Des films rares de la Cinémathèque française à voir en ligne

Le film du vendredi 20 novembre

Armando Lamberti, 2018
Avec Brian May, Monica May, Julia Bika, Taylor Breit, Kristi Breen.

Un jeune homme, atteint de paranoïa depuis le cambriolage de son appartement, est contraint par sa mère à trouver refuge chez sa sœur dont il n'est pas du tout proche.

A fragile young man suffers a mental breakdown following the mysterious robbery of his apartment and, at the behest of his doting mother, finds himself the unwanted houseguest of his estranged sister.

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American Fringe

Du 13 au 20 novembre, un nouveau film American Fringe chaque jour.
Nouveau regard sur le cinéma américain contemporain, American Fringe propose un échantillon représentatif d'un champ passionnant et méconnu, à la marge du « cinéma indépendant ». Depuis 2016, au cours d'un week-end d'automne, huit programmes de travaux très récents sont rituellement projetés à la Cinémathèque, parfois en présence des réalisateurs. En 2020, la manifestation est annulée en raison des conditions sanitaires. Les curators Richard Peña et Livia Bloom Ingram proposent pour HENRI une sélection best-of des quatre éditions (2016-2019), en coopération avec Arts Arena.

Jean Epstein

L'œuvre de Jean Epstein (1897-1953) offre un nuancier de puissances formelles du cinéma : vitesses, durées, formes plastiques, narratives et descriptives. L'essentiel de sa filmographie est composée de quatre périodes clés, à peine étalées sur dix années, conservée et restaurée par la Cinémathèque française.

Otar Iosseliani

Otar Iosseliani, né à Tbilissi (Géorgie) en 1934, esprit libre, tour à tour musicien, pêcheur, ouvrier métallurgiste et réalisateur. Ses films, qu'il décrit comme simples, honnêtes et têtus, « optimistes sans oublier que tout finira mal », constituent une œuvre étrangement poétique, délicatement burlesque et ironique, nourrie chez René Clair, Buster Keaton et Jacques Tati.

Raoul Ruiz

« Bon courage à celui qui veut être ruizien », prévient Melvil Poupaud. On aimerait quand même essayer. Un aperçu du jeu de l'oie cinématographique de Raoul Ruiz (1941-2011), grand ordonnateur de récits gigognes, espaces-pièges, énigmes et chausses-trapes, dans des restaurations menées par la Cinémathèque française en collaboration avec Valeria Sarmiento, François Ede et l'INA.

Brisseau, l'après-midi

Trois courts métrages totalement inédits réalisés par Jean-Claude Brisseau et confiés à la Cinémathèque par Lisa Hérédia, qui fut la compagne et la collaboratrice du cinéaste. Ces trois films en 8 mm ou Super 8, tournés entre 1966 et 1968, témoignent d'un désir de cinéma intense, celui d'un jeune ciné-fou (22 ans) en ce temps-là suffisamment motivé pour se faire embaucher quelques mois dans les laboratoires Kodak afin d'avoir accès, à prix réduit, à de la pellicule. Les trois films – ses tout premiers à notre connaissance – sont bouleversants. Loin de n'être que l'ébauche imparfaite de l'œuvre à venir, cette trilogie témoigne du génie d'un artiste habité par de brûlantes obsessions qui engageront sa vie entière. Tout est déjà là.

Jacques Rozier

« Des films authentiques, il n'y en a pas beaucoup. Le discours dominant est que le cinéma est un art, moi je pense que le cinéma est de moins en moins un art. Il faut lutter pour qu'il reste un art, mais c'est surtout une industrie étant donnée la concentration actuelle, les intérêts en cours. L'utopie, c'est bien ! Ce qui vaut le coup, c'est de lutter pour une cause impossible. » (Jacques Rozier, 2003) De tous les cinéastes français de la Nouvelle Vague ou apparentés, Jacques Rozier est peut-être le plus mystérieux, le plus espiègle, et aussi le plus discret. Plus de soixante ans ont passé depuis son premier court métrage, Rentrée des classes, en 1956 : il est temps aujourd'hui de restaurer les films de ce cinéaste majeur qui, en proposant une œuvre sensible et décalée, a marqué l'histoire du cinéma français et continue d'influencer de jeunes réalisateurs. Ici, une sélection de courts métrages récemment restaurés avec le concours de leur auteur.

Jean-Claude Biette

Intrigant, somnambule, imprévu, invisible, cadre 1:1,37. Frappés d'insuccès commerciaux et victimes d'obscurs problèmes de droits, les films de Jean-Claude Biette sont pour la plupart restés, depuis le décès de l'auteur survenu en juin 2003, assignés à discrétion. Leur retour sur les écrans et dans les collections de la Cinémathèque française en 2013, suite à une providentielle campagne de restauration, marque la fin d'une nuit de dix ans.

Serial

Le film à épisodes était projeté traditionnellement dans les salles de cinéma en premier programme d'un long métrage. Conçu pour fidéliser les spectateurs, le serial, ou ciné-roman en France, fut un genre très populaire du cinéma muet, faisant la fortune des premiers studios. C'est l'ancêtre naturel de la série télévisée et de la VOD. Binge watching encouragé !

