Gribiche

Jacques Feyder
France / 1925 / 2:10:44
Avec Jean Forest, Françoise Rosay, Cécile Guyon.

Une riche Américaine, Edith Maranet, est touchée par l'honnêteté du jeune Gribiche, orphelin de père et fils d'ouvrière, qui vient lui restituer son portefeuille égaré. Elle propose alors de l'adopter pour lui assurer l'éducation qu'il mérite. À la douloureuse surprise de sa mère, Gribiche accepte et s'installe dans la luxueuse demeure de sa bienfaitrice. Mais il se lasse bientôt de cette vie bourgeoise.

Gribiche a été restauré – et mis en musique par Rami et Bachar Khalifé – grâce au soutien du Fonds culturel franco-américain. En 1987, le film avait fait l'objet d'une reconstruction à partir d'un négatif nitrate. La Cinémathèque française avait alors établi une copie noir et blanc dans laquelle les intertitres originaux avaient été réintroduits. Or une analyse approfondie avait ensuite permis de conclure que ce négatif correspondait en fait à la seconde version du film, la première étant heureusement conservée grâce à deux copies nitrate d'époque. En 2008, la Cinémathèque française a donc décidé de restaurer la première version, en repartant de ces copies nitrate, et de restituer les teintes de la première distribution.


Après des succès (L'Atlantide, Crainquebille) et des déconvenues (Visages d'enfants, L'Image), Jacques Feyder s'associe en 1925 au producteur Alexandre Kamenka, directeur de la société de production Les Films Albatros, et réalise Gribiche, adapté d'une nouvelle écrite pour le cinéma par Frédéric Boutet. Il bénéficie des divers talents de l'équipe du studio. Certaines scènes extérieures saisies par les deux opérateurs dégagent une réelle authenticité, l'exigence atteignant parfois la performance lors des scènes nocturnes tournées sans éclairage artificiel, à la lumière des réverbères, notamment celle du bal du 14 juillet. Les scènes intérieures sont tournées au studio Albatros de Montreuil, dans les décors conçus par Lazare Meerson. Les références culturelles, soigneusement sélectionnées et distillées, participent fortement à l'inscription du film dans la réalité et l'actualité de 1925. Dans la maison Art déco de madame Maranet, les pièces d'ameublement sont empruntées à Sue et Mare, l'argenterie et les cristaux sont signés Puyforcat, la grandiose salle de bain est une fabrication de la maison Cazenave. C'est la troisième collaboration entre Feyder et le jeune Jean Forest, qui joue Gribiche, tandis que Françoise Rosay, comédienne de théâtre et épouse du cinéaste, jusqu'alors peu sollicitée au cinéma en raison de son physique soi-disant « peu photogénique », se voit confier le rôle d'Edith Maranet. Elle tient pour la première fois un rôle important à l'écran et débute une longue série d'interprétations auprès de son mari. Le film, plutôt bien accueilli par la presse, rencontre lors de sa sortie en salle en mars 1926, un chaleureux succès public.

Samantha Leroy

Plus de détails sur « Gribiche » sur le Catalogue des restaurations et tirages de la Cinémathèque française