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LAUREL ET HARDY

Du 9 décembre 2009 au 11 janvier 2010
Le tandem le plus célèbre de l'histoire du cinéma burlesque américain. Ils ont inventé un burlesque particulier, un goût pour les gags "à combustion lente", une subtile chorégraphie arithmétique.
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BONS POUR LE SERVICE - JAMES W. HORNE
Etats-Unis - 1935 - 80' - SALLE GEORGES FRANJU - VF - 35mm
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Etats-Unis - 1931 - 60' - SALLE GEORGES FRANJU - VOSTF - 16mm
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Etats-Unis - 1927 - 80' - SALLE HENRI LANGLOIS - INT.FR
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Etats-Unis - 1927 - 80' - SALLE GEORGES FRANJU - INT.FR - 16mm
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Etats-Unis - 80' - SALLE GEORGES FRANJU - INT.FR - 16mm
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Etats-Unis - 1946 - 105' - SALLE GEORGES FRANJU - VF - 35mm
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Etats-Unis - 1928 - 80' - SALLE GEORGES FRANJU - INT.FR - 16mm

Les deux compères


Laurel et Hardy ne forment qu'une entité, un seul corps divisé en deux. Un gros et un maigre. Un joufflu qui roule les mécaniques, et un lunaire. Le maigre, Stan Laurel, celui qui fait souvent la moue et parfois pleurniche comme un gosse, est né le 18 juin 1890 à Cumbria, en Angleterre. Des deux c'est lui le plus poète. Quant au gros, Oliver Hardy, il est né deux ans plus tard à Harlem, Géorgie, USA. Chacun de son côté a fait un début de carrière en solo avant de rencontrer l'autre. Leur association sous la marque "Laurel et Hardy" sera l'une des plus fécondes de toute l'histoire du burlesque. On dit qu'à la mort de Hardy, le 7 août 1957, Laurel ne s'en remit pas au point de sombrer dans une grave dépression. Il est mort lui-même le 23 février 1965 à Santa Monica après une vie bien remplie.

Qu'est-ce qui fait que leur alliance ait à ce point si bien fonctionné ? Pour répondre, il suffit de revoir quelques-uns de leurs films. Piochons au hasard.

Les Deux musiciens (Below Zero, 1930)


Le duo joue de la musique devant une maison, alors que la neige tombe. Dépités, les doigts gelés, ils s'étonnent que les passants ne s'arrêtent pas et ne leur donne aucune pièce. Le gag, comme souvent, vient de leur retard à l'allumage : la maison devant laquelle ils stationnent est réservée à des sourds muets. Ils s'installent plus loin, mais les catastrophes s'enchaînent. Avec Laurel et Hardy le pire n'est jamais atteint. Suit l'épisode du portefeuille trouvé dans la neige, appartenant à un policier que nos deux compères convient généreusement à déjeuner. On devine la suite. Ce qui frappe c'est la pureté formelle, le cadrage (le jeu avec le hors-champ) et le bruitage (c'est du cinéma sonore mais qui porte avec joie les traces du muet). Du grand Art.

Les Deux Vagabonds (Scram !, 1932)


Au tribunal, Laurel et Hardy sont accusés de vagabondage par un juge qui les condamne à ne faire qu'une heure de prison, tellement celle-ci est déjà pleine. Dehors, un riche homme bien habillé perd sa clé de voiture, qui tombe à travers une grille sur le trottoir. L'homme est ivre mort. Jeux d'équilibre, poursuite avec un policier (figure obligée du burlesque), acrobatie et chutes. Plus tard, une scène de fou rire incroyable entre les deux compères et une femme réveillée la nuit dans une maison où Laurel et Hardy se sont introduits. Rendue ivre, Mme de Beaumont n'est autre que l'épouse du juge...

The Bohemian Girl (La Bohémienne, 1936)


Le film commence comme une comédie musicale. Des gitans chantent et installent leur campement sur les terres d'un Comte qui vit dans son château entouré de sa garde. Décors et costumes d'époque, tout est parfait. Le Comte, apprenant que les bohémiens campent sur ses terres, exige leur départ. Ça chante et ça danse, tandis que Laurel et Hardy épluchentdes patates. Laurel surprend la femme de Hardy en train d'embrasser son amant : "Il n'y a rien de mal, lui dit Hardy, il faut avoir les idées larges". Laurel et Hardy sont si proches, si fusionnels, qu'il est impossible que l'un puisse s'éloigner de l'autre sous prétexte d'être marié. La nuit venue, les deux coquins s'en vont au village faire leurs larcins. Avec un talent inimitable fait de maladresse et de roublardise, ils dépouillent un aristocrate de son argent. Mais, plus qu'à voler les autres, Laurel et Hardy passent leur temps à se voler l'un l'autre à tour de rôle. Leur désir n'est pas de posséder, mais de déposséder l'autre du peu qu'il a, dans une sorte de rivalité enfantine. Les choses sérieuses se passent au second plan du film, quand l'amant de la femme de Hardy kidnappe la fillette du Comte, Arline. Celle-ci est présentée à Hardy comme sa fille, ce qu'il accepte avec un naturel déroutant. De la même manière qu'il est incongru que Hardy soit marié, il est inenvisageable qu'il soit père, ou alors par une sorte de miracle. Douze ans plus tard, Arline a grandi et rêve en chantant qu'elle est une princesse. Pendant que Laurel s'emploie à remplir des bouteilles de vin (scène hilarante et muette digne d'un mime de génie), Arline s'en va du côté du château où elle entend la voix du Comte chanter sa tristesse d'avoir perdu sa fille. Prise pour une bohémienne, la jeune fille est arrêtée. Hardy vient chercher le renfort de Laurel, complètement ivre. Au moment où Arline est menacée de se faire fouetter, son père reconnaît le pendentif qu'il lui avait donné lorsqu'elle était enfant. Tout finit pour le mieux. Laurel et Hardy, malgré eux, créent les conditions pour que l'harmonie revienne.