Albatros

Une troupe, la dernière en France à avoir travaillé en permanence dans son studio, une histoire menée avec une intense passion, à la russe, par des réalisateurs, producteurs, techniciens, décorateurs. Le studio Albatros (1919-1929) : Hollywood à Montreuil !

Avant-gardes et incunables

Tout naturel de rapprocher les films pionniers, le cinéma d'avant le cinéma et les avant-coureurs, les avant-gardes : sésame pour une histoire parallèle au cinéma dominant, à partir de titres importants sauvegardés et programmés par la Cinémathèque française.

Il était une fois le western

Selon une géographie trompeuse, le Far West s'étend de la Camargue à la Corrèze, sur la West Coast, ou encore entre le New Jersey et Los Angeles. Quelques primitifs de l'histoire permanente et composite du western, qui n'est pas qu'un genre de l'âge d'or du cinéma hollywoodien.

Engagements, combats, débats

Marcel Hanoun nous avait prévenus : la création est un cri politique. Indépendance de production, coopérations inédites, prises de parole urgentes, cinéma militant. Ici, nous présentons les politiques-fictions et les œuvres exigeantes à tout point de vue, les ciné-luttes.

Aurore noire

Noir c'est noir : drame, crime, enquête et châtiment. Bienvenue dans le monde inquiétant et douloureux du muet tragique, grand révélateur de nos sociétés modernes. Parce que le noir est une couleur et que le noir du nitrate ne trouvera jamais d'égal.

‌‌1950

Science-fiction, vespa, polaroïd, baby-foot, cool, décolonisation, verlan, babysitter, blue-jean, pizzéria, cha-cha-cha, contraceptif, rock, Big Bang, scoop, spoutnik, bionique, scoubidou, beatnik, supérette... Bien entendu, il ne sera pas question de tout cela. Une sélection de films inattendus et anti-cartes postales des fifties.

Le plein de super

Quelques images de la France sous Giscard. Des « pas de côté » à la Gébé. Des films autarciques à petit budget, intimistes et asociaux qui parlent pourtant de la Nouvelle société, irrévérencieux et marginaux, témoins déjà à bout de souffle en post-déprime 68... Dites, vous n'avez rien contre la jeunesse ?

Henri Langlois

Selon le mot de Jean-Luc Godard, « Langlois donna la lumière ». Retour en quelques documents inédits et historiques sur le fondateur de la Cinémathèque française, programmateur-monteur-montreur, artiste, explorateur, architecte du Musée du cinéma.

Domitor

En juin 2020, la Cinémathèque française se réjouissait à l'idée d'accueillir Domitor et le colloque consacré aux « métiers, savoir-faire et technique dans le cinéma des premiers temps ». Le contexte en a décidé autrement et ces rencontres se mèneront en ligne sur domitor2020.org. En écho, du 28 octobre au 18 novembre, une programmation de trois films documentaires : pour commencer, une visite inédite de nos réserves dévoilant la fabuleuse collection d'appareils conservés à la Cinémathèque française.

Association internationale de recherche sur le cinéma des premiers temps active depuis 1985 et regroupant 250 membres de plus de 30 pays, Domitor a pour but d'explorer de nouvelles méthodes de recherche historique, en promouvant l'échange international d'informations, de documents, et d'idées. Soit, en deux mots, rassembler archivistes et chercheurs. « Domitor » n'est pas un acronyme, mais reprend le nom que le père des frères Lumière avait proposé à la place de « Cinématographe ». Ainsi, comme le souligne l'historien du cinéma Georges Sadoul en 1964, avons-nous failli aller « au domitor », plutôt qu'au cinéma !

Séances spéciales

Fuori sala : hommage au festival Il Cinema ritrovato

Comme depuis tant d'années, nous aurions dû être ces jours-ci à Bologne pour Il Cinema ritrovato. Le festival se tiendra par miracle cette année aussi, mais du 25 au 31 août. Voici déjà sur HENRI un programme choisi par Gian Luca Farinelli et Mariann Lewinsky, en coopération avec la Cineteca di Bologna et Eye Filmmuseum à Amsterdam, soit quatre séances composées de grands et petits films qui existent encore grâce au travail des archives.

Albert Capellani

L'un des metteurs en scène les plus importants du cinéma muet français. Directeur artistique de la Société cinématographique des auteurs et gens de lettres (SCAGL), succursale de Pathé, Albert Capellani porte à l'écran les grandes œuvres de la littérature française avec une impressionnante modernité. Ses mises en scène innovantes, souvent en extérieurs et en décors naturels, attirent le public de théâtre vers les salles de cinéma au début des années 1910. Il est l'un des premiers à aller « sur le motif », instaurant la pratique du repérage afin de donner plus de réalisme à son œuvre. Ses films sont exportés dans le monde entier, particulièrement aux États-Unis, où il s'expatrie en 1915 et mène une seconde carrière jusqu'au début des années 1920. Sa filmographie, qui n'était plus connue que de quelques cinéphiles, a fait l'objet de premières rétrospectives en 2009.

Hommage à Philippe Nahon

Philippe Nahon a été emporté par le Covid-19 dimanche 19 avril. Les Cinémas de la Zone et la Cinémathèque Française lui rendent hommage en vous proposant, jusqu'au 1er mai inclus, le diptyque de Gaspar Noé qui a révélé l'acteur.