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LE CINEMA EN 3D

Du 16 décembre 2009 au 3 janvier 2010
Une sélection de films et de programmes en 3D de toutes origines de tous genres et de toutes époques, de L'Etrange Créature du lac noir à Meurtres à la Saint-Valentin en passant par Le crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock.
En raison de contraintes techniques, des changements d'horaires ont dû être effectués sur certaines séances. Les horaires qui apparaissent sur le site ont tous été mis à jour.
Par ailleurs, nous vous signalons que les versions des films sont indiquées sous réserve.
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Histoire d'une technique


Du 16 décembre au 3 janvier prochain, la Cinémathèque vivra au rythme du cinéma en relief. Pour cet événement exceptionnel, la salle Henri Langlois sera spécialement équipée afin de pouvoir passer différents types de procédés 3D. Durant trois semaines on pourra vivre le cinéma en trois dimensions et être à la fois le spectateur et le cobaye des expériences cinématographiques les plus inattendues.

Avatar de James Cameron va-t-il provoquer une révolution dans l'industrie, la technique et l'art cinématographiques, comme l'annoncent certains ? Ce film au budget colossal, qui contient environ 60 % d'images de synthèse obtenues par un nouveau système ("performance capture", qui succède à la "motion capture"), et qui est réalisé avec une caméra numérique Fusion 3D mise au point par Vince Pace, sera-t-il au cinéma ce que Le Chanteur de Jazz a été au "Talkies" ? Ce qui semble certain, c'est que la 3D numérique va de plus en plus envahir nos salles, nos écrans de télévision, d'ordinateur, nos smartphones, les jeux vidéo. "Dans cinq ans, tous les films hollywoodiens seront en 3D", annonce le patron de DreamWorks. Une nouvelle ère s'annonce, pour le meilleur et le pire.

Cet engouement pour l'image en relief, le cinéma l'a déjà connu à partir de 1952, notamment pour concurrencer le succès grandissant de la télévision. Une vague de films 3D s'est alors abattu sur le monde. De Popeye aux 3 Stooges, tous les genres cinématographiques ont été revisités, pour le plus grand profit des "money makers" (enfin, pas toujours...) et du public avide de nouvelles sensations.

Il ne faudrait pas croire cependant que la stéréoscopie animée est née avec le cinéma. En fait, les images "mouvementées" et en relief apparaissent dès le XIXe siècle, bien avant l'invention même du cinématographe. Quelques chercheurs-prométhéens ont rêvé d'assouvir un fantasme apparu dès la Renaissance : "voir le mouvement continué de place en place" avec son relief, ses détails et animations, et même avec les sons et les couleurs : déjà le mythe du "cinéma total"... La longue série d'inventions et d'améliorations qui allaient suivre est bel et bien à l'origine du cinéma en trois dimensions d'aujourd'hui dont, il faut le rappeler, la mise au point technique et l'exploitation commerciale restent encore un champ d'étude très ouvert.

Revenons aux origines. Le physicien anglais Charles Wheatstone, premier concepteur du stéréoscope à réflexion et à dessins géométriques (1838), suggère en 1849 de "combiner le principe du stéréoscope avec celui du phénakistiscope.

C'est durant l'année 1852 que les idées de Wheatstone reçoivent leurs premières applications concrètes, grâce à l'opticien parisien Jules Duboscq, qui a déjà commercialisé avec grand succès, en 1851, le stéréoscope à prismes de David Brewster.

Le grand (mais maladroit) pionnier dans l'enregistrement stéréoscopique des phases successives d'un mouvement sur pellicule celluloïd est l'Anglais William Friese-Greene. Plus on s'approche de l'extrême fin du XIXe siècle, plus les brevets et appareils à la fois stéréoscopiques et cinématographiques sont pléthore. Emile Reynaud, par exemple, qui avait brillamment résolu la question de la projection animée en 1892 avec son Théâtre optique, conçoit en 1902 un "appareil stéréocinématographique", dans lequel on visionne deux rangées d'images successives tirées sur papier et obturées par une couronne de miroirs prismatiques.

On se sert également très tôt de la technique anaglyphique prônée par Ducos du Hauron et d'Almeida. En 1925, Laurens Hammond permet aux Ziegfeld Follies d'exploiter ce procédé et J.A. Norling et J.F. Leventhal réaliseront, en 1936, pour la MGM, un court-métrage que le public regardait à travers des lunettes en gélatine rouge et bleue. Le système dit "Audioscopiks" allait engendrer d'autres recherches aux États-Unis, notamment en 1953, lorsque la MGM récidivera avec le "Metroscopix", présenté alors comme la nouveauté du siècle.

