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Les robes de Marilyn Monroe ou de Brigitte Bardot, le short de Rocky ou le justaucorps de Superman, costumes et haute-couture s’exposent à la Cinémathèque française dans un parcours tout en métal et broderies, imaginé par le couturier cinéphile Jean Paul Gaultier. Une histoire croisée du cinéma et de la mode, où grands stylistes et stars de cinéma se côtoient pour un somptueux défilé.

Ouverture de la billetterie le 3 septembre à 11h.

Jean Paul Gaultier en mode cinéma

Funny Face, Marlene Dietrich, Yves Saint Laurent : certains films, quelques comédiens et couturiers renommés nous rappellent immédiatement ce que le cinéma et la mode ont pu engendrer en termes de collaborations fécondes, de magie, de renouveau des corps et de leurs images. Jean Paul Gaultier fait partie de ces incontournables. Régulièrement, il place ses collections sous le signe du septième art. « Et Dieu créa l'homme », « Le Charme coincé de la bourgeoisie », « James Blonde », « Sleepy Hollow » : leurs titres témoignent d'un mélange de genres, d'humour, de sexualisation, de cinéphilie et de pop culture. Un esprit dans lequel s'est retrouvé Pedro Almodóvar, auquel Gaultier est souvent associé en tant que costumier de cinéma. La pénétration de sa griffe dans l'espace diégétique de cinéastes s'est pourtant opérée à bien d'autres occasions et sous différentes formes : pour la première fois dans Le Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant (1989) de Peter Greenaway, à travers Catherine Deneuve dans Au plus près du paradis (2002) de son amie et réalisatrice Tonie Marshall (1951-2020), à qui l'exposition est dédiée. Mais encore de manière explosive dans Le Cinquième élément de Luc Besson (1997), où des créatures intergalactiques hors normes font tout particulièrement état de la vision de l'humanité du couturier. Il est peu de dire que les tenues de Gaultier sous-tendent en elles-mêmes tout un univers, incarné sur les podiums par des mannequins aux fortes personnalités et de tout type physique, comme autant de personnages sortant d'une intrigue. À l'instar d'autres couturiers stars des années 1980, le couturier a ainsi transformé le défilé de mode – construit sur un scénario, une orchestration sonore et une scénographie élaborés – en un spectacle proprement cinématographique.

La mode vue par le grand écran

Deux films trouvent une place particulièrement importante dans l'exposition. En tout premier lieu Falbalas, mélodrame de Jacques Becker (1945) dont l'histoire se situe dans l'effervescence d'une maison de couture d'après-guerre. Première école, film séminal par excellence dont Gaultier transformera les images découvertes à l'âge de 13 ans en créations de mode. « Sans le défilé de Falbalas, je n'aurais jamais fait de ce métier », a-t-il souvent répété. Le deuxième long métrage est Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? (1966) du photographe américain basé en France William Klein. Regard aigu sur son époque, mise à nu de la téléréalité naissante, satire des délires égocentriques du milieu de la couture alors dominé par le Space Age : personne – du couturier misanthrope à la rédactrice en chef versatile – n'y est épargné. En 1970, Pierre Cardin, connu pour ses créations futuristes unisexes et précurseur de la figure du couturier vedette, est alors au sommet de sa gloire. Il accueille le jeune Gaultier dans sa maison : c'est sa deuxième école de mode.

Blow-Up de Michelangelo Antonioni (1966), Barbarella de Roger Vadim (1968) et 2001, l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick (1968), entre autres, témoignent de ce mouvement utopique à la croisée du design, de la science et de la musique. Bien d'autres films s'amuseront à caricaturer les mannequins frivoles, la presse people ou les riches clientes des premiers rangs du catwalk : certains inoubliables comme The Women de George Cukor (1939), où le défilé de mode surgit comme une pause émerveillée en couleurs dans un film encore en noir et blanc.

