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JIM CARREY

Du 1er au 14 février 2010
C'est le plus grand acteur burlesque actuel. Ses mimiques, la plasticité de ses expressions, ses imitations sont le symptôme génial d’une transformation générale du monde et de la société en pur spectacle, où l'infantilisation se mêle à une certaine obscénité, comme en témoignent les hilarants Dumb and Dumber ou Disjoncté. Milos Forman, dans son Man on the Moon, a su utiliser l'acteur dans un rôle « sérieux », véritable réflexion sur l'idée même de spectacle.
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BRUCE TOUT-PUISSANT - TOM SHADYAC
Etats-Unis - 2002 - 101' - SALLE GEORGES FRANJU - VOSTF - 35mm
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Etats-Unis - 2009 - 96' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - Numérique
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Etats-Unis - 1994 - 90' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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DUMB AND DUMBER - BOBBY FARRELLY, PETER FARRELLY
Etats-Unis - 1994 - 106' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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THE MASK - CHARLES RUSSELL, CHUCK RUSSELL
Etats-Unis - 1994 - 100' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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ACE VENTURA EN AFRIQUE - STEVE OEDEKERK
Etats-Unis - 1995 - 98' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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FOUS D'IRENE - BOBBY FARRELLY, PETER FARRELLY
Etats-Unis - 1999 - 117' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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Etats-Unis - 2004 - 108' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
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YES MAN - PEYTON REED
Etats-Unis - 2007 - 104' - SALLE GEORGES FRANJU - VOSTF - 35mm
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LA DERNIERE CIBLE - BUDDY VAN HORN
Etats-Unis - 1988 - 92' - SALLE GEORGES FRANJU - VOSTF - 35mm

Jim Carrey. L'homme médium.

Les corps du cinéma burlesque ne font pas autre chose que de nous parler du monde réel, présent, immédiat. Lorsque le cinéma n'est plus que le témoin de la fin d'une certaine conception de l'Histoire, de la crise de l'image comme enregistrement pur du visible, de la disparition de la frontière qui séparait virtualité et réalité, du règne totalitaire de l'image pure, il produit aussi la silhouette comique qui incarnera cette mutation. Jim Carrey n'est pas seulement un adulte qui a conservé les mimiques de l'enfance. Il est à la fois le témoin et l'antidote de la lente et désastreuse infantilisation de la société. Il est surtout le symbole d'une « médiatisation » générale du monde, de la transformation de celui-ci en pur spectacle, de sa substitution par un double façonné par les industries culturelles.

Jim Carrey est né à Newmarket au Canada le 17 janvier 1962. Il développe très jeune des talents comiques et débute dans divers cabarets de Toronto avant de s'installer, en 1979, à Los Angeles. Il débute au cinéma dans la comédie fantastique Once Bitten avec Laureen Hutton, tient un petit rôle dans Peggy Sue s'est mariée de Francis Ford Coppola, Pink Cadillac et L'Inspecteur Harry est la dernière cible de Buddy Van Horn, deux films produits par Clint Eastwood. Il devient au début des années 1990, la vedette du show télévisé comique In Living Color des frères Wayans.
On le découvre en France au cinéma avec The Mask de Chuck Russel. Le film impose l'image d'un corps humain à la plasticité assistée par des prothèses numériques, une mutation d'un personnage par l'intrusion du dessin animé, une redondance donc. Ou peut-être un contresens. Jim Carrey a inventé un personnage entièrement façonné par les logos, signaux et réflexes du divertissement de masse depuis un siècle. Ace Ventura, détective pour chien et chats, Ace Ventura en Afrique, Dumb and Dumber ont créé la figure « postmoderne » d'un comique régressif jusqu'à la scatologie, infantile. Mais il s'agit ici de la face noire et mortifère de cette sacralisation de l'enfance, de l'érection de celle-ci en modèle idéale de comportement dans les sociétés industrielles occidentales. « Tout ce qui se présente comme innocent est par définition glaçant » (1). C'est une forme hyperbolique, extatique, l'inflation jusqu'à explosion du babil enfantin, du balbutiement décomplexé, de l'imitation juvénile et candide d'un monde adulte qui serait encore hors d'atteinte. D'où un malentendu de départ. L'infantilisme étant une des clefs de son personnage, les films de Jim Carrey ont été considérés longtemps, par le public et les distributeurs comme uniquement destinés aux enfants. Pourtant, la capacité de l'enfance à reproduire, à mimer, à caricaturer ce qui la sollicite continuellement , devient, avec lui, une forme de critique radicale. Le mimodrame enfantin devient le miroir déformant de tous ces signaux vidés de sens émis aujourd'hui par les industries culturelles et les jeux de l'enfance se dévoilent comme un refoulé immonde, une détermination honteuse et obscène jusqu'à cette dégoûtante involution pré humaine que montre la scène d'accouchement du rhinocéros en plastique dont émerge un Jim Carrey entièrement nu dans Ace Ventura en Afrique. D'ailleurs, bien plus tard, dans Bruce Tout puissant, n'a-t-il pas obtenu le privilège recherché par chaque enfant, celui de voir le monde se plier totalement à sa volonté conformément aux impératifs d'un pur principe de plaisir ?

