
7 à Paris
« Le film de Wajda a le mérite de rester fidèle à l’Histoire, d’avoir su recréer, l’espace d’un film, l’ambiance lourde et tenace engendrée par la Révolution. Les acteurs sont admirables dans leurs rôles, les décors et les costumes d’une grande beauté formelle. Beauté formelle, voilà, le mot est lâché. »
Claude Petit-Castelli, 12/01/1993
L’Aurore
« Un film intimiste essentiellement fondé sur l’effondrement à la fois animal et intellectuel des deux adversaires (…). Une peinture d’époque tout à fait captivante. Il faut dire qu’il a admirablement choisi ses trois interprètes principaux [Gérard Depardieu, Wojciech Pszoniak, Roger Planchon]. »
Claude Baignères, 08/01/1983
Le Canard Enchaîné
« Le film d’Andrzej Wajda constitue non seulement une fresque historique mais aussi un débat sur le droit, la liberté, le pouvoir. En bref, un film souvent grandiose et qui donne à réfléchir. »
Jean-Paul Grousset, 12/01/1983
La Croix
« Le thème politique se relativise. L’effet théâtral se charge de surréalisme. Le cri l’emporte sur l’histoire. Et c’est bien dans ce renversement des données que réside l’intérêt inattendu du film. Wajda ne fait pas parler l’histoire. La stricte reconstitution n’est pas son but. Il préfère provoquer, boursoufler, tente de calmer toute la cruauté de l’affrontement politique et d’en traduire à mesure égale les répercussions humaines. »
Jeannine Baron, 07/01/1983
Les Echos
« Prix Louis Delluc par manque, dit-on, de concurrents, ce Danton semble curieusement académique, alors qu’on l’aurait voulu de chair et de sang… Restent les comédiens, admirables [Wojciech Pszoniak, Anne Alvaro, Roger Planchon, Angela Winckler, Patrice Chéreau]. Et, surtout, Depardieu, une fois de plus exceptionnel et qui contribue beaucoup à donner au film, tout de même, une certaine flamme (…). »
Annie Coppermann, 07/01/1983
L’Express
« Pour la première fois, la Révolution française est montrée à l’écran sans Marseillaises survoltées, sans envolées patriotico-lyriques, sans homme de marbre. Cette Révolution-là, telle que la montre Wajda, sent la peur et le sang. Et la mort. »
François Forestier, 07/01/1983
Le Figaro
« Il est évident que le Danton de Wajda n’est pas un film historique. D’ailleurs, il n’y a pas de film historique. Cette expression n’a aucun sens. Un film est toujours d’aujourd’hui, qu’on le veuille ou non. Tout est toujours d’aujourd’hui. Qu’on vienne chicaner sur tel ou tel détail (…), ça n’est pas le problème. Nous ne sommes pas professeurs d’histoire et nous ne vivons pas en 1794. A la réalité historique, brouillard inaccessible, nous préférons la réalité dramatique, à notre portée. »
Jean-Claude Carrière, 05/01/1983
Le Figaro Magazine
« De quoi s’agit-il ? On me dit : pas de Pologne ! De la France révolutionnaire. Je veux bien. J’ai vu Danton. Je ni ai vu ni la Vendée et la chouannerie, ni la guerre européenne. Wajda ne nous dit rien de la liquidation de la gauche hébertiste (…), sans laquelle on ne comprend pas la liquidation de la droite dantoniste, douze jours après (…). Que nous montre-t-il de la France révolutionnaire ? Le duel Danton-Robespierre, homme contre homme. C’est tout. C’est peu. C’est long. »
Patrice de Plunkett, 08/01/1983
France Soir
« Magistral. Tout concourt à faire du Danton de Wajda une œuvre de première importance. L’opportunité historique ; l’excellence cinématographique ; la puissance émotionnelle née de l’opposition des deux conceptions de la révolution se concrétisant dans l’opposition des deux hommes, anciens amis devenus frères ennemis ».
