Andy Warhol, le portrait avide : "J'ai réalisé mes premiers films en utilisant, pendant plusieurs heures, juste un acteur faisant la même chose à l'écran : manger ou dormir ou fumer. J'ai fait cela car d'habitude les gens vont au cinéma juste pour voir la star, pour la dévorer, donc là vous avez une chance de voir la star aussi longtemps que vous voulez, qu'importe ce qu'elle fait, et de la dévorer autant que vous voulez." (Andy Warhol, entretien avec Gretchen Berg, Cahiers du cinéma in English, mai 1967)
À l'occasion de l'exposition "Le grand monde d'Andy Warhol" aux Galeries Nationales du Grand Palais (à partir du 18 mars), la Cinémathèque propose une programmation autour du portrait warholien. Minimal, fétichiste, contemplatif, obsessionnel et, littéralement et dans toutes les graphies, avide : le portrait warholien produit des effets d'épiphanie incomparables. Sans le savoir, Andy Warhol accomplit le rêve de Jean Epstein : "Jamais encore un visage ne s'est encore penché sur le mien. Au plus près il me talonne, et c'est moi qui le poursuis front contre front. Ce n'est même pas vrai qu'il y ait de l'air entre nous ; je le mange. Il est en moi comme un sacrement. Acuité visuelle maxima." (Grossissement, 1921)
Les portraits de Warhol permettent d'observer non seulement la pression du temps sur les visages et les corps, mais un usage direct et minimal des instruments de reproduction visuelle. "Warhol commença par utiliser une Bolex 16mm, qui prenait cent pieds de pellicule (environ 2 min 45 à 24 images/seconde), mais obligeait à recharger toutes les vingt secondes. Il lui ajouta un moteur, ce qui lui permit d'enregistrer cent pieds en continu, sans s'arrêter pour recharger. Il tourna avec ce matériel jusqu'en 1963, et en 1964 il choisit une Auricon avec un grand magasin (400 pieds). Le premier film tourné avec l'Auricon fut Empire." (Tony Rayns)
Amorces, perforations, durée mécanique de la bobine, collures, surexposition de fin de magasin... Les portraits warholiens mettent face à face, à cru, la vulnérabilité humaine et le dispositif cinématographique.
Nicole Brenez
Présentation vidéo de la programmation par Nicole Brenez
Deux cent cinquante oeuvres - parmi le millier de portraits peints depuis le début des années soixante - sont présentées aux côtés de grands thèmes qui permettent d’ouvrir l’exposition sur une vision rétrospective. Avec l’ambition de restituer l’effet du principe de répétition que Warhol
avait à l’esprit en réalisant son oeuvre, la RMN présente pour la première fois cet ensemble considérable de tableaux qui constitue une archive sans précédent dans l’histoire de la peinture et de la photographie.
Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux en collaboration avec le Andy Warhol museum de Pittsburgh.
Vendredi 3 Septembre 2010
| 14h30 | QUAND LES TAMBOURS S'ARRÊTERONT HUGO FREGONESE | HL |
| 17h00 | Cycle Ernst Lubitsch JE NE VOUDRAIS PAS ETRE UN HOMME / LA JOYEUSE PRISON ERNST LUBITSCH | HL |
| 19h00 | Cycle Ernst Lubitsch MONTE-CARLO ERNST LUBITSCH | HL |
| 20h00 | CINEMA BIS: EXPLOITATION COREENNE | GF |
| 20h30 | L'AVOCAT GASTON RAVEL | JE |
| 21h00 | Cycle Ernst Lubitsch PARADE D'AMOUR ERNST LUBITSCH | HL |
Samedi 4 Septembre 2010
| 14h30 | Cycle Ernst Lubitsch UNE HEURE PRES DE TOI ERNST LUBITSCH, GEORGE CUKOR | HL |
| 17h00 | Cycle Ernst Lubitsch LES YEUX DE LA MOMIE MA ERNST LUBITSCH | HL |
| 19h00 | Cycle Ernst Lubitsch LECTURE: AMITIE - LA DERNIERE RETOUCHE D'ERNST LUBITSCH | GF |
| 19h00 | Cycle Ernst Lubitsch BILLET COUPLE LECTURE "AMITIE..." ET PROJECTION "HAUTE PEGRE" | GF |
| 19h15 | Cycle Catherine Breillat ROMANCE X CATHERINE BREILLAT | HL |
| 20h30 | ARSENAL ALEXANDRE DOVJENKO | JE |
| 21h15 | Cycle Ernst Lubitsch HAUTE PEGRE ERNST LUBITSCH | HL |
| 21h30 | Cycle Catherine Breillat UNE VIEILLE MAITRESSE CATHERINE BREILLAT | GF |