Bons pour le service (Bonnie Scotland, 1935)


Stanley MacLaurel est censé hériter d'un grand-père écossais qu'il n'a pas connu. Les deux compères débarquent dans un village d'Écosse pour découvrir que l'héritage se limite à une cornemuse et une bague à tabac. Une scène incroyable, où leur génie de la domesticité est à l'oeuvre. Dans la chambre d'hôtel qu'ils n'ont pas les moyens de payer, Laurel revient avec un morceau de morue qu'il a échangé contre leurs manteaux. Comment cuire le poisson ? À l'aide d'une bougie placée sous le sommier du matelas, celui-ci servant de grill. Pendant que Laurel surveille la cuisson, Hardy met la table en se servant des tiroirs d'une commode. La catastrophe ne fera qu'empirer. Laurel et Hardy sont les rois de la vie domestique. Partout où ils passent, rien ne survit intact. Leur capacité de destruction est infinie. Enrôlés dans l'armée écossaise, les deux compères se retrouvent en Inde, tandis que se déroule la romance entre une riche héritière et son fiancé. Laurel et Hardy deviennent malgré eux des héros.

Chaque film avec Laurel et Hardy raconte le processus qui mène à la résolution harmonieuse d'une histoire qui ne les concerne pas, tandis qu'eux s'emmêlent les pinceaux du fait de leur incurable maladresse. Mais ce qu'il y a d'admirable, c'est leur sens de la chorégraphie, leur souplesse physique, leur capacité de prendre des coups et de rebondir. Et surtout d'occuper tout l'espace. Leur obscénité est donnée comme naturelle (ils dorment dans la même chambre et dans le même lit) : ils sont l'un l'autre les deux médailles d'une même pièce. Que l'on se tourne vers ou vers l'autre, l'on rit car ces deux nigauds ont du génie.

Serge Toubiana


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Etats-Unis - 100' - SALLE HENRI LANGLOIS
Séance accompagnée au piano par Lawrence Leherissey

Tandis que la Cinémathèque française rend hommage à la frénésie comique de Laurel et Hardy, ce sont tous leurs films ou presque qui sortent en 22 DVD. Goût du jour oblige, il s'agit d'une édition pour partie « colorisée » (chaque film étant doublé de sa version noir et blanc), où les traditionnels bonus cèdent la place à d'autres courts-métrages du tandem, le tout livré dans un joyeux désordre de titres à la mesure d'une filmographie prodigue et brouillonne (...)

En savoir plus : la chronique du coffret 22 DVD

La rétrospective Laurel et Hardy est l'occasion de revenir sur un ouvrage exceptionnel de Pierre Étaix, véritable hommage aux burlesques américains. Le livre est commenté par Odile Étaix et Emmanuel Dreux, tous deux spécialistes du burlesque et des clowns.

En savoir plus : l'article Clowns au cinéma - un livre de Pierre Étaix

 

Remerciements :

Hal Roach Library (Ellen Theg)
Cinematographische Commerz Anstalt
Twentieth Century Fox
Hollywood Classics
MGM-UA
Lobster Films
UCLA
Library of Congress
National Film and Television Archive / BFI
Cinémathèque de Toulouse
Cinémathèque royale de Belgique
Cineteca del Friuli
André Lamy
Lawrence Lehérissey


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Programmation et calendrier

Jeudi 9 Septembre 2010

14h30LA PROIE NUE
CORNEL WILDE
HL
17h00Cycle Ernst Lubitsch
LES FILLES DE KOHLHIESELS / DOKTOR SATANSOHM
GF
19h30Cycle Catherine Breillat
SEX IS COMEDY
CATHERINE BREILLAT
GF
20h00Cycle Ernst Lubitsch
LA POUPEE
ERNST LUBITSCH
Accompagnement musical par Neil Brand
HL
20h30CHANTAGE
HENRI DEBAIN
JE
21h30Cycle Catherine Breillat
BREVE TRAVERSEE
CATHERINE BREILLAT
GF

Vendredi 10 Septembre 2010

14h30SALOME
CARMELO BENE
HL
17h30Cycle Catherine Breillat
ZANZIBAR
CHRISTINE PASCAL
GF
19h00Cycle Ernst Lubitsch
LE LIEUTENANT SOURIANT
ERNST LUBITSCH
HL
19h30Lech Kowalski
LECH KOWALSKI, D.O.A.
LECH KOWALSKI
GF
20h30LE CRIME DE LORD ARTHUR SAVILLE
RENE HERVIL
JE
21h00Cycle Ernst Lubitsch
PARADIS DEFENDU
ERNST LUBITSCH
HL
21h30Lech Kowalski
LECH KOWALSKI, BREAKDANCE, GRINGO
LECH KOWALSKI
GF
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Septembre - novembre 2010