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Les revues de presse de la Bibliothèque du film permettent de dresser un panorama synthétique de l'accueil fait à chaque film au moment de sa première sortie, mais aussi d'en proposer une sélection de citations marquantes.
Parade (1973)
« Quelle joie de retrouver Tati ! », jubile Robert Chazal dans France Soir. Depuis sept ans en effet, lorsque sort Parade, d'abord à Cannes en mai 1974 puis en décembre de la même année, Jacques Tati ne travaille plus en France. « Ce Parade, il lui a fallu aller le tourner à l'étranger », poursuit le journaliste. En Suède, dans un cirque de Stockholm, plus précisément.
« On sait que le cinéaste de Mon Oncle a connu récemment une épreuve artistique et financière. Il a dû laisser vendre à l'encan les négatifs de tous ses films, pour compenser le désastre commercial de PlayTime », explique La Croix. Conséquence ? Pour la première fois l'utilisation d'une caméra vidéo, « procédé miracle qui permet de recommencer sans gâcher de la pellicule » précise Le Point. « Je veux montrer aux gens, grâce à Parade, (...) qu'on peut faire des films avec vraiment très peu d'argent », clame Tati dans L'Aurore. Propos teintés d'une légère amertume, dans les colonnes du Monde à qui il confie : « Avec Parade, j'ai été un peu forcé de faire marche arrière. J'aurais aimé continuer sur la voie de PlayTime. Mais le règne de la technocratie tue la joie. Il me reste celle de redevenir un débutant ». De fait, Parade est un film plus simple, plus modeste, « s'oppose au clinquant, à l'esbroufe, et à toute la littérature » pour Le Monde, est en rupture « avec la légende Tati » pour Le Point.
Parade concentre peut-être toute la poésie et la tendresse de Tati empreintes d'une certaine nostalgie. Cette nostalgie est d'ailleurs le seul bémol pour Combat, qui, au milieu de l'accueil enthousiaste, déplore : « Parade nous oblige à parler de Jacques Tati au passé, c'est triste, triste, triste.... ». Et pourtant... « Le célèbre humoriste de l'écran nous offre sur la piste un spectacle comme on n'en voit plus », apprécie Le Figaro. Tati va « rechercher dans son passé quelques-uns de nos meilleurs souvenirs », se délecte encore France Soir, revêtant le costume d'un « Monsieur Loyal plein d'autorité et d'élégance », reprenant avec bonheur les anciens numéros qui le révélèrent près de quarante ans plus tôt. Lui qui fut en son temps saltimbanque fait partager son amour du spectacle et du cirque, et, après Jour de Fête, « pour la deuxième fois met en scène ce microcosme qui l'a toujours fasciné » (Le Quotidien de Paris). Tati « transmet l'émotion nuancée de tendresse et de gaieté que lui inspire cet univers magnifique où tout est surpassement », analyse Le Figaro. Un univers qui rassemble un public varié, celui de La Piste aux Etoiles plusieurs fois évoquée par les critiques, mais aussi les fidèles, toujours en attente de ces « fulgurantes apparitions qui tous les quatre ou cinq ans insufflent une bouffée d'un drôle d'air dans l'atmosphère un peu vicié du cinéma international » (Le Quotidien de Paris).
Mais qu'on ne s'y trompe pas : Parade, « c'est bien davantage qu'un film sur le cirque », écrit Robert Chazal décidément conquis. C'est « aussi, et surtout, une étude, un documentaire sur les rapports de l'artiste avec son public, sur la communion du rire », renchérit L'Humanité. Et pour Guy Teisseire dans L'Aurore, « peu d'artistes savent communiquer la joie ». Tati lui-même confesse : « au fond, Parade n'est pas vraiment un film. J'avais d'ailleurs voulu qu'on le présente dans un décor spécial qui fasse oublier la salle de cinéma. C'est moins et un peu mieux qu'un film... ».

Le Figaro « Le célèbre humoriste de l'écran nous offre sur la piste un spectacle comme on n'en voit plus ». Louis Chauvet, 13/05/1974
Le Point « Un film préparé sans tambour ni trompette qui rompt avec la légende Tati : pas de gags, pas de scénario lentement élaboré, pas de gros budget, pas de tournage illimité ». Hélène Demoriane, 13/05/1974
Nice-Matin « Tati est remonté aux sources, s'est rajeuni, nous a rajeunis ». Mario Brun, mai 1974
La Tribune de Lausanne « Ce nouvel ouvrage de Tati, par sa poésie légère et amusante, apparaît comme une fraîche aquarelle parmi les tableaux richement encadrés d'une sérieuse exposition ». Freddy Buache, mai 1974
Combat « Parade vous oblige à parler de Jacques Tati au passé, c'est triste, triste, triste ». [S.N.], 15/11/1974
L'Aurore « Quand on voit Parade, on sent tout ce qui manque à une émission pourtant aussi bonne que La Piste aux Etoiles : la poésie sans doute, ces regards d'enfants perdus dans le rêve du spectacle, mais aussi cette magie des gestes qui font de tous les numéros et de ceux de Tati en particulier (...) des moments privilégiés de notre vie ». Guy Teisseire, 12/12/1974
Le Quotidien de Paris « Le charme enfantin d'une petite revue sans tape-à-l'œil, menée au trot par un homme qui a peut-être parfois souffert de l'indifférence de ses semblables, mais c'est maintenant sûr, ne se laissera jamais aller aux délices de l'amertume. Jacques Tati a beaucoup trop de talent pour cela ». Jean-Dominique Bauby, 16/12/1974
Télérama « Un merveilleux spectacle, avec fous rires garantis, souvent jusqu'aux larmes ». Alain Rémond, 18/12/1974
France Soir « On se sent au cirque et l'on applaudit comme au cirque. En plein film, parce que tout cela est gai, charmant, entraînant, jeune, très jeune ». Robert Chazal, 19/12/1974
Le Monde « C'est un film modeste, et qui accepte sa modestie, parfois un peu lent, mais truffé de gags et de notations ironiques, un film de tendresse et d'humour ». Jean de Baroncelli, 22/12/1974
L'Humanité « Tout en finesse, étonnamment moderne du point de vue de sa conception, Parade mérite toute l'adhésion que le public témoigne à ce film sans prétention mais d'une rare qualité comique ». François Maurin, 28/12/1974
La Croix « Le spectacle, à vrai dire, sent un peu les fonds de poche. Mais Tati l'enveloppe d'une telle gentillesse, d'une telle tendresse pour les baladins qu'on oublie ses misères pour ne voir que le plaisir qu'y prennent ceux qui s'y produisent et ceux qui les regardent ». H.R., 04/01/1975
Le Canard Enchaîné « Un spectacle intelligemment conçu pour petits et grands ». M.D., 15/01/1975
Toutes les références de la revue de presse sont consultables à cette adresse
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