C'est sans doute dans Cable Guy (Disjoncté) en 1996 qu'ont définitivement été consolidées les bases théoriques du personnage de Jim Carrey. Il y incarne un installateur de télévision câblée qui harcèle jusqu'à plus soif un de ses clients, un jeune cadre incarné par Matthew Broderick, à seule fin de devenir son ami. Son personnage fut un enfant unique élevé par une mère célibataire et volage. Celle-ci le contraignait à rester devant sa télévision durant ses escapades sexuelles. Lâché désormais dans un univers dont il n'a perçu que le reflet filtré et déformé du petit écran, il va littéralement devenir un homme qui ne fera que médiatiser le bruissement du spectacle contemporain. Le cable guy n'a pas de nom. Ou plutôt il en a plusieurs, celui des héros de feuilletons télévisés des années 1970. Il régurgite ensuite, comme une seconde nature, les bruits indifférenciés du spectacle moderne, hurlements de dessins animés ou beuglements de la musique rock. Sur ce point, la scène ou il offre à celui dont il veut s'attacher l'amitié une installation de karaoké est évidemment essentielle, qui inaugure l'appropriation mimétique par les individus réels d'une culture artificielle et nécrophage (le rock) créé par le spectacle lui-même. Parmi ces bruits que l'on a le sentiment d'entendre perpétuellement, au point de vivre avec eux sans plus connaître leur origine, qui font irrémédiablement partie de l'environnement contemporain, il y a bien sur les râles et gémissements du cinéma pornographique. Lorsque le cable guy scrute l'appartement de son client, à la recherche de l'endroit idéal pour brancher sa prise, il caresse les murs avec l'obscénité d'un hardeur titillant le clitoris de sa partenaire et encourageant son excitation, transformant alors l'appartement en organisme vivant et ses murs en une gigantesque zone érogène par le seul recours à cette gestuelle triviale. Là est sans doute effleurée (si l'on peut dire) la vraie nature du spectacle publicitaire qui érotise sans vergogne jusqu'au moindre objet, jusqu'au moindre comportement de consommation. Mais cette stratégie est ici bafouée. Elle se détruit par inflation, par exagération, par débordement, par une expansion délirante qui inventerait une « clitorisation » générale de l'univers. Le corps de Jim Carrey semble avoir absorbé toute une sous-culture ambiante qu'il vomit ensuite sous la forme de borborygmes parodiques et obscènes. C'est la dérision d'un mode dominé par les lois de l'entertainment. On peut en tout cas y déceler une mise en boite du spectacle moderne, ce spectacle mis en scène par les industries culturelles et qui a colonisé l'esprit de nos contemporains.

Très vite au fait de la nature singulière du burlesque de Jim Carrey, Hollywood s'est mis à construire des objets théoriques et « self conscious » autour de son personnage. Ce sera bien sur The Truman Show de Peter Weir (1998), un film imaginant un personnage dont la vie elle-même n'est qu'un soap opera, dont le quotidien est la substance d'un spectacle mis en scène qui le dépasse. Le film de Peter Weir, d'une certaine façon, est un retour à l'ordre. A l'irruption du refoulé burlesque se substitue une critique plus sage du spectacle au service, in fine, du spectacle lui-même. C'est avec Man on the Moon de Milos Forman (1999) que Jim Carrey rencontrera un double lointain, un fantôme, celui du comique Andy Kaufman, roi du canular et du sabotage burlesque de la télévision, dont le film constitue une forme de biographie à la fois romancée et analytique.