Femme fatale, macho man

Loin d'une histoire exhaustive des relations entre la mode et le cinéma – l'exercice eût été difficile – CinéMode est aussi une plongée dans les représentations genrées, sur le grand écran et à travers les vêtements. Défilent ainsi les femmes fatales ultra-féminisées d'Hollywood, telles Mae West et Marilyn Monroe, dans leurs tenues ajustées aux décolletés vertigineux. Mais aussi la star française Brigitte Bardot, maintes fois accusée d'outrages aux bonnes mœurs et à l'avant-garde d'une mode prêt-à-porter simple, jeune et insouciante. Face à elles, les gangsters, cowboys et superhéros s'incarnent dans des virilités conquérantes : profondément macho chez John Wayne, brutalement musculaire chez Sylvester Stallone, plus ingénu chez les premiers interprètes de Superman au célèbre justaucorps. Parmi eux, Marlon Brando fait figure de véritable rupture : avec Un tramway nommé désir (Elia Kazan, 1951), il reste la figure la plus célèbre d'une nouvelle masculinité prolétaire à la fois menaçante et fortement érotisée, déplaisante et désirable. Icône de cinéma, l'acteur influence la mode de la rue masculine des années 1950 et toute une génération de jeunes férus de rock'n'roll qui – pour la première fois dans l'histoire des vêtements – ne s'habillent plus comme leurs parents.

Et tous les autres « freaks »

Sexualiser les corps, féminiser les silhouettes masculines, valoriser les femmes puissantes : tel est le credo du couturier empreint de culture camp anglo-américaine (du Rocky Horror Picture Show à Divine), en phase avec les avant-gardes émergentes et les mouvements d'émancipation. « Quand, en 1976, j'ai présenté ma première collection à Paris, j'ai été considéré comme un iconoclaste, en marge du bon chic parisien. D'ailleurs, seuls les journalistes anglais et japonais ont parlé et écrit de façon positive sur mon défilé. C'est vrai que je n'étais pas d'accord avec le diktat selon lequel les femmes doivent être à tout prix « hyperféminines » (d'ailleurs ça veut dire quoi, au juste : porter des robes à volants, ou à motifs, avec des fleurs ou des petits oiseaux imprimés ? Pas mon genre !). À Londres, c'était l'inverse, je voyais des femmes aux attitudes rebelles. Il y en avait aussi au Palace, à Paris, mais à Londres, cette excentricité était partout : dans la rue, les allures étaient incroyables, avec un goût appuyé de la différence et toujours le sens de l'humour en plus. » À l'image de la marinière de Querelle (Rainer Werner Fassbinder, 1982), symbole homoérotique, ou du look androgyne bohème de Jane Birkin, exacerbé dans Je t'aime moi non plus (Serge Gainsbourg, 1976), CinéMode raconte comment les vêtements trouvent une magnifique chambre d'écho dans le cinéma, qui n'a cessé lui-même de briser des tabous. Le tout dans un grand brassage de références, de détournement de codes et de dissolution des frontières.

Florence Tissot

Exposition Infos pratiques

Horaires

  • Lundi 12h00 - 19h00
  • Mardi Fermé
  • Mercredi à vendredi 12h00 - 19h00
  • Samedi à dimanche 11h00 - 20h00
  • 18 décembre 2021 - 2 janvier 2022 10h00 - 20h00
  • 24 décembre 2021 10h00 - 17h00
  • 25 décembre 2021 Fermé
  • 31 décembre 2021 10h00 - 20h00
  • 1 janvier 2022 12h00 - 20h00
  • 1 mai 2022 Fermé

Nocturne gratuite pour les moins de 26 ans le 1er jeudi du mois jusqu'à 21h sur réservation.

Horaires vacances scolaires et jours fériés

10h-20h

Fermeture les mardis

Tarifs

  • Plein tarif 12 €
  • Tarif réduit 9,50 €
  • Moins de 18 ans 6 €
  • Libre Pass Gratuit


Réservation en ligne obligatoire

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Billet couplé expo + musée Méliès

Plein tarif : 14 €
18-25 ans : 11,5 €
6-17 ans : 8 €

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Billet Jeudis Jeunes

Gratuit pour les 18-25 ans et les étudiants chaque premier jeudi du mois de 18h à 21h.

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Visites speciales

  • Visite guidée 14 €

    Une traversée du XXe siècle au prisme des modes dont le cinéma s'est nourri, et au cours de laquelle on croisera Dietrich et Brando, Garbo et Bardot, Stallone et Madonna, des super-héros, des femmes fatales et des rebelles.

    Les samedis et dimanches - Durée 1h30

Réservation obligatoire du créneau de visite sur cinematheque.fr et fnac.com

Dans les salles

Films, rencontres, conférences, spectacles

Du 6 octobre 2021 au 16 janvier 2022

Les films

Jean Paul Gaultier, commissaire de l'exposition CinéMode, a sélectionné cinq films qui lui sont chers, qui sont au cœur de sa cinéphilie, ou dont il a confectionné les costumes.
Les séances du dimanche 24 octobre seront présentées par Jean Paul Gaultier.

