la Cinémathèque française : "En 1905, l'appareil de prise de vues subit des transformations. M. Duval, mécanicien de la maison Pathé, trouve le moyen d'adapter à l'extérieur et au-dessus de celui-ci une boîte de deux magasins carrés, que l'on couvre d'une gaine de tissu noir. L'un contient la pellicule vierge, l'autre est vide pour recevoir la pellicule impressionnée. Elle se déroule et s'enroule, fixée sur un noyau central, après avoir été impressionnée en passant devant l'objectif qui est fixé sur la boîte. Cet appareil, muni de compte-tours et de compte-images, apporte à ceux qui travaillent au trucage une aide précieuse". Duval serait donc l'inventeur de la fameuse caméra Pathé Professionnelle type X, commercialisée à partir de 1910. "L'aide précieuse" dont il est question ici, est la possibilité de réaliser une marche arrière. D'un simple et unique geste, la courroie d'enroulement du magasin débiteur est déplacée sur le magasin récepteur. Surimpressions et prises de vues inversées (où le magasin débiteur devient le magasin récepteur) sont effectuées avec un minimum de manipulations, grâce au seul "noyau central" denté. Cette caméra fonctionne bien avec le dispositif de défilement Lumière. A partir de quel appareil original cette caméra a-t-elle été élaborée ? Celle apportée par Lépine, comme il l'indique dans les interrogatoires et qu'on retrouve dans l'inventaire de février 1899, mais sans aucune précision sur le modèle ? L'existence de cette caméra dans les studios Pathé bien avant sa commercialisation est confirmée par plusieurs ouvrages contemporains. Emile Kress, en 1912, mentionne les deux modèles de caméra Pathé : "Il y a deux modèles Pathé prise de vues, l'un fut destiné à l'amateur, l'autre connu sous le nom de "l'Industriel Pathé" ne fut longtemps utilisé que par la maison elle-même. L'appareil amateur a encore ses boîtes magasins intérieurement disposées. L'Industriel affecte au contraire le dispositif anglais". Dans Le Cinématographe scientifique et industriel (1911), Jacques Ducom évoque ainsi la caméra Professionnelle type X : "La société Pathé vient de mettre en vente un appareil qu'elle n'employait que pour ses prises de vues personnelles". [...] Cette caméra a-t-elle été réellement conçue au cours de l'année 1905, à peu près au moment où le partenaire de Duval, Ferrand, invente une perforeuse plus performante ?" (Camille Blot-Wellens et Anne Gourdet-Marès, "Hypothèses sur l'utilisation d'une perforation unique dans les ateliers Pathé (1906-1909)", in Réjane Hamus-Valléen Jacques Malthête, Stéphanie Salmon (dir.), Les mille et un visages de Segundo de Chomon, Paris, Fondation Jérôme Seydoux - Pathé, Presses universitaires du Septentrion, 2019, p. 133-151).

Bibliographie

Compagnie générale de phonographes, cinématographes et appareils de précision, La plus importante manufacture du monde, anciens établissements Pathé frères, Appareils & accessoires, catalogue confidentiel, 1911, Paris, 1911.

Compagnie générale des Etablissements Pathé Frères, phonographe et cinématographe, Paris, 1913, pp. 67-69.

E. Coustet, Traité pratique de cinématographie, Paris, 1913.

Pathé Frères Cinema Ltd, Largest Manufacturers of Moving Pictures and Cinematographs, Machines and Accessories Catalogue, London, s.d. [1914].

Matériel cinématographique "Pathé", Etablissements Continsouza, Appareil prise de Vues, professionnel, Type X "Pathé", Paris, s.d.