Quatre d'entre elles

jeudi 14 mars 2019, 15h30

La Filmothèque du Quartier latin Hors les murs

15h30 17h15 (105 min)

Claude Champion, Francis Reusser, Jacques Sandoz, Yves Yersin
Suisse / 1968 / 105 min / DCP

Avec Mary Adossides, Neige Dolski, William Jacques.

Quatre destins de femmes de seize, vingt-deux, trente-et-un et soixante-douze ans : Sylvie, Patricia, Erika et Angèle.

Quatre d’entre elles a été restauré par la Cinémathèque suisse à partir du négatif du gonflage 35 mm au laboratoire Hiventy à Paris, avec le soutien de Memoriav et de la RTS, et avec la participation du chef opérateur Renato Berta.


En hommage à Yves Yersin

En 1966, quatre jeunes cinéastes romands, Yves Yersin, Francis Reusser, Claude Champion et Jacques Sandoz se réunissent avec le critique de cinéma Freddy Landry pour produire un long métrage – plus facile à diffuser en salles – composé de quatre courts réalisés séparément, en mutualisant financements et matériel. Leur idée : raconter quatre destins de femmes de 16, 22, 31 et 72 ans, Sylvie, Patricia, Erika et Angèle, en y apportant un « point de vue documenté » dans le contexte de la réalité suisse romande de l’époque. Tournés en 16 mm, de ton et de forme très différents, les quatre films sont unis par un même souci de mettre en avant des personnages féminins dans un monde sociologiquement en pleine mutation, et par une même approche qui, en effet, balance entre fiction et documentaire. Ce projet courageux va vivre une gestation complexe qui dure deux ans pour culminer avec la sélection, en 1968, de l’épisode réalisé par Yves Yersin, Angèle, à la Semaine de la Critique à Cannes. Ce film est également la première production officielle de la nouvelle société de production Milos Films, baptisée ainsi en hommage à Milos Forman, rencontré alors à Locarno à l’occasion du prix obtenu par L’As de pique, et vite devenu un modèle. Le but de Milos Films : promouvoir les nouveaux cinéastes suisses romands, notamment Francis Reusser dont la jeune société produira en 1969 la première fiction, Vive la mort, présenté la même année à la Quinzaine des réalisateurs.

Frédéric Maire