Le cinéma shanghaïen des années 30


Patrick Zachmann a travaillé huit ans sur la diaspora chinoise dans le monde. Il confronte certaines de ses images avec des extraits des films shanghaïens qui ont inconsciemment contribué à créer son univers visuel. En effet, Zachmann a découvert ces films lors d'un festival en Italie, mais ce n'est que plus tard, en redécouvrant ces mélodrames, qu'il s'est rendu compte rétrospectivement de l'influence qu'ils avaient eu sur sa manière de voir et de photographier la Chine des bas-fonds et des tripots. C'est ce temps de latence et ce travail de l'inconscient que Patrick Zachmann restitue. Le dispositif scénographique est un triangle de 3 écrans. Deux écrans proposent un montage de films, tandis que le troisième propose un montage de photos. Les images (fixes ou animées) sont enveloppantes, et leur apparition/disparition incarne cette idée de latence. La voix de Patrick Zachmann, au ton personnel et intime, guide le visiteur dans son appréhension de l'installation.





Taichung, Taiwan, 1987
© Patrick Zachmann / Magnum Photos


La Divine de Wu Yonggang (1934)
© DR




Né en 1955 à Choisy le Roi. Il vit et travaille à Paris. Patrick Zachmann se consacre à des reportages au long cours qui mettent à jour la complexité des communautés dont il questionne l'identité et la culture. Il a poursuivit pendant huit ans une étude de la diaspora chinoise à travers le monde, qu'il exposera dans dix pays d'Asie et en Europe. Entre 1996 et 1998, Patrick Zachmann réalise le court métrage La Mémoire de mon père, puis son premier longmétrage sur la disparition des traces de la mémoire. Le photographe travaille actuellement sur l'univers de la nuit dans diverses grandes villes du monde. Patrick Zachmann est membre de Magnum Photos depuis 1990.