Le principe de l'image polarisée


C'est le principe de l'image polarisée qui a permis la grande vogue des films 3D durant les années 1950. Ici encore, le procédé est ancien : l'Anglais John Anderton en expose les grandes lignes dans un brevet daté de 1891 : deux lanternes magiques, équipées de prismes de Nicol, projettent de la lumière polarisée à travers un jeu d'images stéréoscopiques. L'expansion commerciale du procédé à lumière polarisée sera longtemps freinée par le problème de l'écran qui devait être métallisé et par la synchronisation des deux projecteurs, même si, rapidement, on proposa un seul projecteur équipé d'un jeu de miroirs. Toujours est-il que bon nombre de films 3D lancés par les États-Unis durant les années 1950 pour essayer de rivaliser avec la télévision, repose sur le principe de la stéréoscopie à lumière polarisée (Le crime était presque parfait).

Aujourd'hui la vieille utopie du cinéma intégral revient donc en force : la 3-D constitue encore et toujours une attraction forte auprès du public actuel, malgré le port de lunettes coûteuses (qu'il faut nettoyer à chaque utilisation) ou la médiocrité de certains films. Après plus de 150 ans d'expérimentations, les procédés numériques de cinéma 3D prônés par Cameron et les majors d'Hollywood vont-ils enfin permettre de résoudre véritablement la "question vitale" ?

Laurent Mannoni


La rétrospective


Il y eu dans l'histoire du cinéma, plusieurs moments où le procédé fut à la mode. En ajoutant un nouvel effet spectaculaire de perception qui donnait la sensation que l'image sortait de son cadre pour venir englober le spectateur, il s'agissait au début des années 1950, de dépasser la télévision, nouveau et redoutable concurrent du cinéma. Quelques films de prestige (Le Crime était presque parfait d'Alfred Hitchcock) ont côtoyé d'extravagantes séries B (L'Homme au masque de cire, Panique sur la ville, L'Etrange Créature du lac noir). Les objets semblaient parfois sortir de l'écran pour être projetés vers les spectateurs, ce qui transformait les séances en tours de manège imprévus et mouvementés. Il y eut au début des années 1980 une seconde vague de production de films en relief touchant des genres alors désuets (Western) ou à la mode come l'épouvante (Parasite, Amityville 3), les films d'arts martiaux (Dynasty) voire le cinéma pornographique. La floraison actuelle de films 3D utilisant le numérique sera également représentée.

Jean-François Rauger


ACHAT EN LIGNE FERME
Etats-Unis - 1953 - 108' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm
Séance d'ouverture. Abonnés Libre pass : les réservations sont closes.

Les grandes dates de la 3D


1849

Charles Wheatstone, physicien anglais, conçoit un appareil qui permet d’observer en relief des dessins puis des photographies, le stéréoscope.

1890

William Friese-Greene met au point la première caméra stéréoscopique à film.

1935

Louis Lumière réalise un remake anaglyphique de L’Arrivée du train en gare.


Les Années 50

Premier âge d’or du relief

Le principe de l’image polarisée permet la grande vogue des films 3D pendant les années 50.

1953

L’Homme au masque de cire d’André de Toth, avec Vincent Price. Classique du cinéma d’épouvante, le film marque les premiers pas de la Warner dans l’univers du cinéma en relief. Parmi les scènes justifiant la 3D, une séquence de french cancan au cours de laquelle le bateleur tape sur des balles avec ses raquettes de ping-pong ou s’adresse directement à la caméra. Borgne, De Toth n’a jamais pu profiter lui-même de son film en relief. Vincent Price, lui, est devenu avec ce film une star de l’épouvante, notamment pour les films de Roger Corman dans les années 60. Le succès du film entraîne la réalisation d’autres films en 3D, fantastiques ou westerns.

Le Météore de la nuit (1953) d’après un scénario de Ray Bradbury, classique du cinéma de science-fiction, réalisé par Jack Arnold.

L’Etrange créature du lac noir (1954), un des plus célèbres films de monstres, réalisé par Jack Arnold, dans lequel une expédition scientifique se retrouve confrontée à un monstre préhistorique, mi-poisson, mi-humain. À l’époque, le film bénéficia d’une imposante campagne publicitaire, vantant les mérites du « premier film en relief avec des séquences sous-marines ». Le passage de la version en relief du film à la télé (dans le cadre de l’émission La dernière séance) en octobre 1982 (avec lunettes équipées de filtres bleu et rouge distribuées avec un magazine de télévision), a marqué toute une génération de cinéphiles.

Fort Ti (1953) de William Castle ; Bataille sans merci (1954) de Raoul Walsh ; etc.

