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samedi 4 mars 2017, 21h30

Salle Jean Epstein

21h30 → 23h05 (95 min)

Roger Leenhardt
France / 1947 / 95 min / 35mm

Avec Odile Versois, Michel François, Pierre Dux.

Une famille passe ses dernières vacances dans une propriété dont elle doit se séparer. Les enfants se liguent pour éviter la vente. Jacques, amoureux de sa cousine Juliette, voit d'un mauvais œil l'arrivée d'un potentiel acheteur qui semble s'intéresser à elle.

« Je ne l'ai jamais vu. Il a inspiré Louis Malle et François Truffaut et, d'après ce que l'on m'a dit, d'autres auteurs de la Nouvelle Vague. Peut-être peut-il nous inspirer, nous aussi. » (Wes Anderson)

Les Dernières vacances est un film singulier dans le paysage du cinéma français de l'après-guerre. Sa fraîcheur et sa modernité annoncent le style de la Nouvelle Vague et, malgré un accueil public discret à sa sortie en 1948, le film trouve par la suite la reconnaissance des cinéphiles grâce à ses multiples diffusions dans les ciné-clubs. Ancien critique à Esprit, « éminence grise de l'intelligence cinématographique » comme le qualifie André Bazin, Roger Leenhardt a jusqu'alors réalisé une dizaine de courts métrages. Poussé par le producteur Pierre Gérin, ancien directeur de l'IDHEC, il écrit le scénario et les dialogues des Dernières vacances, avec la contribution de son beau-frère Roger Breuil, et réalise le film. La structure est romanesque et le sujet n'est pas sans rappeler un modèle de la littérature française du début du XXème siècle, le « roman de domaine ». En engageant une jeune danseuse de l'Opéra de seize ans pour le rôle de Juliette (Étiennette de Poliakoff, qui adopte dès ce premier film le pseudonyme d'Odile Versois), Leenhardt contribue à l'évolution du « portrait cinématographique français de la jeune fille du plan Musset au plan Giraudoux » (Chroniques de cinéma, Éditions de l'Etoile, 1986), et en finit par la même occasion avec une facture théâtrale alors souvent de mise dans le cinéma français. La photographie lumineuse de Philippe Agostini confie aux instants suspendus de ce dernier été dans le Midi une atmosphère douce et poétique. Avec une grande subtilité, Leenhardt évoque la fin irrévocable et déjà nostalgique de l'utopie de l'enfance, lorsque la grâce et l'élan laissent place à la lucidité abrupte d'un âge (presque) adulte dénué de fantaisie.

Samantha Leroy