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mercredi 10 mars 2010, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 22h20 (140 min)

Loulou
Die Büchse der Pandora
Georg Wilhelm Pabst
Allemagne / 1929 / 134 min
D'après Die Büchse der Pandora et Erdgeist de Frank Wedekind.

Avec Louise Brooks, Fritz Kortner, Franz Lederer, Alice Roberts.

Loulou, orpheline perverse et manipulatrice, devient la maîtresse d'un directeur de journal, le docteur Schön, mais son autre amant voudrait qu'elle soit à lui seul.

Version restaurée en 2009 par la Deutsche Kinemathek (Berlin) et la George Eastman House (Rochester) aux laboratoires Haghefilm. Numérisation par la Deutsche Kinemathek. Ressortie en salles par Tamasa à l'automne 2018.


Avec Loulou, Georg Wilhelm Pabst adapte L’Esprit de la terre et La Boîte de Pandore, deux pièces écrites par Frank Wedekind, toutes deux inspirées de sa rencontre douloureuse avec Lou-Andreas Salomé. De ces récits, toutefois, Pabst ne conservera qu’un souvenir lointain. Grand découvreur d’actrices (il donne, en 1925, l’un de ses premiers grands rôles à Greta Garbo dans La Rue sans joie), Pabst songe d’abord pour incarner Loulou à Marlene Dietrich, qui a déjà gagné une certaine notoriété en Allemagne. Il lui préfère finalement une actrice américaine de vingt-deux ans au jeu très physique, découverte dans Une Femme dans chaque port de Howard Hawks (1928) : Louise Brooks.
De Pabst, Brooks disait qu’il connaissait les réactions humaines comme personne. Il pouvait ainsi tourner « une scène avec peu de répétitions et de prises ». Cette faculté lui permet de façonner le jeu naturaliste et déconcertant de Loulou. Le metteur en scène et l’actrice travailleront beaucoup à partir des costumes du personnage qui jalonnent la tragédie : tenue de cabaret, déshabillés, robe de mariée, vêtements de veuve ou haillons – autant de tenues qui nourrissent le jeu de l’actrice, et marquent les étapes de la chute du personnage.
Si Loulou s’offre aux hommes, elle reste insaisissable. Profondément amorale, il émane d’elle une innocence inaliénable. Elle évolue toujours libre, intacte et candide. Pourtant, Loulou est aussi un conte moral. Dans ses aspirations libertaires et son allant, la jeune femme se heurte à la société, à ses jeux de fausseté, de trahisons et d’humiliations. Loulou est le dévoilement cruel de l’abjection sociale qui dicte bien des aspects de la vie de l’héroïne : carrière, amours, mariage, justice, jeux ou prédation.

Pauline de Raymond