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vendredi 8 mars 2019, 20h00

Salle Georges Franju

20h00 → 21h10 (66 min)

Les deux films présentés ce soir ont été produits par la firme Republic, dirigée par Herbert J. Yates, compagnie dont on se souvient pour ses films à petits budgets et ses serials. Erich von Stroheim, dont la carrière de réalisateur était, hélas, à ce moment, terminée, y incarne le même type de personnage, un homme froid, d'une rigidité extrême, misanthrope, victime d'une blessure sentimentale ancienne dont la réouverture le perdra.


Le Crime du docteur Crespi
The Crime of Dr. Crespi
John H. Auer
États-Unis / 1935 / 66 min / DCP / VOSTF
D'après la nouvelle « The Premature Burial » d'Edgar Allan Poe.

Avec Erich von Stroheim, Dwight Frye, Paul Guilfoyle.

Un médecin crée un sérum qui permet de plonger une personne dans un état de paralysie. Il va utiliser sa découverte pour se venger de l'homme qui lui a pris la femme qu'il aime.

Le Crime du Docteur Crespi fut un des premiers films produits et distribué par la compagnie Republic, spécialiste des serials et des films de genre à petits budget et dirigée par Herbert J. Yates. Le film se présente comme une adaptation (très lointaine) de The Premature Burial d'Edgar Poe. Tourné à New York en 1935, dans des conditions de production que l'on devine, si l'on en juge l'austérité des décors, assez misérables. C'est John H. Auer, cinéaste d'origine hongroise venu aux États Unis en 1929 où il supervisa quelques films en version étrangère pour Universal avant de passer à la réalisation. Ce fut un des piliers de la Republic où il se distingua par une certaine recherche visuelle marquée par l'expressionisme. Le film, récit de vengeance et d'amour fou où Stroheim s'impose dans un rôle tout à la fois dur et fragile, atteint une certaine étrangeté horrifique dans sa dernière partie. Erich von Stroheim, peu indulgent, avait pourtant désigné Le Crime du docteur Crespi comme « le crime de la Republic ».

Jean-François Rauger