Catalogue des appareils cinématographiques de la Cinémathèque française et du CNC

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Caméra film 35 mm

N° Inventaire : AP-15-3041(1/3)

Collection : La Cinémathèque française

Catégorie d'appareil : Prise de vues cinématographiques

Nom du modèle : Technicolor Camera Model D

Numéro de fabrication : DF 26

Lieu de fabrication : Hollywood, Los Angeles, California, Etats-Unis

Année de fabrication : 1932

Brevet : Technicolor Motion Picture Corporation, brevet français n° 718 470, déposé le 10 juin 1931, délivré le 4 novembre 1931, "Perf... +

Fiche détaillée

Type de l'appareil

entraînement de trois films 35 mm par griffes et contre-griffes ; trois débiteurs dentés ; magasin débiteur et récepteur pour trois rangées de film ; bloc de deux prismes à 90° accolés, une partie des rayons traversent le bloc, l'autre partie est réfléchie suivant un angle droit, la première partie du faisceau vient impressionner un jeu de deux films superposés (bipack), des filtres appropriés sélectionnent deux couleurs primaires dont l'une affecte le film antérieur, l'autre le film postérieur, tandis que la deuxième partie du faisceau est impressionnée par la troisième couleur primaire ; compteur ; viseur intérieur ; viseur extérieur avec objectif et compendium ; moteur électrique ; trépied

Auteurs

Technicolor Motion Picture Corporation
Boston, Massachusets

Kalmus Herbert T.
Boston, Massachusets

Ball Joseph Arthur
Boston

Fabricants

Mitchell Camera Corporation
Hollywood, California

Utilisateurs

Technicolor Motion Picture Corporation
Boston, Massachusets

Kalmus Herbert T.
Boston, Massachusets

Ball Joseph Arthur
Boston

Distributeurs

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Sujet du modèle

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Objectif

Anastigmat for Technicolor n° 320247 40 mm Cooke f/2 Viseur : Anastigmat lens n° 204 355 3 inch f. 2.5 Cooke

Taille de l'objet

Ouvert :
Longueur : 102 cm
Largeur : 102 cm
Hauteur : 192 cm

Fermé :
Longueur : 80 cm
Largeur : 41 cm
Hauteur : 64 cm

Diamètre :
Informations non disponibles

Taille de la boîte de transport

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Remarques

Marques : "DF 26 ; D-26" ; "Technicolor Motion Picture Corp. Hollywood, Calif. DF-26" ; "US Patents 2 000 058, 2 027 411, 2 044 810, 2 059 199, 2 059 426, 2 072 091, 2 075 909, 2 107 623, 2 182 142, 2 211 763, 2 219 314, 2 229 157, 2 589 930". Sur le magasin : "Technicolor Motion Picture Corporation. 62. US Patents 1 863 066, 2 072 091, 2 152 369". A l'intérieur : "Made in USA 28 R". Sur le moteur : "RA - 1114 Multiduty. R.P.M. 1800. A.C.V. 230. Phase 3. Freq. 60. Ser. n° 27. D.C.V. 96. H.P. 1/3. Westrex Corporation by W.R. Turner & Co. Los Angeles California".

28 caméras Technicolor Model D auraient été fabriquées, numérotées D1-D12, D-14-D29 (la D13 n'a pas été fabriquée). 7 autres ont été faites après. 11 caméras ont été plus tard modifiées pour le Technirama et la Vistavision. En 1953, fin du système trifilm.

"Behind the lens of the camera is a square block of glass, made from two prisms. The inner faces of these prisms are glod-sputtered, to make a partially reflecting mirror. One-third of the light passes through this mirror, then through a green filter, to record on a strip of panchromatic film the green-component image. The remaining two-thirds of the light are reflected to the right-hand side of the camera, where after passing through a magenta filter which excludes the green components, they expose a pair of bipack films, producing the red and blue negatives. Printing subtractively by the Imbibition method, each of the matrices made from the three separation negatives is printed with a dye of a color complementary to that recorded in its particular negative. Thus, the red-record negative is printed with cyan blue-green ; the blue negative prints with yellow, and the green, with magenta. This seems, at first sight, contradictory, but it is very logical if you look more slosely into the working of the process. Consider the image of a red object. In the red-filtered, red record negative, the image of this red object is very dense. When the matrix is printed, the image of this portion is not affected by the printing-light, and so is represented by a depression in the relief-image. If we simply applied a red dye to this matrix, our red area wouldn't print at all, while the other parts of the picture, which were of different colors, would be printed in red. Instead, we use a dye of a color complementary to red with this matrix. Thus the adjoining areas which contain no red, but may contain some blue-green, are printed in that color, while our red object remains unprinted. Since this object did not register on the blue and green negatives, the other two matrices will show it as a high spot. Printing from them, first with magenta (which transmits red and blue) and next with yellow (which in projection filters out the blue), the image of that particular area on the screen will be red - which was what we wanted all along" (Howard C. Brown, "Movies in Color : From an idea to Technicolor", International Photographer, juillet 1936, p. 26).

