Catalogue des appareils cinématographiques de la Cinémathèque française et du CNC

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Phénakistiscope (disque de)

N° Inventaire : AP-94-345

Collection : La Cinémathèque française

Catégorie d'appareil : Visionnement du mouvement

Nom du modèle : Stroboscope

Lieu de fabrication : Londres, Grande-Bretagne

Année de fabrication : 1922

Brevet : Simon Stampfer et Mathias Trentsensky, brevet autrichien du 7 mai 1833 : "Auf die Erfindung der stroboskopischen Scheiben"

Fiche détaillée

Type de l'appareil

disque en carton ; dix trous ronds obturateurs ; dessin en noir et blanc à l'encre sur une face

Auteurs

Stampfer Simon
Vienne

Fabricants

Will Day
Londres, 19 Lisle Street, Wardour Street

Utilisateurs

Stampfer Simon
Vienne

Distributeurs

Informations non disponibles

Sujet du modèle

Marteau mécanique actionné par deux roues dentées

Objectif

Informations non disponibles

Taille de l'objet

Ouvert :
Informations non disponibles

Fermé :
Informations non disponibles

Diamètre :
19.2 cm

Taille de la boîte de transport

Informations non disponibles

Remarques

Inscrit au dos : "Reproduction of the Stroboscope invented by professor Stampfner [sic] of Vienna, 1832. W. Day Collection".

Copie réalisée par Will Day vraisemblablement pour l'exposition de Londres au South Kensington Museum (1922).

Voir motif similaire : AP-94- 202.

L'Autrichien Simon Stampfer (1790-1864), professeur de mathématique à l'Institut polytechnique impérial et royal de Vienne, publie en juillet 1833 une brochure intitulée Die Stroboskopischen Scheiben, oder optischen Zauberscheiben, deren Theorie und wissenschaftliche Anwendung qui accompagne la deuxième édition de ses huit doubles disques stroboscopiques (texte qui sera repris en 1834 dans les Jahbücher des K.K. Polytechnischen Instituts in Wien, sous le titre "Ueber die optischen Täuschungs-Phänomene, welche durch die stroboskopischen Scheiben (optischen Zauberscheiben) hervorgebracht werden"). Il y fait référence au thaumatrope du Dr Paris, à P.M. Roget, à la lecture de Michael Faraday, mais pas à Joseph Plateau qui a conçu en même temps le même appareil : "Les essais de Faraday m'ont poussé à entreprendre des recherches semblables, à la suite desquelles sont nés mes disques magiques optiques. [...] En décembre 1832, j'ai commencé à répéter ces essais de Faraday, et j'ai pratiqué sur des disques de carton une ou plusieurs zones de trous dont le nombre était différent dans chacune de ces zones" (Jahbücher des K.K. Polytechnischen Instituts in Wien, p. 239-240). Stampfer observe donc, dans un premier temps, les mêmes phénomènes que ceux décrits par Faraday. Puis, comme Plateau à la même époque, il franchit un pas décisif en dessinant, entre chaque fente du disque, une figure : "Je modifiai bientôt mes essais, de telle sorte que je pratiquai au bord extrême du disque une série de trous à intervalles réguliers, puis je dessinai sur l'espace intérieur les rayons d'une roue, ou d'autres figures placées concentriquement par rapport au centre et à intervalles réguliers. Quelques répétitions de ces essais, avec quelques modifications, me convainquirent bientôt que le principe qui servait ici de base était capable d'être largement généralisé, et que les phénomènes connus jusqu'ici n'étaient qu'un élément d'une quantité innombrable de phénomènes en partie surprenants, car ce n'était pas seulement la multitude de juxtapositions et mouvements d'objets inanimés que l'on peut représenter ainsi, mais aussi les nombreuses actions et mouvements des hommes et des animaux fidèlement d'après nature. [...] La cause fondamentale de tous ces phénomènes d'illusion réside manifestement en ceci, que les impressions lumineuses ont dans notre oeil une petite durée de temps, que les plus récentes précisions fixent à environ 1/5e de seconde, et ne diffère que selon la différence des yeux et des objets. En conséquence de quoi nous croirons voir de façon ininterrompue un objet si notre oeil reçoit de lui seulement des impressions lumineuses momentanées de 1/5e en 1/5e de seconde. [...] Tout acte de voir persiste même lorsque les rayons lumineux venant de l'objet et illuminant l'oeil sont interrompus, pour peu que ces interruptions se suivent assez rapidement pour que l'intervalle qui les sépare soit plus petit qu'1/5e de seconde" (p. 241). Une fois la découverte faite, une première série de six disques circule à Vienne en février 1833, grâce aux éditeurs Mathias Trentsensky et Vieweg. Selon Franz Paul Liesegang, sur la première édition des disques, les ouvertures (au nombre de dix) sont rondes. En juillet 1833, pour la seconde édition des disques, cette fois au nombre de huit imprimés recto-verso, Stampfer adopte des fentes étroites hautes de 15 mm et larges de 7 mm. La deuxième édition de huit disques imprimés recto-verso (diamètre 28,5 cm) de juillet 1833 est accompagnée du livret cité plus haut (Die Stroboskopischen Scheiben...). En outre, Stampfer et Trentsensky ont pris soin, le 7 mai 1833, de déposer en Autriche un brevet d'invention - ce que Plateau n'a pas fait de son côté (mais son article "Sur un nouveau genre d'illusions d'optique" daté du 20 janvier 1833 et publié à Bruxelles dans la Correspondance mathématique et physique de Quetelet, constitue à lui seul une preuve d'antériorité si l'on s'en tient aux dates précises). Le texte du brevet est sobre : "Il faut dessiner des images sur des disques de carton ou de n'importe quel autre matériau adéquat à la périphérie desquels on pratique, pour que l'on puisse voir à travers, des trous en une quantité qui dépend du nombre des images. Si ces disques sont tournés rapidement autour de leur axe devant un miroir, l'oeil qui regarde à travers les trous voit les images s'animer dans le miroir". Le problème de l'antériorité entre Stampfer et Plateau est posé dès 1834 par le scientifique allemand J.C. Poggendorff dans ses Annalen der Physik und Chemie ; à cette époque, le marché est inondé de disques plus ou moins habiles fabriqués par les éditeurs français, allemands, hollandais...

