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Mise en vente exceptionnelle de 2000 billets à moitié prix, à partir du 3 février à midi.
Billet coupe-file non daté, valable pour 1 accès entre le 1er avril et le 2 août 2020

Pile électrique et face atomique

Le 1er avril 2020, La Cinémathèque française consacre pour la première fois une grande exposition à un acteur, un petit bonhomme né de parents espagnols devenu le plus populaire des comiques français. Né Louis, Germain, David de Funès de Galarza, le 31 juillet 1914 à Courbevoie, Louis de Funès est mort le 27 janvier 1983 à Nantes, à soixante-huit ans. Dans la seconde moitié du XXe siècle, il va imposer progressivement son rythme à des films dont il finit par prendre possession, pour devenir l’auteur-compositeur de personnages à sa démesure.

Passionné de jazz, admirateur d’Erroll Garner et du virtuose Oscar Peterson, Louis de Funès gagne péniblement sa vie pendant la guerre comme pianiste de bar. Devenu acteur, le jazzman propose des variations sur le même thème et améliore sa partition de film en film. Son point d’orgue est un point d’exclamation. Combien de fois explose-t-il dit : « Foutez-moi l’camp ! », « Paf ! », « C’est pas possible ?! », « Ma biche ! », « C’est fini, oui ?! »…

Numéro 1 à cinquante ans

Daniel Gélin lui donne sa chance, Sacha Guitry sa confiance et Claude Autant-Lara l’enferme face à Gabin et Bourvil dans la cave de La Traversée de Paris. De Ah ! les belles bacchantes ! au Petit Baigneur, de Funès partage la fantaisie délirante des Branquignols de Colette Brosset et Robert Dhéry. Ni vu ni connu, pour reprendre le titre d’Yves Robert, un de ses premiers films en vedette, il grimpe en haut de l’affiche.
Après une centaine d’apparitions, quelques succès en noir et blanc et beaucoup de travail, son génie burlesque éclate en couleurs alors qu’il atteint la cinquantaine : Jean Girault lui offre un uniforme de gendarme millionnaire, Gérard Oury, ses plus beaux films dont La Grande Vadrouille, comédie de la réconciliation nationale qui va triompher dans le monde entier.

Une histoire alternative de la France

Sa filmographie se confond avec notre histoire, des années noires de l’Occupation au Technicolor des Trente Glorieuses. Il est la juste incarnation des personnages les plus injustes. Ses rôles décrivent sa vie, l’ascension d’un sans-grade : du petit chef au chef d’orchestre, du sous-officier au capitaine d’industrie, des privations aux dérèglements de la société de consommation.
Si Louis de Funès incarne la France d’après-guerre, celle du gaullisme et du pompidolisme, c’est pour mieux moquer le théâtre de la hiérarchie sociale, ses cérémonies officielles, ses hochets et toutes les farces du pouvoir. Et s’il parle parfois une langue imaginaire, elle est universelle. Il est tellement populaire en Allemagne qu’on l’y rebaptise « Balduin » ou tout simplement « Louis ».

Ses personnages de tyrans domestiques échappent naïvement à la censure. En Pologne, en Russie et dans les pays du bloc soviétique, dans l’Espagne du général Franco ou la Grèce des colonels, il fait figure d’exutoire, comme si ses films permettaient de résister joyeusement à la tyrannie.
Impossible d’en vouloir à ses personnages d’être menteurs, roublards, ronchons, grognards, grognons, veules, voleurs, égoïstes, colériques, racistes, paranos, bilieux, chauvins, méprisants, obséquieux… Ils souffrent et nous rassurent, de Funès, c’est nous en pire.

Un tempo intemporel

Son art est unique, il ne joue pas la même musique que les comédiens de l’époque. Il ne prend pas son temps, il l’accélère, lui donne le tournis, le contre et le tord (de rire). Celui qui se voyait avant tout en acteur de théâtre joue avec le spectateur de cinéma comme il le faisait sur scène. Il étire ses traits comme un élastique. Son jeu est surnaturel. Son diapason, toujours au bord de la syncope, emballe sa machine et son public. Il est pile électrique et face atomique.
Sa démarche saccadée héritée de ses héros du muet défile à la vitesse du son. Il mime, danse et bondit. D’abord le geste, puis la parole. Il est un accélérateur de particules, et c’est sans doute ce tempo endiablé qui rend son jeu intemporel. Comme le disait Orson Welles, un film repose sur le rythme, « un film est tellement plus proche de la musique que de la dramaturgie ».
L’angoisse de la chute grandit avec le succès. Craint-il de finir comme Buster Keaton ou ses chers Laurel et Hardy ? Pourtant, contrairement à d’autres vedettes comiques, comme Fernandel, Darry Cowl ou Fernand Raynaud, il en est à la cinquième génération d’afficionados. Et ce n’est pas fini.