Robert Chazal, 07/01/1983
L’Humanité
« J’ai ressenti le film de Wajda comme un outrage. A tous points de vue. Son esthétique me déplaît (…). Le fil à plomb fait défaut, dans tout ça. Et le débordant pathos, le plus dérisoire psychologisme ne font qu’y simuler une singerie de romantisme. On fait mieux comme modernité. »
Jean Marcenac, 21/01/1983
L’Humanité Dimanche
« Le style du film lui-même épouse les contours de la démonstration forcée, emporté par l’hystérie du face-à-face et du verbe. Ainsi se limite-t-on à un banal numéro d’acteurs encostumés et poudrés, dans une théâtralité du plus mauvais aloi cinématographique. C’est bel et bien dommage, et l’on attend encore de Wajda qu’il nous donne le grand film historique digne de sa réputation et d’un talent auquel nous avons cru naguère. »
Gérard Vaugeois, 07/01/1983
Libération
« Pour ma part, s’il faut pour une fois dire un peu de bien d’un téléfilm (et il est vrai que pur ce qui est du savoir-faire, de la poigne et du punch, Wajda écrase à lui seul mais sans grand mérite, un siècle de dramatique française, genre Misérables), ce n’est pas pour la façon (somme toute conventionnelle) dont Wajda et Carrière racontent l’histoire de Danton et de Robespierre, c’est pour le reste, pour la foule fiévreuse des figurants intelligents de cette histoire, sa chair plus ou moins anonyme. Car l’effet pervers du téléfilm costumé est, une fois de plus, celui-ci : ce sont les personnages qui ne dialoguent pas en direct avec le Sens de l’Histoire, ceux qui se contentent de persister dans le présent de leur rôle, ceux qui ne font pas de l’œil au spectateur par-delà le mur du temps, qui sont intéressants. »
Serge Daney, 07/01/1983
Le Matin
« Beau film, qui rompt définitivement, pourrait-on croire, avec le lyrisme baroque qui a longtemps été la marque de Wajda (…), Danton ne souffre que des faiblesses inhérentes aux coproductions internationales qui font s’affronter des comédiens parlant une langue différente. Il est évident que le malaise que nous ressentons face au personnage de Robespierre vient d’une postsynchronisation médiocre qui dessert l’interprète polonais. Depardieu, lui, fait peut-être un peu trop ce qu’il veut. Mais comme il ne veut pas n’importe quoi, et qu’il le fait bien, on ne songe qu’à l’applaudir. »
Michel Perez, 11/01/1983
Le Monde
« Une mise en scène narrative et, pourrait-on dire, classique entretient une tension permanente (…). Aucune image d’Epinal, aucun morceau de bravoure dans cette recréation magistrale des affrontements aboutissant, inéluctablement, à un procès politique jugé d’avance et où les accusés se voient refuser le droit à la parole. »
Jacques Siclier, 06/01/1983
Les Nouvelles littéraires
« Opéra funèbre, le Danton de Wajda vous remue le cœur et l’âme. Plus tard, la tête froide, il continue son travail ! Vous aviez cru voir un spectacle en costumes. Vous avez suivi un débat d’idées. Le plus fondamental qui soit. Nous savions bien que l’Histoire était un cauchemar. Wajda nous donne les images de ce cauchemar. »
Michel Boujut, 06/01/1983
Le Nouvel Observateur
« Classiquement filmé, sans un tremblement de caméra, Danton vaut par ses clés, ses références, son actualité. L’arme suprême d’un artiste, c’est la métaphore. Le cauchemar dénoncé par Wajda puise ses sources du côté de Varsovie [l’opposition Walesa-Jaruzelski]. »
[S.N.], 08/01/1983
Le Parisien
« Au niveau de la rigueur de la mise en scène et à celui de la tension dramatique, Danton atteint la puissance de huis clos cinématographiques tels que Ouragan sur le Caine, Douze Hommes en colère ou Condamné au silence… »
Eric Leguebe, 12/01/1983
Le Point
« Nul ne peut rester insensible à la qualité exubérante d’un tel spectacle. Techniciens et comédiens, français et polonais, soudés autour de la même ardeur créatrice, ont poli ce bel ouvrage avec un rare mélange de passion et de savoir-faire. Au cœur de l’œuvre, la trogne, le gueuloir, la faconde tonitruante et ravageuse, l’instinct à l’état pur de Gérard Depardieu : il n’est pas tout le film, mais sans lui il n’y aurait pas de film. L’admiration, au sortir de Danton, est donc de rigueur. »
Pierre Billard, 10/01/1983
La Quinzaine littéraire
« Wajda domine la situation : chaque plan est un rappel de sa maîtrise. Seul capable de vaincre le mouvement, il en fait la démonstration en deux temps. Il transforme d’abord le plateau en une sorte de fourmilière affolée. Ça bouge de partout (…). Le crime rôde, mais la justice marche et la mise en scène suit le mouvement. Son génie se reconnaît à sa mobilité, à l’assurance qui lui permet de s’ouvrir un passage dans la foule et à la sûreté qui lui permet de toujours faire le bon choix, de s’y retrouver, de suivre le personnage qui en fera le plus ou bien dont le déplacement lui permettra de tout voir et de tout montrer. »
