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jeudi 9 mars 2017, 21h15

Salle Henri Langlois

21h15 → 22h40 (83 min)

Joe Dante, Allan Arkush
Etats-Unis / 1976 / 83 min / 35mm / VOSTF

Avec Paul Bartel, Mary Woronov, Jonathan Kaplan.

La belle et ingénue Candy Wednesday débarque à Hollywood pour y tenter sa chance. D'abord embauchée comme cascadeuse, elle devient rapidement une des têtes d'affiche des studios Miracle Pictures.

Copie 35 mm issue des collections de Sally Cruikshank et Jon Davison à l'Academy Film Archive.


« Miracle Films. Si c’est un bon film, c’est un miracle. » (carton d'ouverture)

Il y a quelque chose de joyeux dans les débuts de Joe Dante derrière une caméra, une forme de bravade rigolarde et bienveillante dont le réalisateur de Gremlins ne se départira jamais vraiment par la suite. Combien de cinéastes ont-ils inauguré leur carrière avec un pari absurde, de ces gageures qu’on se lance, tête-brûlée, en sachant pertinemment qu’elles sont une fausse bonne idée ? Au moins un. Joe Dante…

Nous sommes en 1977. Modeste monteur de bandes annonces pour les studios New World Pictures, Dante convainc son patron, Roger Corman, de lui confier une caméra pour réaliser son premier film. Tout en précisant qu’il souhaiterait si possible se lancer avec le plus petit budget de l’histoire du studio. Le débutant hérite de 60.000$, de stockshots et de chutes de pellicules, rogatons de celluloïd abandonnés par les autres réalisateurs de l’écurie Corman, sur lesquels Dante va imprimer ses premiers délires loufoques. Ce n’est pas la moindre des surprises que réserve Hollywood Boulevard : le saisissement devant ces premiers bricolages, qui disent tout autant l’humilité du cinéaste en devenir que l’exaltation quasi-enfantine des premières fois. On pensait regarder une simple sexy comédie potache, et on découvre entre deux fous rires émus les prémices d’une œuvre. Car tout Joe Dante est déjà là, caché dans les collures de son premier film : l’impétuosité burlesque des productions maison mais aussi l’érudition cinéphage, les amitiés (Hollywood Boulevard est la première collaboration d’une longue série avec son acteur fétiche, Dick Miller), les œillades affectueuses à la série B et cette verve féroce qui, déjà, dessinent les contours d’un univers. Il faut donc revoir ces premiers pas à l’aune de l’œuvre qui suivra, mais aussi des projets à venir de Joe Dante. Cette année 2017 marquera son retour aux affaires, avec un biopic de… Roger Corman. Le cinéma de Dante, et ce n’est pas la moindre de ses qualités, est aussi affaire de fidélités.

Xavier Jamet