"Les procédés jusqu'alors utilisés par Technicolor étaient bichromes, c'est à dire qu'ils n'enregistraient que le rouge et le vert, qu'ils ne pouvaient par conséquent rendre exactement que ces teintes et la couleur jaune supplémentaire. L'enregistrement trichrome posait un problème fort complexe qui a été finalement résolu. La caméra de prise de vues enregistre trois films élémentaires sur lesquels l'objectif projette l'image respectivement à travers trois filtres colorés : la difficulté consistait à obtenir trois enregistrements à l'aide d'un seul objectif, condition essentielle pour éliminer tout phénomène de parallaxe. [...] Derrière l'objectif se trouve un ensemble de deux prismes à 90° accolés par leurs grandes bases ; sur ces bases a été préalablement projetée une fine couche d'or divisé : cette couche semi-transparente se laisse traverser directement par une partie des rayons lumineux, tandis qu'elle en réfléchit une autre partie en jouant le rôle de miroir à 45°. Les rayons issus de l'objectif et traversant la couche d'or divisé poursuivent leur trajet rectiligne jusqu'à la fenêtre et impressionnent le film panchromatique, après avoir traversé un écran vert qui ne laisse donc passer que les rayons verts : le film enregistrera donc les images élémentaires correspondantes. Des rayons issus de l'objectif, une partie réfléchie à angle droit par le miroir en or divisé vient former une autre image sur une seconde fenêtre disposée derrière un filtre de couleur violette et laissant donc passer les rayons rouges et bleus. Or derrière la fenêtre passent deux films accolés de telle sorte que leurs émulsions se touchent : le premier film possède une émulsion sensible uniquement au bleu et colorée dans sa masse de façon à absorber ces rayons bleus et à ne laisser arriver sur l'émulsion panchromatique du film que les rayons rouges. Nous avons donc enregistré par ce moyen trois films sur lesquels se trouvent les images élémentaires vertes, bleues et rouges ; des objectifs spéciaux permettent de conserver aux images rouges qui sont enregistrées à travers le film toute leur netteté, et les émulsions des trois films ont été choisies de façon à obtenir au développement des bandes négatives de densité équivalente ; par ailleurs ces films ont été choisis spécialement avec un très favorable retrait (1/8 à 1 %) de façon à ce que, après traitement, les images restent rigoureusement superposables. Des négatifs élémentaires, trois positifs sont tirés sur une émulsion spéciale de façon à obtenir des images en relief sur la couche de gélatine durcie : ces matrices, semblables à celles d'un cliché d'impression, vont servir à imprimer réellement la bande de projection en couleurs ; en effet les trois films positifs sont imprégnés d'encres de teinture spéciales et les trois teintures sont reportés par imbibition sur un film vierge qui, après avoir reçu les trois transferts colorés, est prêt à être projeté. Les teintures de transfert sont évidemment des couleurs complémentaires jaune, réséda et violet, et des machines spéciales ont été mises au point pour assurer la concordance absolue des trois transferts, ainsi que le temps d'imbibition qui est de plusieurs minutes. [...] Le procédé trichrome Technicolor tient autant de la photographie que de l'impression ; et quand on songe aux difficultés rencontrées, on ne peut que féliciter les ingénieurs américains du travail de mise au point qu'ils ont parfaitement mené à bien : aucune bavure, aucune frange, aucun décalage ne se révèle au cours de la projection du premier film Becky Sharp." (Jean Vivié, "Le procédé Technicolor trichrome est présenté en France dans le film Becky Sharp", La Gazette cinématographique, n° 9, octobre 1935, p. 133-134).

