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jeudi 2 mars 2017, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 21h30 (90 min)
Séance présentée par Frédéric Bonnaud et Charles Cohen. Musique composée par Gabriel Thibaudeau. Première en France (Gabriel Thibaudeau dirigera l’Octuor de France).

Le Lys brisé
Broken Blossoms
D. W. Griffith
Etats-Unis / 1919 / 90 min
D'après The Chink and the Child de Thomas Burke.

Avec Lillian Gish, Richard Barthelmess, Donald Crisp.

À Londres, une jeune fille martyrisée par un père raciste et sans scrupules se lie d’amitié avec un immigré chinois sensible, ayant pour mission d'apporter la bonne parole de Bouddha.

Restauré en 2K par Cohen Film Collection au Modern Videofilm, à partir d’un contretype négatif 35 mm.
Musique composée par Gabriel Thibaudeau qui dirigera l’Octuor de France pour une première en France.


Après Naissance d’une nation (1915) et Intolérance (1916), David W. Griffith est soucieux de réaliser, et de produire, des films à moindre budget. Il adapte une nouvelle de Thomas Burke, The Chink and the Child, tiré du recueil Limehouse Nights (1916). L’histoire se situe dans les bas-fonds londoniens, dans le quartier de Limehouse, et relate l’attachement équivoque entre un Chinois apôtre de la tolérance et une jeune fille maltraitée par un père violent. Dans un contexte mondial où le « péril jaune » effraie, Griffith milite pour l’égalité des races et Le Lys brisé fait figure de riposte aux accusations de racisme qui entachent Naissance d’une nation.
Sublime et subtile tragédie en vase clos, c’est l’un des films les plus aboutis du cinéaste. Dans les décors reconstitués par Joseph Stringer (qui a aussi signé ceux de Naissance d’une nation et d’Intolérance), Griffith recourt à la profondeur de champ, alterne magistralement l’échelle des plans et use du montage pour accentuer la tension narrative. Il sublime la beauté presque fantomatique du personnage interprété par Lillian Gish grâce à la mise au point d’une lumière diffuse. Les interprétations de Richard Barthelmess, dans le plus grand rôle de sa carrière, et de Lillian Gish, vulnérable et émouvante, sont largement saluées par la critique. Le sourire esquissé par deux doigts placés aux commissures des lèvres et une autre scène, la plus terrifiante du film, marqueront l’histoire du cinéma et notamment Buster Keaton dans Go West (1925) et Stanley Kubrick dans Shining (1980).

Samantha Leroy