Catalogue des appareils cinématographiques de la Cinémathèque française et du CNC

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Vues à perspective

N° Inventaire : CNC-AP-15-1252(1/6)

Collection : Centre national du cinéma et de l'image animée

Catégorie d'appareil : Visionnement

Nom du modèle : Vues Engelbrecht à perspective

Numéro de fabrication : [n° 156 - 161]

Lieu de fabrication : Augsbourg, Allemagne

Année de fabrication : 1750

Fiche détaillée

Type de l'appareil

six gravures rehaussées de couleurs, finement découpées et montées sur cadre bois, à disposer verticalement les unes après les autres, dans un ordre indiqué, à l'intérieur de la boîte d'optique CNC AP-11-1119, de façon à être observées à travers une lentille amplificatrice et un miroir incliné, et ainsi créer une forte illusion de perspective, voire de relief

Auteurs

Engelbrecht Martin
Augsbourg

Fabricants

Martin Engelbrecht
Augsbourg

Utilisateurs

Engelbrecht Martin
Augsbourg

Distributeurs

Informations non disponibles

Sujet du modèle

Eine Redoute oder Masquierter Ball [Bal masqué]

Objectif

Informations non disponibles

Taille de l'objet

Ouvert :
Informations non disponibles

Fermé :
Largeur : 21.3 cm
Hauteur : 17.8 cm

Diamètre :
Informations non disponibles

Taille de la boîte de transport

Informations non disponibles

Remarques

Marque : "I. Wachsmuht inv. et del. C. Priv. S. Caes. Maj. [Cum Privilegio Sacri Caesaris Majestatis - avec le privilège du Roi] Mart. Engelbrecht excud. A. V."

Cette série de vues finement découpées et rehaussées de couleurs accompagne la boîte d'optique CNC AP-11-1119 et a été trouvée dans sa boîte de transport originale (CNC AP-11-1120).

"Martin Engelbrecht (1684-1756), a native of Augsburg was the son of a colour merchant. He began his career as an artist by the attachment to a local publishing house but had by 1708 moved to Berlin where he was engaged in the designs after Eosander von Goethe of a the Silberbüfett im Ritterall at Berlin and of a porcelain cabinet in Charlotttenberg. Returning to Augsburg he was involved in illustrating a wide variety of works after various artist mainly on subjects connected with the decorative arts. However in 1711 Engelbrecht was again in Berlin working at a fine art publishers with his older brother Christian Engelbrecht (1672-1735). They decided to start their own independent publishing house at Augsburg in 1719 where they produce a wide variety of graphic works. It was with peepshows Martin Engelbrecht excelled having the unique position of no other publishing house or place of publication to compete against him. Engelbrecht was kept busy with the many other special graphics and employed two artists, Jeremias Wachsmuth (1711-1771) and Johann David Nessenthaler (1717-1766), to produce designs for the peepshows. Wachsmuth’s work can be found as early as 1731, and those by Nessenthaler starting from 1737. With Martin Engelbrecht's death in 1756, the business continued to thrive under the management of Engelbrecht's daughters and sons-in-law, and continued on well into the nineteenth century" (Marlborough Rare Books Catalog, List XLV, 2009. pp. 33-34).