Dans son texte publié par les Jahbücher des K.K. Polytechnischen Instituts in Wien, Stampfer prévoit : "Il est clair que l'on peut représenter non seulement les mouvements les plus variés effectués par des objets, des hommes ou des animaux isolés, mais aussi des ateliers entiers en pleine activité, et même des actions de plus longue durée, par exemple des scènes théâtrales ou autres, telles qu'elles sont au naturel". Il suggère de reproduire "les actions humaines, la marche et la course d'hommes et d'animaux, car la démarche de chaque espèce a quelque chose de particulier, le mouvement du vêtement d'une femme en train de marcher ou de courir, le mouvement produit dans les ramures et les branches des arbres par un vent faible ou fort, le mouvement de l'eau courante et bien d'autres encore". Dans ce même texte, Stampfer préfigure même le zootrope, c'est à dire un cylindre fenêtré qui sera également décrit en janvier 1834 par un mathématicien anglais, William G. Horner, dans le London and Edimburgh Philosophical Magazine.

Bibliographie

Simon Stampfer, Die Stroboskopischen Scheiben, oder optischen Zauberscheiben, deren Theorie und wissenschaftliche Anwendung, juillet 1833. Simon Stampfer, "Ueber die optischen Täuschungs-Phänomene, welche durch die stroboskopischen Scheiben (optischen Zauberscheiben) hervorgebracht werden", Jahbücher des K.K. Polytechnischen Instituts in Wien, Vienne, 1834. David Robinson, "Masterpieces of Animation 1833-1908", Griffithiana, n° 43, décembre 1991. G. Füsslin, Optisches Spielzeug, Stuttgart, Füsslin, 1993. Peter Schuster, Christian Strasser, Simon Stampfer 1790-1864, Von der Zauberscheibe zum Film, Salzburg, Land Salzburg, s.d. Maurice Dorikens (dir.), Joseph Plateau 1801-1883, Vivre entre l'art et la science, Gent, Provincie Oost-Vlaanderen, 2001.