Andy Kaufman est un amuseur qui interloqua les téléspectateurs américains entre 1975 et 1983, par ses excès et son style atypique. La frontière introuvable qui sépare l'ironie de la candeur, le premier degré du second, l'humour décalé et la ringardise, la naïveté et la manipulation est donc au cœur du film de Forman. Jim Carrey y fait rentrer son personnage dans une catégorie incertaine. Après avoir absorbé puis restitué tous les spectacles du monde, il incarne un individu qui pratique la destruction du spectacle lui-même, l'irruption du réel dans la fiction, l'aléatoire dans la programmation, l'actualisation dans la mise en scène, le retour de l'évènement dans un monde qui travaillait à le supprimer grâce à ses industries de l'imaginaire. Andy Kaufman retourne le personnage de Jim Carrey : il tente de parvenir à la suppression totale du spectacle, et le prolonge dans le geste de son abolition .

Jean-François Rauger.



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I LOVE YOU PHILLIP MORRIS - GLENN FICARRA, JOHN REQUA
Etats-Unis - 2008 - 102' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
Avant-première en présence de Jim Carrey. Soirée privée. Complet.
ACHAT EN LIGNE FERME
Etats-Unis - 2009 - 96' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - Numérique
Projection numérique 3D

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Découvrez le nouveau rendez-vous du site web de la Cinémathèque française : les revue de presse patrimoniales. Tous les articles et revues cités sont accessibles à la Bibliothèque de la Cinémathèque française.

Batman forever

Braqueurs amateurs

Cash cash

Dumb and dumber

Eternal sunshine of the spotless mind

Fous d'Irène

The Grinch

The Majestic

Man on the moon

Le Nombre 23

Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire

Peggy Sue s'est mariée

Le Drôle de Noël de Scrooge

The Truman show

The Yes man

A Nous Paris  A Nous Paris GQ

Remerciements :

La Cinémathèque Royale de Belgique, Columbia Tri Star, EuropaCorp Distribution, Twentieth Century Fox France, Metropolitan Filmexport, Paramount Pictures France, Walt Disney Studios Motion Pictures France, Warner Bros Pictures France


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Programmation et calendrier

Vendredi 10 Septembre 2010

14h30SALOME
CARMELO BENE
HL
17h30Cycle Catherine Breillat
ZANZIBAR
CHRISTINE PASCAL
GF
19h00Cycle Ernst Lubitsch
LE LIEUTENANT SOURIANT
ERNST LUBITSCH
HL
19h30Lech Kowalski
LECH KOWALSKI, D.O.A.
LECH KOWALSKI
GF
20h30LE CRIME DE LORD ARTHUR SAVILLE
RENE HERVIL
JE
21h00Cycle Ernst Lubitsch
PARADIS DEFENDU
ERNST LUBITSCH
HL
21h30Lech Kowalski
LECH KOWALSKI, BREAKDANCE, GRINGO
LECH KOWALSKI
GF

Samedi 11 Septembre 2010

14h00Cycle Catherine Breillat
PARFAIT AMOUR !
CATHERINE BREILLAT
HL
14h00Cycle Catherine Breillat
BILLET COUPLE PROJECTION "PARFAIT AMOUR" ET LECON DE CINEMA "BREILLAT PAR BREILLAT"
HL
15h00Cycle Ernst Lubitsch
LA DAME AU MANTEAU D'HERMINE
ERNST LUBITSCH, OTTO PREMINGER
GF
17h00Cycle Catherine Breillat
BREILLAT PAR BREILLAT
HL
18h30Cycle Catherine Breillat
Les RDV de la Librairie : Catherine Breillat
19h00Cycle Ernst Lubitsch
ILLUSIONS PERDUES
ERNST LUBITSCH
HL
19h30Cycle Catherine Breillat
BARBE BLEUE
CATHERINE BREILLAT
GF
20h30LES COEURS CAPTIFS
MICHAEL RADFORD
JE
21h00Cycle Ernst Lubitsch
LA DUBARRY
ERNST LUBITSCH
HL
21h30Cycle Catherine Breillat
UNE VIEILLE MAITRESSE
CATHERINE BREILLAT
GF
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Septembre - novembre 2010