"Toutes les séries de perspective connues sont nées au XVIIIe siècle dans la maison d'édition de Martin Engelbrecht à Augsbourg et furent protégées de la contrefaçon par un privilège impérial accordé à la maison en 1719, renouvelé en 1729 et 1739. A côté de nombreux autres éditeurs d'art d'Augsbourg, Martin Engelbrecht avait l'une des maisons les plus grandes et les plus renommées. En ce temps là, Augsbourg était la ville la plus importante d'Allemagne pour les arts graphiques. Martin Engelbrecht naquit en 1684, fils d'un marchand de couleurs. En 1711, après un séjour à Berlin, il entra dans la maison d'édition d'art de son frère aîné Christian Engelbrecht (1672-1735). En 1719, il se rendit indépendant et les années suivantes et développa sa propre maison. Son catalogue présente bien plus de 4000 pièces. Toutes les gravures portent le nom de la maison d'édition Martin (ou M.) Engebrecht A. V. (abréviation de Auguste Vindelicorum, nom latin d'Augsbourg). Il éditait toutes les sortes de représentations artistiques sur papier pour lesquelles il y avait un marché à cette époque : séries de vues, illustrations de livres, gravures ornementales, séries allégoriques (par exemple les saisons, les mois), portraits, dessins de jardins, représentations bibliques et religieuses, images de saints, images de pélerinages, uniformes, batailles, costumes, grotesques, et avant tout aussi des feuilles à découpage. Une spécialité particulière et remarquable de sa maison d'édition étaient les perspectives, que l'on ne pouvait trouver chez aucun autre éditeur. Un grand nombre de ces séries furent réalisées. Alors que le catalogue établi par Schott en 1924 ne présente que 15 de ces séries théâtrales, l'auteur de cet article connaît plus de deux cents séries différentes en trois formats. Pour cette production, Engelbrecht employait deux artistes qui effectuaient les esquisses et les dessins préparatoires et dont les noms sont mentionnés sur les feuilles : Jeremias Wachsmuth (1711-1771) et Johann David Nessenthaler (1717-1766). Les dates de la vie d'Engelbrecht et des deux artistes nommés ci-dessus permettent d'avoir des indications sur l'époque de production des séries. Les séries exécutées par Wachsmuth peuvent être datées au plus tôt de 1731, celles de Nessenthaler au plus tôt à partir de 1737. La mort de Martin Engelbrecht (17 janvier 1756) ne marque en aucun cas la fin des vues de perspectives. Les héritiers d'Engelbrecht (ses filles et ses gendres) maintinrent la maison jusque dans le XIXe siècle sous le nom conservé et connu. En revanche, la mort de Wachsmuth (177) et de Nessenthaler (1766) sont des dates après lesquelles d'autres séries ne purent être exécutées, ou sans indication d'autres artistes. Aussi faut-il limiter la période approximative de l'apparition des vues de perspectives entre les dates de 1737 et 1770. Les séries paraissaient en trois formats, définis par la division des feuilles de papier in-folio alors en usage. 1) L'in-quarto était le plus grand, il représentait un quart de la feuille in-folio (environ 15,6 x 20,8 cm). 2) L'in-octavo était un huitième de la feuille (environ 9,2 x 14,3 cm). 3) Le petit format, rare, in-douze (environ 7,3 x 9 cm). Plusieurs représentations d'une série étaient chaque fois imprimées sur une feuille que l'on partageait ensuite. Les contours intérieurs de l'image du proscenium et les représentations des perspectives étaient découpés avec des ciseaux ou un couteau fin. On ne trouve plus aujourd'hui que des exemplaires colorés, cela signifie qu'ils étaient peints avant la vente avec de fortes couleurs à l'eau. Le travail de la découpe et le coloriage étaient exclusivement réservés à des femmes ou des enfants, la plupart du temps à domicile. Pour pouvoir mieux les manier lors de l'introduction dans la boîte d'optique, les feuilles étaient chacunes renforcées avec du carton mince, collé au verso. Pour chaque série, on réalisait une feuille de titre. Elles ont été peu conservées. Dans les grandes séries in-quarto le titre commence toujours par le mot "présentation" (Praesentation). Par exemple, "Présentation d'une compagnie de joueurs et fumeurs", ou "Présentation d'une chasse à courre". Dans les séries de taille moyenne (in-8°), en revanche, le titre est introduit par les mots "Représentation perspectiviste", par exemple "Représentation perspectivisite d'un camp de pandours" ou "Représentation perspectiviste d'une cuisine bien aménagée". Pour le petit format, on ne connait pas de feuille de titre. Les perspectives Engelbrecht ont dû avoir à l'époque une certaine diffusion. Suivant la manie du théâtre qui régnait alors, ce qui relevait du divin, de la fatalité, tout comme la vie quotidienne ou la pédagogie, était ainsi introduit en petit format dans les maisons des couches sociales moyennes ou supérieures. Grâce à la boîte d'optique, l'observateur vivait l'illusion de la profondeur spaciale qui donnait aux scènes théâtrales une fascination supplémentaire. Au début du XIXe siècle, le principe du mode de représentation perspectiviste au moyen de plusieurs décors positionnés les uns derrières les autres sous une forme légèrement modifiée, est repris de nouveau dans les dioramas dépliants et perspectives dépliantes. On préservait également avant tout la profondeur tridimensionnelle, mais toutefois dans l'emploi d'une boîte d'optique" (Georg Füsslin, Werner Nekes, Wolfgang Seitz, Karl-Heinz W. Steckelings, Birgit Verwiebe, Der Guckkasten, Einblick-Durchblick-Ausblick, Stuttgart, Füsslin Verlag, 1995, pp. 48-54).

Bibliographie

Alberto Milano, Simonetta Vitali Angrisani, La camera del sortilegi, Milano, Electa, 1987. Georg Füsslin, Werner Nekes, Wolfgang Seitz, Karl-Heinz W. Steckelings, Birgit Verwiebe, Der Guckkasten, Einblick-Durchblick-Ausblick, Stuttgart, Füsslin Verlag, 1995.