1954

Le Crime était presque parfait d’Alfred Hitchcock. Pour ce film célèbre, originellement tourné en 3D, en relief stéréoscopique, Alfred Hitchcock use d’effets qui sont restés célèbres : le gros plan de Tony (Ray Milland) tournant le cadran du téléphone, la main de Margot (Grace Kelly) cherchant à attraper une paire de ciseaux qu'elle finit par planter dans le dos de son meurtrier, la clé tendue par l'inspecteur (John Williams) à la toute fin du film. Mais de manière constante dans le film, la 3D permet de jouer avec la profondeur de champ, de mettre en avant plusieurs objets domestiques au premier plan, et d'avoir l'impression d'être physiquement présent dans les décors intérieurs, lieux principaux de l'action. Dans les années 50-60, alors qu'une soixantaine de films en relief ont été produits par les majors, l'équipement complexe requis pour les projections en salles a eu raison
une première fois de la 3D.

 

Début des années 80

Le cinéma 3D refait surface !

Le perfectionnement du procédé de Stéréovision (superposition et diffusion de deux images par le biais d'une focale anamorphique, permettant la stabilité de l'image et du son) va entraîner le renouveau du cinéma en relief et une vogue de films d'horreur en 3D : Parasite (1981), Charles Band ; Vendredi 13 : Meurtres en trois dimensions (1982), Steve Miner ; Amityville 3D (1983), Richard Fleischer ; Les Dents de la mer 3 (1983), Joe Alves.

1986

La révolution Imax 3D Création du format Imax pour Image Maximum : format de pellicule créé par l'Imax Corporation au Canada et de sa déclinaison en 3D : l'Imax 3D qui s'accompagne de nouvelles technologies de visionnement. Les premiers films en Imax 3D seront Transitions,
un court-métrage canadien de Tony Lanzelo et Colin Low, pour l'Exposition universelle de Vancouver (1986) et plus tard, en 1995, Les Ailes du courage réalisé par Jean-Jacques Annaud (le film est alors projeté par deux projecteurs à la cadence de 14 images par seconde sur un écran plat de 140 m2).

 

Années 2000

Un deuxième âge d'or

En plein développement des technologies numériques, le procédé Real D Cinema, créé en 2003, n'utilise qu'un seul projecteur pour diffuser des films 3D stéréoscopique. Une salle de cinéma peut désormais, une fois équipée, projeter directement des films en relief. Les lunettes spéciales sont toujours nécessaires pour voir les films, mais elles ont évolué, sont désormais plus « confortables ». Sorti en décembre 2004, conçu en images
numériques 3D, Le Pôle Express de Robert Zemeckis a entraîné derrière lui la réalisation de nombreux films en 3D : Voyage au centre de la terre 3D (2008), Eric Brevig ; Meurtres à la St-Valentin 3D (2009), Patrick Lussier ; Destination finale 4, David R.Ellis. Un nouveau marché s'offre aussi à des films
plus anciens, remis au goût du jour de la 3D, comme L'Étrange Noël de Mr Jack de Henry Selick, produit par Tim Burton.

16 décembre 2009

Sortie d'Avatar de James Cameron, contenant un mélange d‘images réelles et de synthèse, réalisé avec la caméra numérique Fusion 3D, un film que certains annoncent déjà révolutionnaire.

 

Programmation et calendrier

Vendredi 3 Septembre 2010

14h30QUAND LES TAMBOURS S'ARRÊTERONT
HUGO FREGONESE
HL
17h00Cycle Ernst Lubitsch
JE NE VOUDRAIS PAS ETRE UN HOMME / LA JOYEUSE PRISON
ERNST LUBITSCH
HL
19h00Cycle Ernst Lubitsch
MONTE-CARLO
ERNST LUBITSCH
HL
20h00CINEMA BIS: EXPLOITATION COREENNEGF
20h30L'AVOCAT
GASTON RAVEL
JE
21h00Cycle Ernst Lubitsch
PARADE D'AMOUR
ERNST LUBITSCH
HL

Samedi 4 Septembre 2010

14h30Cycle Ernst Lubitsch
UNE HEURE PRES DE TOI
ERNST LUBITSCH, GEORGE CUKOR
HL
17h00Cycle Ernst Lubitsch
LES YEUX DE LA MOMIE MA
ERNST LUBITSCH
HL
19h00Cycle Ernst Lubitsch
LECTURE: AMITIE - LA DERNIERE RETOUCHE D'ERNST LUBITSCH
GF
19h00Cycle Ernst Lubitsch
BILLET COUPLE LECTURE "AMITIE..." ET PROJECTION "HAUTE PEGRE"
GF
19h15Cycle Catherine Breillat
ROMANCE X
CATHERINE BREILLAT
HL
20h30ARSENAL
ALEXANDRE DOVJENKO
JE
21h15Cycle Ernst Lubitsch
HAUTE PEGRE
ERNST LUBITSCH
HL
21h30Cycle Catherine Breillat
UNE VIEILLE MAITRESSE
CATHERINE BREILLAT
GF
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Septembre - novembre 2010