Contemporain de Donald Duck et d’Oncle Picsou

Tout au long d’une vie trop courte, il perfectionne ses émotions, ses gueules, ses « expressions », qu’il préfère au mot « grimaces ». Contemporain de Donald Duck et d’Oncle Picsou, il possède une élasticité et une dynamique survitaminée qui font de lui un personnage de dessin animé aux yeux des plus petits. Dans Oscar, sa « tirade du nez » le pose en précurseur de Jim Carrey. Il faut regarder ses films image par image pour appréhender la vitesse de son jeu.
Ce pionnier de l’écologie, amoureux de la flore (une rose porte son nom), trouve son inspiration dans l’animal. De Funès est un zoo à lui tout seul : Blaireau dans Ni vu ni connu, Lebœuf dans Ah ! les belles bacchantes, Charolais dans Carambolages et bien sûr, Pivert dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Il orchestre une vaste ménagerie : le cochon de la rue Poliveau, dans La Traversée de Paris, le perroquet de La Folie des grandeurs, le poulailler du commissariat de La Belle Américaine ; il est aussi loup et agneau dans L’Homme-orchestre, mouton dans Le Gendarme en balade, paon dans L’Avare

Près de quarante ans après sa mort, il n’a jamais été aussi présent. Concertiste déconcertant, ses symphonies siphonnées n’ont jamais cessé de nous accompagner ; elles appartiennent à notre patrimoine. Boudés par la critique, ses succès continuent pourtant à faire rire les enfants de tous âges. Louis de Funès est un Trésor national.

Alain Kruger

Exposition Infos pratiques

Horaires

  • Lundi 12h00 - 19h00
  • Mardi Fermé
  • Mercredi 12h00 - 19h00
  • Jeudi 12h00 - 21h00
  • Vendredi 12h00 - 19h00
  • Samedi à dimanche 11h00 - 20h00
  • 1 mai 2020 Fermé

Tarifs

  • Plein tarif 10 €
  • Tarif réduit 7,50 €
  • Moins de 18 ans 5 €
  • Pack Tribu 22 €
  • Libre Pass Gratuit

Open ticket

Mise en vente exceptionnelle de 2000 billets à moitié prix, à partir du 3 février à midi. Billet coupe-file non daté, valable pour 1 accès entre le 1er avril et le 2 août 2020

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Visites speciales

  • Visite LSF 7 €

    Les visites sont menées par Carine Morel, conférencière LSF

    Détails dans le calendrier - Durée 1h15
  • Visite guidée 12 €

    Les sources d'inspiration de Louis de Funès chez les burlesques américains, la découverte de ses méthodes de travail et l'exploration des composantes de son jeu : grimaces, travestissement, danse, gestuelle, travail du rythme, bruitages et inventi

    Les samedis et dimanches à 11h15 - Durée 1h30

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Du 1 avril au 2 août 2020

De Funès avant de Funès

Les classiques

Visites guidées de l'exposition

Visites LSF

Ateliers et stages pour le jeune public

Rencontres et conférences

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25 juillet 2020
26 juillet 2020

Autour de l'événement

actualité

Catalogue de l'exposition - Louis de Funès à la folie

Une coédition La Cinémathèque française / Editions de La Martinière
Ouvrage collectif dirigé par Alain Kruger avec le concours de Thibaut Bruttin

Richement illustré, ce livre rassemble des essais inédits d'historiens et de critiques de cinéma, des entretiens avec des proches, acteurs, cinéastes ou autres complices : Danièle Thompson, Serge Korber, Olivier de Funès, son fils et partenaire de six films, Mylène Demongeot, Henri Guybet, Bernard Menez, Maurice Risch, Michel Drucker... ou avec Valère Novarina, Alexandre Astier et Dany Boon, tous admirateurs de Louis de Funès. En bonus, une chrono-filmographie très complète.

24 x 28.5 cm - 272 pages - 34.90 €
Parution : le 26 mars 2020

Signature collective du catalogue à la Librairie de La Cinémathèque française samedi 4 avril à 17h30

actualité

Nuit des musées, 16 mai

Une soirée au rythme de Louis de Funès.

De 19h à minuit : Exposition en accès libre

À 19h30 : Grand concert hommage par les harmonies des 2e et 3e cycles du Conservatoire Paul Dukas. Venez écouter les musiques les plus connues des films de Louis de Funès et plongez dans vos souvenirs !

Salle Henri Langlois – Accès libre dans la limite des places disponibles
Programme complet de la soirée à venir 

Partenaires et remerciements

CNC Ministère de la Culture

Grands mécènes de la Cinémathèque française

Fondation GAN pour le cinéma Vivendi Pathé

Amis de la Cinémathèque françaose

Gaumont BNP Paribas

Mécène de l'exposition

TF1

En partenariat avec

Kodak RATP Fnac

En partenariat avec