Les Jeudis Jeunes

Le rendez-vous des 18-25 ans et des étudiants
Chaque premier jeudi du mois, de 18h à 21h, la Cinémathèque rien que pour vous ! À l'heure où les musées ferment normalement leurs portes, profitez d'un accès libre, gratuit et réservé à l'exposition CinéMode. Participez aussi à des activités en lien avec l'exposition à travers une thématique permettant de prolonger la visite.
Offre gratuite, valable pour tous les 18-25 ans et les étudiants, sur réservation en ligne obligatoire.

Ateliers et stages Jeune Public

Ateliers Moodboard

Visites guidées

Une traversée du XXe siècle au prisme des modes dont le cinéma s'est nourri, et au cours de laquelle on croisera Dietrich et Brando, Garbo et Bardot, Stallone et Madonna, des super-héros, des femmes fatales et des rebelles. Réservation obligatoire du créneau de visite sur cinematheque.fr et fnac.com

Rencontres et conférences

Lundi
Mardi
Mercredi
Jeudi
Vendredi
Samedi
Dimanche
25 octobre 2021
26 octobre 2021
27 octobre 2021
29 octobre 2021
6 décembre 2021
7 décembre 2021
8 décembre 2021
9 décembre 2021
10 décembre 2021
13 décembre 2021
14 décembre 2021
15 décembre 2021
16 décembre 2021
17 décembre 2021
20 décembre 2021
21 décembre 2021
22 décembre 2021
23 décembre 2021
24 décembre 2021
25 décembre 2021
27 décembre 2021
28 décembre 2021
29 décembre 2021
30 décembre 2021
31 décembre 2021
1 janvier 2022
10 janvier 2022
11 janvier 2022
12 janvier 2022
13 janvier 2022
14 janvier 2022

Autour de l'événement

actualité

Restauration 4K de Falbalas par Studiocanal

Restauration en 4K par Studiocanal de Falbalas de Jacques Becker
Avant-première à la Cinémathèque française le 17 octobre
Sortie en salles le 20 octobre

Parution d'un combo DVD/Blu-ray (inédit)
Bonus : « La mode et le vêtement par Jean Paul Gaultier » (31'), « Falbalas, une affaire de famille » par Dominique Maillet (29'), une comparaison version restaurée vs version originale (4'), « Entretien avec Micheline Presle » (9') et des « Essais des acteurs » (11').
19,99 €
Parution le 20 octobre.
En vente dès le 6 octobre à la Cinémathèque française.

Dédicace du coffret par Jean Paul Gaultier le 24 octobre à 16h30 à la librairie de la Cinémathèque

actualité

Catalogue de l'exposition CinéMode par Jean Paul Gaultier

Une coédition Flammarion / La Cinémathèque française

Sous la direction artistique de Jean Paul Gaultier et la direction d'ouvrage de Matthieu Orléan et Florence Tissot.
Jean Paul Gaultier s'exprime avec impertinence et émotion sur les liens croisés entre la mode et le cinéma et se confie sur les films qui ont inspiré sa vocation de créateur couturier. Le livre réunit également des entretiens avec Pedro Almodóvar, William Klein et Josiane Balasko et des essais inédits de Hannah Morelle, Gérard Lefort, Nicole Foucher, Raphaëlle Stopin et Valerie Steele.
Avec une bio-filmographie de Jean Paul Gaultier : « Ma vie en films ».
240 pages – 300 images – 24 x 32 cm – 40 €
Parution le 29 septembre 2021

> Plus de détails

Signature du catalogue CinéMode par Jean Paul Gaultier à la librairie de la Cinémathèque française dimanche 24 octobre à 16h30

Découvrir

  • Partenaires et remerciements

    William Klein, Gaumont, Tamasa Distribution, Disney, Twentieth Century Fox.

    Exposition co-organisée par la Cinémathèque française et la Fundación « La Caixa »

    Ministère de la Culture CNC

    Grands Mécènes de la Cinémathèque française

    Fondation GAN pour le cinéma

    Amies de la Cinémathèque française

    Gaumont Warner Bros.

    Mécènes de l'exposition

    Jean Paul Gaultier TF1

    Co-organisation

    ”la Caixa” Foundation

    En partenariat avec

    Flammarion Insert Fnac RATP

    En partenariat média avec

    Télérama Elle Le Monde Trois Couleurs France Inter