"C'est en 1915 qu'une firme d'ingénieurs de Boston (USA) constitua la société Technicolor Motion Pictures Corporation. Les associés de cette firme étaient : le Dr Herbert Kalmus, Daniel Frost Comstock et W. Burton Westcott. Ils avaient le concours du technicien E.J. Wall et travaillèrent d'abord sur les brevets de Westcott et Comstock relatifs à un procédé additif à deux couleurs. Leur première production fut The Gulf between, ce ne fut pas un succès commercial. [...] Un avocat américain très connu, William Travers Jerome, prit part au financement. La société abandonna la méthode additive et essaya, toujours en deux couleurs, d'employer un procédé de développement par tannage et par teinture des reliefs. Les deux films portant chacun l'image d'une couleur étaient collés dos à dos. Un brevet antérieur de A.R. Lawoshe, pris en 1916, leur servit de base. C'est par ce procédé que fut réalisé en 1926 The Black Pirate, dont Douglas Fairbanks était la vedette. Le film fit sensation. Toutefois le gondolement du double film à la chaleur du projecteur rendait impraticable cette méthode. En 1928, Technicolor substitua un procédé de teinture par imbibition à celle par reliefs. C'est ainsi qu'en 1930 furent produits The Gold Diggers of Broadway, The Mystery of the Wax Museum, etc. Bien que la couleur en fut réellement belle, les spectateurs se plaignaient du flou et de la fatigue visuelle. En 1932, Technicolor avaient perfectionné sa méthode en vue d'obtenir des films en trois couleurs. La caméra spéciale brevetée par la société est du type semi-dialyte, dans lequel un objectif unique donne un faisceau lumineux divisé en deux. Ce faisceau rencontre un bloc de prismes, une partie des rayons traversaient le bloc, et l'autre partie étant réfléchie suivant un angle droit. La première partie du faisceau vient impressionner un jeu de deux films superposés (bipack) ; des filtres appropriés sélectionnant deux couleurs primaires dont l'une affecte le film antérieur, l'autre le film postérieur, tandis que la deuxième partie du faisceau est impressionnée par la troisième couleur primaire. Les films Silly Symphonies et Flowers in Spring ainsi obtenus en 1933 eurent un très grand succès. A ce moment, le financier américain John Hay Whitney s'intéressa à l'affaire. Sous ses auspices, fut formée la Pioneer Films. Cette firme sortit en 1933 La Cucaracha puis The House of Rotschild et Becky Sharp. En même temps, se formait à Londres une société au capital de 320 000 livres sous le nom de Technicolor Ltd, dans laquelle entraient The American Technicolor Motion Picture Corporation, London Films Productions Ltd, Geward Industries Ltd, etc. [...]" ("Les procédés Technicolor", Technique ciné, n° 81, septembre 1937, p. 1001).

"Technicolor utilise une caméra spéciale et brevetée. Cet appareil est à objectif unique. Le faisceau lumineux tombe sur un bloc composé de deux prismes accolés dont une des faces est recouverte d'une couche d'or assez transparente pour en laisser passer une partie qui va impressionner un double film (bipack) et assez opaque pour en réfléchir l'autre partie qui va, avec un angle de 90°, impressionner un autre film. La partie du faisceau qui a traversé le bloc de prismes rencontre un autre filtre de couleur magenta, infranchissable par les rayons verts. Le premier des deux films du bipack enregistre le bleu. Il est séparé du deuxième par un filtre rouge. Seuls les rayons de cette couleur impressionnent donc l'émulsion, qui est panchromatique, du film postérieur. Quant à la partie réfléchiee du faisceau lumineux, elle rencontre un filtre vert et cette couleur seule va impressionner l'émulsion panchromatique du troisième film isolé. Ainsi est obtenu un jeu de trois négatifs correspondants chacun à une couleur primaire" ("La Technique des procédés Technicolor", Technique ciné, n° 82, octobre 1937, p. 1021).


Bibliographie

J.A. Ball, "The Technicolor Process of Three Color Cinematography", Academy Technicians Branch, Technical Bulletin, Hollywood, 31 mai 1935. Jean Vivié, "Le procédé Technicolor trichrome est présenté en France dans le film Becky Sharp", La Gazette cinématographique, n° 9, octobre 1935, p. 133-134. Howard C. Brown, "Movies in Color : From an idea to Technicolor", International Photographer, juillet 1936, p. 6-7 et 26. Walter R. Greene, "30 Years of Technicolor", American Cinematographer, p. 392-411. Herbert T. Kalmus, Mr. Technicolor, Absecon, N.J., MagicImage Filmbooks, 1993. Fred E. Basten, Glorious Technicolor, The Movies' Magic Rainbow, Camarillo CA, Technicolor, 2005. James Layton, David Pierce, Paolo Cherci Usai, Catherine A. Surowiec ed., The Dawn of Technicolor 1915-1935, Rochester, New York, George Eastman House, 2015.