Borsalino

dimanche 20 décembre 2026, 14h30

Salle Georges Franju

14h30 16h30 (120 min)

Jacques Deray
France-Italie / 1970 / 120 min / DCP
D'après le roman Bandits à Marseille d'Eugène Saccomano.

Avec Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Michel Bouquet.

Alain Delon et Jean-Paul Belmondo pour la première fois tous deux têtes d'affiche, dans un film de gangsters qui convoque toute la mythologie de la pègre marseillaise. Sur la musique inoubliable de Claude Bolling, Jacques Deray crée un duo de truands aussi rival que complice. Un polar stylisé devenu légendaire.

C'est à la fin du tournage de La Piscine, le célèbre thriller de Jacques Deray, que le cinéaste se voit proposer par Alain Delon producteur le projet d'adapter un livre d'Eugène Saccomano sur les aventures de Paul Carbone et François Spirito, deux célèbres truands marseillais des années 1930. D'abord intitulé Marseille, années 30, le film est ambitieux et reçoit le soutien financier de Paramount. Il crée l'événement car il doit orchestrer pour la première fois la rencontre cinématographique entre les deux plus grandes stars du cinéma français de l'époque, Alain Delon bien sûr et Jean-Paul Belmondo, pour interpréter à égalité à l'écran les deux voyous complices, rebaptisés Capella et Siffredi. À trois semaines du tournage, une dévaluation du dollar contraint Jacques Deray et Jean-Claude Carrière, scénariste, à réévaluer le budget calculé en dollars, et donc à couper des passages du film, dont une scène de train finale très coûteuse à tourner. À sa sortie, le film remporte un grand succès (plus de 4 millions de spectateurs) et engendrera une suite (Borsalino & Co) mais ne fera pas régulièrement les beaux jours de la télévision depuis sa sortie, des problèmes juridiques l'ayant bloqué notamment entre 1995 et 2007. Il ne sortira d'ailleurs en DVD qu'en 2009. C'est tout le paradoxe de ce film devenu légendaire mais un peu rare, dont on retient bien sûr le casting, le thème musical de Claude Bolling interprété sur piano à punaises, et le troisième personnage principal, la ville de Marseille, bien que le maire de l'époque, Gaston Deferre, n'ait pas donné d'autorisation officielle de tournage. Le film reste aussi dans l'imaginaire pour des séquences attendues (la rixe du début entre les deux héros), singulières (l'incendie des carcasses de bœufs) ou réalisées avec élégance (la réception finale).

Bernard Payen