Louis Seguin, 01/02/1983
Le Quotidien de Paris
« On a compris que ce film, si soignés que soient les couleurs, les costumes, les décors, si réussis que soient certains épisodes, mais naturellement si forts qu’on se demande comment on pourrait les rater, n’ajoute pas grand-chose au palmarès de Wajda et rien à notre connaissance de la Révolution. Au reste, les acteurs français sont pour la plupart aussi peu dirigés et maîtrisés que leurs personnages, en particulier Depardieu, Danton glouton et bâfreur, mais hâve, lugubre et… aphone (…) ou Planchon (Fouquier-Tinville) et Chéreau (Camille Desmoulins) à qui on a lâché la bride. »
Dominique Jamet, 10/01/1983
Révolution
« On peut se demander si la rencontre autour d’un film comme celui-ci d’importants fonds d’état (…) et de raisons politiques (…) n’a pas fortement brouillé les cartes. La puissance de la principale société de production (…) et la pugnacité des attachés de presse faisant le reste, on s’est trouvé devant cette situation de fait : il faut avoir vu Danton. Ne serait-ce que pour le trouver mauvais. »
Emile Breton, 28/01/1983
La Revue des Deux Mondes
« Danton est un film intéressant, important même à certains titres, mais qui, venant d’Andrzej Wajda, ne nous comble pas. Quand on réalisé des œuvres aussi admirables que Cendres et diamants, Paysage après la bataille, Le Bois de bouleaux, La Terre de la grande promesse ou Les Demoiselles de Wilko qui sont tous des chefs-d’œuvre du cinéma mondial, on déçoit ses admirateurs avec ce Danton. Mais notre respect pour l’homme, notre estime pour son talent et pour l’ensemble de son œuvre restent intacts : nous lui souhaitons ardemment de pouvoir faire bientôt, en Pologne, un film de son choix, qu’il réalisera comme bon lui semble, dans son paysage familier. Un film où il se reconnaisse : car ni lui, vraisemblablement, ni nous, ne nous reconnaissons en Danton. »
Roger Régent, 01/02/1983
Rouge
« Ce que nous voyons (…) c’est plus un beau film lyrique, remarquablement interprété, qu’une analyse historique. Wajda sincère ici dans une manière traditionnelle de raconter l’Histoire en images, et il le fait avec un immense talent, et sans nullement se diminuer ».
Paul-Louis Thirard, 07/01/1983
Le Soir (Bruxelles)
« Historiquement, le film est inexact, faussé volontairement ou par ignorance (…). Cinématographiquement, le film est raté. Se contenter de faire apparaître les acteurs devant une caméra unique et immobile pour débiter leur texte et gesticuler, c’est du théâtre filmé, périmé, pas du cinéma (…). Son film est privé de tout dynamisme. »
Jean Montardat, 12/01/1983
Télérama
« C’est un drame qui se joue avec violence et passion. On ne s’y prosterne pas pieds et poings liés devant le destin. On s’y débat, on y jette toutes ses forces et toutes ses faiblesses. On s’y rebelle avec superbe et générosité. Wajda ne regarde pas le combat de ses titans de la Révolution de l’extérieur, mais de l’intérieur, en quelque sorte du ventre même de l’action. Dans Danton, on sent la respiration de la vie. Les petites histoires s’y inscrivent glorieusement dans la grande. »
Jean-Luc Douin, 05/01/1983
Vendredi 10 Septembre 2010
| 14h30 | SALOME CARMELO BENE | HL |
| 17h30 | Cycle Catherine Breillat ZANZIBAR CHRISTINE PASCAL | GF |
| 19h00 | Cycle Ernst Lubitsch LE LIEUTENANT SOURIANT ERNST LUBITSCH | HL |
| 19h30 | Lech Kowalski LECH KOWALSKI, D.O.A. LECH KOWALSKI | GF |
| 20h30 | LE CRIME DE LORD ARTHUR SAVILLE RENE HERVIL | JE |
| 21h00 | Cycle Ernst Lubitsch PARADIS DEFENDU ERNST LUBITSCH | HL |
| 21h30 | Lech Kowalski LECH KOWALSKI, BREAKDANCE, GRINGO LECH KOWALSKI | GF |
Samedi 11 Septembre 2010
| 14h00 | Cycle Catherine Breillat PARFAIT AMOUR ! CATHERINE BREILLAT | HL |
| 14h00 | Cycle Catherine Breillat BILLET COUPLE PROJECTION "PARFAIT AMOUR" ET LECON DE CINEMA "BREILLAT PAR BREILLAT" | HL |
| 15h00 | Cycle Ernst Lubitsch LA DAME AU MANTEAU D'HERMINE ERNST LUBITSCH, OTTO PREMINGER | GF |
| 17h00 | Cycle Catherine Breillat BREILLAT PAR BREILLAT | HL |
| 18h30 | Cycle Catherine Breillat Les RDV de la Librairie : Catherine Breillat |
| 19h00 | Cycle Ernst Lubitsch ILLUSIONS PERDUES ERNST LUBITSCH | HL |
| 19h30 | Cycle Catherine Breillat BARBE BLEUE CATHERINE BREILLAT | GF |
| 20h30 | LES COEURS CAPTIFS MICHAEL RADFORD | JE |
| 21h00 | Cycle Ernst Lubitsch LA DUBARRY ERNST LUBITSCH | HL |
| 21h30 | Cycle Catherine Breillat UNE VIEILLE MAITRESSE CATHERINE BREILLAT | GF |